Covid-19 : Lyon en « alerte maximale » mais une relative stagnation dans la région
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Covid-19 : Lyon en « alerte maximale » mais une relative stagnation dans la région

actualisé le 09/10/2020 à 19h58

[DATA] Les métropoles de Lyon, Grenoble et Saint-Étienne sont en zone d’alerte maximale à partir de samedi 10 octobre en raison de l’évolution de l’épidémie de Covid-19. Elle montre toutefois des disparités entre les territoires. A l’échelle d’Auvergne-Rhône-Alpes, l’épidémie de Covid-19 semble s’être légèrement tassée ces derniers jours. Visualisez l’évolution des indicateurs dans tous les départements de la région.

(Rue89Lyon propose un point hebdomadaire, celui que vous lirez ci-après a été effectué en date du 7 octobre)

Après Paris, Marseille et la Guadeloupe, les métropoles de Lyon, Grenoble et Saint-Étienne vont connaître le même sort. Olivier Véran, ministre de la santé, a annoncé ce jeudi 8 octobre qu’elles passeraient en « zone d’alerte maximale » à partir de samedi 10 octobre. La semaine dernière, le taux d’occupation des lits de réanimation par des patients Covid-19 dans les hôpitaux des HCL atteignait quasiment le seuil des 30%. L’évolution du taux d’incidence (dynamique de l’épidémie) dans ces secteurs ne s’étant pas améliorée, la décision était attendue.

Fermeture des bars à Lyon, Grenoble et Saint-Étienne, restrictions à Clermont-Ferrand

Pour l’heure, les métropoles de Lyon, Grenoble et Saint-Étienne étaient en « zone d’alerte renforcée ». Ce passage en « zone d’alerte maximale » entraîne de nouvelles restrictions pour une durée de 15 jours minimum à compter de samedi 10 octobre :

  • Fermeture totale des bars dans les communes de la métropole de Lyon (pas dans le reste du Rhône) à compter de ce vendredi 9 octobre 22h (les bars fermant actuellement à 22h).
  • Les restaurants peuvent rester ouverts mais un protocole encore plus strict leur est demandé : groupes limités à 6 personnes par table (contre 10 auparavant), recensement des clients, paiement à table.
  • Limitation d’affluence dans les centres commerciaux et grands magasins, selon une jauge de 4m2 par client, ce qui devrait fortement impacter les grands centres commerciaux comme celui de la Part-Dieu
  • Jauge obligatoire à 50% dans les établissements d’enseignement supérieur et universités (certains établissements de la Métropole l’avaient déjà anticipé)
  • Fermeture d’une liste de grands établissements recevant du public (ERP) (cinémas, théâtres, musées ne sont pas concernés). A savoir : les ERP de type P (salles de jeux, casinos), les ERP de type T (lieux d’expositions, foires et salons), les ERP de type L (salles des fêtes et salles polyvalentes) et les ERP de type CTS (tentes, chapiteaux et structures extérieures).

Pour la métropole de Lyon et le Rhône, l’arrêté préfectoral du 9 octobre complète d’autres mesures déjà en place sont également maintenues. Pour rappel :

  • Fêtes privées dans un lieu recevant du public (type mariage dans une salle des fêtes) : jauge à 30 personnes maximum
  • Jauge à 1000 personnes pour les grands rassemblements, concerts, salons
  • Rassemblement dans l’espace public : 10 personnes maximum
  • Fermeture de toutes les salles des fêtes pour des évènements publics
  • Fermetures des salles de sports et équipements sportifs clos (sauf pour les mineurs)
  • Fermeture possible des piscines
  • Le télétravail est à favoriser
  • Les grands évènements déclarés sont interdits (fêtes locales ou étudiantes)

Par ailleurs, dans la région Auvergne-Rhône-Alpes, Clermont-Ferrand passera en « zone d’alerte renforcée » à partir de samedi 10 octobre. Cela entraînera donc la fermeture des bars à 22h.

Les élus demandent sévérité et magnanimité en même temps

Dans la région, ces mesures attendues ne sont pas toujours de bonnes nouvelles pour les élus. Ils jonglent entre impératifs sanitaires et maintien de la vie économique et sociale de leurs territoires. À Lyon, le maire Grégory Doucet (EELV), estime ainsi que :

« toujours plus de nouvelles mesures restrictives n’est pas toujours la bonne réponse, selon moi. On a besoin de responsabilité individuelle pour gagner contre cette épidémie ».

Pas besoin d’aller plus loin pour lui.

À Saint-Étienne, le maire Gaël Perdriau (LR), a affirmé avoir demandé au gouvernement que ces mesures garantissent « un minimum de vie sociale ». Il ne souhaitait ainsi pas que la fermeture des bars soit imposée. Elle le sera finalement à partir de samedi. Il demande dans le même temps plus de sévérité « avec la minorité qui ne respecte pas ces règles-là ».

Ce vendredi 9 octobre, après les annonces du préfet du Rhône, Grégory Doucet et Bruno Bernard, maire de Lyon et président de la Métropole de Lyon, ont diffusé un communiqué de presse commun. Ils adoptent la posture prise déjà depuis quelque temps : s’afficher aux côtés du tissu économique local touché par les mesures sanitaires face aux décisions venues de Paris. Cela donne donc :

« Ils déplorent (Grégory Doucet et Bruno Bernard, ndlr) cependant que la rencontre organisée jeudi dernier avec le premier Ministre Jean Castex n’ait été qu’une opération de communication, ne permettant pas de rendre les relations entre le Gouvernement et les élus de terrain plus constructives »

Un exercice de communication qui en dénonce un autre donc.

Une relative stagnation à l’échelle de la région

La situation dans les grandes métropoles de la région Auvergne-Rhône-Alpes n’est pas toujours celle des autres territoires. On constate sur une semaine une évolution différente et parfois de grands contrastes.

Entre le 22 et le 29 septembre, le taux d’incidence du virus à l’échelle de la région est d’ailleurs resté inchangé. Passant de 120,62 cas pour 100 000 habitants à 120,72 cas.

Dans le détail, on voit que les hausses dans les tranches d’âges concernées, sont souvent très légères. C’est le cas dans l’ensemble des tranches d’âges entre 40 et 79 ans ou chez les 10-29 ans. Une première depuis début août, le taux d’incidence des vingtenaires s’est quasiment stabilisé sur une semaine. Ailleurs, l’évolution est à la baisse sur une semaine. Elle se confirme pour les 0-9 ans et se poursuit chez les plus de 90 ans pour la deuxième semaine consécutive.

En revanche, si le taux d’incidence baisse au-delà de 80 ans, ce n’est pas le cas chez les autres personnes à risques entre 60 et 80 ans.

Des disparités entres les départements d’Auvergne-Rhône-Alpes

Le taux d’incidence reste stable sur une semaine mais il cache une évolution contrastée dans les départements d’Auvergne-Rhône-Alpes. Ainsi, alors que la métropole de Lyon bascule en « zone d’alerte maximal », l’évolution entre le 22 et le 29 septembre montrait pourtant un taux d’incidence en baisse à l’échelle du Rhône (voir le détail par département plus bas, en page 2).

Sur les 12 départements de la région, il n’est en baisse que dans 3 d’entre eux :

  • Ain (-28% sur une semaine)
  • Allier (-54%)
  • Rhône -10%

Ces baisses participent de cette relative stagnation. Dans tous les autres départements, le taux d’incidence continue de progresser malgré une baisse dans le même temps du dépistage. Elles sont très faibles voire nulles dans certains départements :

  • Ardèche
  • Drôme
  • Haute-Savoie

Ailleurs, les progressions sont plus importantes :

  • Loire (+9% sur une semaine)
  • Isère (+10%)
  • Savoie (+12%)
  • Haute-Loire (+15%)
  • Cantal (+20%)
  • Puy-de-Dôme (+20%)

Une relative stagnation également dans les hôpitaux de la région

Dans les hôpitaux de la région, la situation ne s’est pas améliorée. Elle a toutefois connu une évolution quasi stable sur une semaine.

Au 30 septembre, lors de notre dernier point, il y avait 837 personnes hospitalisées pour des cas de Covid-19 dans les hôpitaux d’Auvergne-Rhône-Alpes. 148 personnes se trouvaient en réanimation. Au 7 octobre, la région comptabilisait 987 personnes hospitalisées et 174 en réanimation, selon les chiffres de Santé Publique France.

Selon le directeur des Hospices Civils de Lyon (HCL), il s’agit d’un « plateau ». Le taux d’occupation des lits en réanimation pour des cas de Covid-19 est resté proche du seuil des 30%. Il avait augmenté de 5% en une semaine après le déclenchement du « Plan blanc ».

Des tests de dépistage toujours en baisse en Auvergne-Rhône-Alpes

Le nombre de tests PCR hebdomadaires baisse pour la deuxième semaine consécutive en Auvergne-Rhône-Alpes. Il est en recul de 11 000 tests environ, soit une évolution de -11% environ entre le 22 et le 29 septembre.

La baisse du nombre de tests se retrouve principalement dans les tranches d’âges les moins à risques. Chez les plus jeunes donc. Ainsi, chez les 0-9 ans le nombre de tests effectués a baissé de moitié sur la semaine étudiée. Il est également en recul chez les 10-19 ans. Le dépistage reste toutefois stable chez les 20-29 ans, catégorie de la population où le taux d’incidence est le plus élevé, atteignant à l’échelle près de 300 cas pour 100 000 habitants.

Dans les catégories entre 60 et 89 ans, l’évolution du dépistage reste relativement stable sur la semaine. Elle est en léger retrait chez les sexagénaires et octogénaires d’Auvergne-Rhône-Alpes.

 

 

Dans les départements de la région, on remarque un recul très fort du dépistage dans l’Allier (-55% sur une semaine) et en Ardèche (-30%).

 

 

Les indicateurs de l’évolution de la Covid-19 dans les départements d’Auvergne-Rhône-Alpes

Les indicateurs de la Covid-19 dans l’Ain

 

 

Les indicateurs de la Covid-19 dans l’Allier

 

 

 

Les indicateurs de la Covid-19 en Ardèche

 

Les indicateurs de la Covid-19 dans le Cantal

 

Les chiffres dans le département de la Drôme

 

 

 

Les chiffres dans le département de l’Isère

 

 

Les chiffres dans le département de la Loire

 

 

Les chiffres dans le département de la Haute-Loire

 

 

Les chiffres dans le département du Puy-de-Dôme

 

 

Les indicateurs de la Covid-19 dans le Rhône

 

 

Les chiffres dans le département de la Savoie

 

 

Les chiffres dans le département de la Haute-Savoie

 

 

Les données utilisées

Les données hospitalières de l’épidémie de Covid-19

Elles proviennent des chiffres de Santé Publique France. Il s’agit de données journalières pour le nombre d’hospitalisations, de personnes en réanimation et de personnes décédées. Pour le taux d’incidence, il s’agit de données établies de façon hebdomadaire.

Précisions :

Pour le nombre de patients hospitalisés ou en réanimation ou en soins intensifs, il s’agit de données journalières non cumulées et provenant des hôpitaux (hors Ehpad donc). Les chiffres représentent donc le nombre de personnes hospitalisées ou en réanimations à ce jour.

Pour le nombre de personnes décédées à l’hôpital, les chiffres présentés sont un cumul depuis le début de la publication des données, à savoir le 18 mars. Voilà pourquoi les courbes des décès sont différentes des autres. Elles se stabilisent mais ne diminuent donc pas.

Limites des données hospitalières de Santé Publique France :

  • Le système de déclaration des cas n’est pas exhaustif et le nombre d’établissements déclarant varie au cours du temps ;
  • Certains patients, présents dans la base de données hospitalières à un moment donné, sont retirés de la base de données par les établissements de santé lorsque le résultat biologique du patient est négatif par rapport au COVID-19.

Le taux d’incidence de l’épidémie de Covid-19

Le taux d’incidence correspond au nombre de tests positifs pour 100.000 habitants. Il est calculé de la manière suivante : (100000 * nombre de cas positif) / Population.

Il est permis grâce au Système d’Informations de DEPistage (SI-DEP). Le nouveau système d’information de dépistage (SI-DEP), en déploiement depuis le 13 mai 2020, est une plateforme sécurisée où sont systématiquement enregistrés les résultats des laboratoires des tests (RT-PCR) réalisés par l’ensemble des laboratoires de ville et établissements hospitaliers concernant le SARS-COV2.

Précision :

  • Sélection de la première date avec pcr positive si plusieurs prélèvements positifs pour un même patient

Limites :

  • Seuls les tests biologiques des personnes pour lesquelles le département de résidence a pu être localisé sont représentés sur les cartes. Les personnes dont le département n’a pas pu être remonté dans les données SIDEP ne sont comptabilisées qu’au niveau France entière. De ce fait la somme des tests indiqués dans les départements ou régions est inférieure au nombre de tests indiqué en France.
  • Le délai de remontée des tests peut excéder 9 jours dans certains cas. Les indicateurs sont ajustés quotidiennement selon la réception des résultats.

Concernant le taux d’incidence, nous travaillons ici avec des données hebdomadaires. Ceci pour éviter les fluctuations quotidiennes parfois importantes. Cette échelle de temps permet de visualiser une évolution plus significative à nos yeux.

Les données de Santé Publique France concernant cet indicateur sont disponibles à partir du 13 mai 2020. Ceci explique que nos tableaux commencent au 19 mai, terme de la première semaine de 7 jours de statistiques.

Comme indiqué ci-dessus, le temps de remontée de ces données est plus long. De fait, ceci explique que pour notre point hebdomadaire nous n’ayons pas à disposition les données des tous derniers jours nous permettant d’effectuer un calcul du taux d’incidence hebdomadaire à date de la publication. Nous attendons que les données nous permettent de calculer cet indicateur de 7 jours en 7 jours à compter du 13 mai.

Le nombre de tests de dépistage Covid-19

Quels tests ?

Il s’agit de ceux enregistrés dans le système SI-DEP. Le nouveau système d’information de dépistage (SI-DEP), en déploiement depuis le 13 mai 2020, est une plateforme sécurisée où sont systématiquement enregistrés les résultats des laboratoires des tests (RT-PCR) réalisés par l’ensemble des laboratoires de ville et établissements hospitaliers concernant le SARS-COV2.

Précisions : Si plusieurs prélèvements sont rapportés pour un même patient:

  • Sélection de la première date pour les pcr ayant le même résultat (par exemple première date si plusieurs pcr négatives)
  • Si pcr discordantes chez un même patient (N et P), la première pcr positive est conservée.
    Exclusion des résultats ininterprétables
  • A compter du 29/08, les indicateurs issus des données de laboratoires (SI-DEP) présentent des taux d’incidence, de positivité et de dépistage corrigés en fonction des dépistages réalisés dans les aéroports à l’arrivée des vols internationaux.

La correction s’applique sur l’ensemble des données postérieures à la date du 12 août.

Limites :

  • Seuls les tests biologiques des personnes pour lesquelles le département de résidence a pu être localisé sont représentés sur les cartes. Les personnes dont le département n’a pas pu être remonté dans les données SIDEP ne sont comptabilisées qu’au niveau France entière. De ce fait la somme des tests indiqués dans les départements ou régions est inférieure au nombre de tests indiqué en France.
  • Le délai de remontée des tests peut excéder 9 jours dans certains cas. Les indicateurs sont ajustés quotidiennement selon la réception des résultats.

L'AUTEUR
Bertrand Enjalbal et Colin Revault

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