Et pour la seconde fois, le préfet a mis en place la circulation différenciée. A partir de ce jeudi 5h, ne peuvent que les véhicules dotés des vignettes Crit’Air 0, 1, 2 et 3. Vendredi 24 janvier, ce sont les vignettes 3 qui sont également interdites.
Mêmes causes, mêmes effets et mêmes mesures.
Un pic de pollution bien corsé qui pousse à l’interdiction des vignettes Crit’Air 3
Il fait froid et il n’y a pas assez de vent. Conséquence : un nouveau pic de pollution aux particules fines. Il a débuté ce mardi. C’est le quatrième à Lyon pour cet hiver 2019/2020. D’une grande ampleur cette fois-ci puisqu’il concerne 8 des 21 zones de la région Auvergne-Rhône-Alpes, selon l’organisme Atmo en charge de la surveillance de l’air.

Pour l’agglomération de Lyon, le préfet du Rhône a donc décidé de mettre en place la circulation différenciée à partir de ce mercredi jeudi 23 janvier 5h.
Dans son arrêté, il a repris le même périmètre d’interdiction que le 31 décembre dernier. Concrètement, pourront rouler les véhicules munis des vignettes Crit’Air 0, 1, 2 et 3. Les véhicules les plus anciens, vignettes Crit’Air 4 et 5, ne pourront pas rouler sur les routes de trois communes :
- Lyon
- Villeurbanne
- Caluire-et-Cuire.
Elles seront toutefois autorisées à circuler sur le périphérique nord ou l’A6/A7 et passer sous le tunnel de Fourvière.
Les limitations de vitesses sont abaissées de 20km/h sur les routes du département (hors portions du périphérique déjà à 70km/h).
[Mise à jour 24 janvier] Ce vendredi 24 janvier, l’épisode de pollution n’a pas diminué dans le bassin lyonnais et du nord-isère. Bien au contraire. Le préfet du Rhône a donc décidé de renforcer la mesure de « circulation différenciée ». En plus des véhicules munis des vignettes Crit’Air 4 et 5, c’est désormais les vignettes Crit’Air 3 qui sont également interdites de circulation dans le périmètre déjà établi et qui reste inchangé (Lyon, Caluire, Villeurbanne). La mesure entre en vigueur vendredi 24 janvier à 17h.
« Un dispositif efficace »
De son côté, comme pour le précédent déclenchement de la circulation différenciée, la Métropole annonce « la gratuité de l’abonnement Vélo’V pour la première demi-heure d’utilisation » ainsi que le « Tick’Air au tarif de 3 euros par jour permettant de voyager en illimité sur l’ensemble du réseau TCL ».
Dans un communiqué diffusé ce mercredi soir, la collectivité affirme que ce « dispositif » [mesures de la préfecture dont la circulation différenciée+mesures de la Métropole] a démontré « son efficacité » :
« lors des précédents pics de pollution avec notamment une baisse du trafic de près de 10% et une diminution des émissions de NO2 de 6% ».
Pic de pollution : une interdiction du chauffage au bois d’appoint
A partir de ce mercredi soir, il est également interdit « l’utilisation du bois et de ses dérivés comme chauffage individuel d’appoint ou d’agrément ».
Le préfet du Rhône avait déjà pris ce type de mesure en février 2019.
Pour rappel, les sources de pollution aux particules fines sont essentiellement :
• le trafic routier, surtout les moteurs diesel
• les activités industrielles
• le chauffage au bois non-performant
Selon Nicolas Vigier, responsable de l’unité prévision d’Atmo Auvergne-Rhône-Alpes cité par Le Progrès, « sur une année type, en Auvergne-Rhône-Alpes (…) 50 % des PM10 proviennent du chauffage au bois ».
Il détaille :
« L’agriculture pèse un peu moins de 20 %, le transport routier et l’industrie aux alentours de 15 %. Pour les PM2,5, la part du chauffage au bois est plus importante. Elle s’établit à deux tiers des tonnages. Les autres secteurs se divisent le reste, à peu près à parts égales. Il faut ensuite analyser l’exposition. On remarque que la surexposition en particules fines se fait en bordure de voies de circulation ».
L’organisme en charge de la surveillance de la qualité de l’air a pu mesurer « une baisse des émissions de l’ordre de 5 à 10 % » lors de la mise en place de la circulation différenciée à Lyon.
Reste à mesurer, désormais, les effets de l’interdiction des feux de cheminées.
A noter que l’arrêté préfectoral précise que les établissements industriels « doivent mettre en œuvre toute mesure appropriée pour réduire (leurs) émissions ». Mais c’est assorti d’aucune interdiction.
Selon une étude sur la qualité de l’air publiée en 2019 dans Environment international, la pollution aux particules fines est responsable de 531 décès prématurés et de 65 cas de cancers du poumon entre 2015 et 2017 à Lyon. Il s’agissait d’une étude sur un autre type de particules fines, les PM 2,5.

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