À Grenoble, Snapchat et stratégies de com pour faire monter la cote du shit et des dealers
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Chroniques politiques rédigées depuis Grenoble. Un regard critique sur l'atelier municipal dit d'une "autre gauche", ce "laboratoire" d'expériences politiques initié en 2014 dans la capitale des Alpes, avec un biais écologiste. Et qui se poursuit après les élections municipales de 2020.
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À Grenoble, Snapchat et stratégies de com pour faire monter la cote du shit et des dealers

actualisé le 16/09/2020 à 13h03

A Grenoble, les dealers de shit redoublent d’inventivité pour vendre des stupéfiants, notamment en utilisant le réseau social Snapchat. À ce jeu, les trafiquants de Mistral (dans les quartiers sud de Grenoble) sont les plus influents. Ils s’en servent pour vanter la qualité du shit, pour recruter et pour faire leur publicité.

À la fin de l’été, ils apparaissaient, arme automatique à la main, sur les réseaux sociaux, enflammant la toile, et poussant le ministre de l’Intérieur à s’exprimer sur leur cas. Puis un "vrai faux" clip de rap, sur la drogue, est venu couronner l’affaire au retentissement médiatique déjà assuré.

Si les dealers ont ainsi surtout réussi à faire parler d’eux, ils ont également marqué à coup de musique et d'images marquantes leur emprise sur un quartier de Grenoble. Voire au-delà.

"Mistral connection", le Snapchat du shit à Grenoble
« Cherche chouf, 100 euros jours, venez pv (message privé, ndlr) ». C’est l'une des dernières publications du réseau Mistral, paru sur Snapchat le 7 septembre. Depuis des années, ces dealers installés dans le quartier Mistral, au sud-ouest de la ville, communiquent par ce biais.

Sans plus de difficulté, via Snapchat, on peut trouver un job de "chouf" (personne qui surveille le point de deal), suivre les derniers arrivages de produits stupéfiants, s’assurer de la qualité de celui-ci, vidéo à l’appui. Dans une publication durant l’été, les trafiquants de Mistral postaient l’image d’un gros morceau de shit qu’une main gantée venait effriter.

Mais les dealers de Mistral ne sont pas les seuls sur le créneau. Depuis plusieurs mois, des comptes d’autres vendeurs apparaissent (et disparaissent) sur le réseau couleur jaune. La Buisserate (une place de deal de Saint-Martin-le-Vinoux, une ville limitrophe de Grenoble) était jusqu’à peu très active sur Snapchat en matière de deal de shit.

Chaque matin, les vendeurs avertissaient de leur présence par une vidéo tournée depuis le lieu de vente, au pied des montagnes. Ils se démarquaient en promouvant la Moonrock (un mélange de différents produits de cannabis, très fort en THC) et en l’emballant dans des pochons multicolores.

"Ils ont supprimé notre compte, ils n’auraient pas dû faire ça, maintenant on va tout baiser"
Parmi les nombreux comptes qui proposent du shit à la vente sur Snapchat sur Grenoble, l'un se consacre à la livraison.

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L'AUTEUR
Jean-Baptiste Auduc

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