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Fauteuils Napoléon III : un « retour d’ascenseur » d’Emmanuel Macron au lyonnais GL Events ?
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Fauteuils Napoléon III : un « retour d’ascenseur » d’Emmanuel Macron au lyonnais GL Events ?

Les relations entre Emmanuel Macron et la société lyonnaise GL Events semblent toujours aussi bonnes. Après les révélations sur les ristournes accordées au candidat sur les locations de salle pendant la campagne, la société vient d’obtenir un marché auprès de l’Elysée, selon le Canard Enchaîné. Pour qui cela ressemble fortement à un « retour d’ascenseur ».

Réputé proche de Gérard Collomb, Olivier Ginon, patron de GL Events, s’était rangé dans la roue du poulain du maire de Lyon et président de la Métropole. Au début du mois de mai, Médiapart révélait les liens un peu particuliers entretenus entre le candidat Macron et la société d’événementiel et de gestion de salles GL Events durant sa campagne.

En consultant les comptes de campagne de l’actuel président de la République, le site d’information indiquait que la société lyonnaise avait accordé des ristournes exceptionnelles à l’occasion de certains meetings d’Emmanuel Macron. Des tarifs très préférentiels pour la location de salle dont GL Events a la gestion ou de mobilier. Des ristournes pouvant aller jusqu’à 100% parfois. Rien que ça.

Des ristournes « acceptables » pour la Commission des comptes de campagne

Dans le même temps, le candidat François Fillon n’avait pas bénéficié selon Mediapart des mêmes rabais dans ses relations commerciales avec GL Events. Notamment pour la location de la salle du Palais de la Mutualité à Paris où les deux candidats avaient organisé un meeting.

Accorder un geste commercial à un candidat est théoriquement illégal. La Commission des comptes de campagne a finalement affirmé le 7 mai que :

« Après examen des justifications produites, les rapporteurs ont considéré que ces remises étaient acceptables et ne constituaient donc pas des participations illicites au financement de la campagne. Ils n’ont pas proposé de réformations du compte »

Médiapart maintient pourtant que la « refacturation de la location de la Mutualité dans les comptes du candidat Fillon n’a donné droit à aucune remise ».

À Lyon, le financement de la campagne présidentielle pose question depuis quelque temps. Les élus d’opposition, à la Ville de Lyon et à la Métropole, soupçonnent Gérard Collomb d’avoir mis à disposition les moyens et les deniers publics des collectivités au service du candidat.

Durant la campagne présidentielle mais dès 2016 également alors qu’il était encore ministre des finances et de l’économie. Un moment où l’ancien maire de Lyon voulait mettre son jeune poulain Emmanuel Macron sur orbite.

20 000 euros pour des fauteuils Napoléon III

Ce déséquilibre dans les « gestes d’amis » connaît un éclairage nouveau. Le Canard Enchaîné indique dans son édition du 9 mai dernier que GL Events n’a en tout état de cause pas perdu son temps en accordant d’importants rabais au candidat Macron.

Selon l’hebdomadaire, l’Elysée a passé un contrat avec la société lyonnaise pour la fourniture de mobilier de réception. Notamment pour la livraison de fauteuils Napoléon III. Un contrat à 20 000 euros.

Pas de quoi changer la face de la trésorerie du groupe lyonnais qui frise le milliard d’euros de chiffre d’affaires annuel. Le marché ressemble toutefois à un « retour d’ascenseur » pour le journal.

Ces relations privilégiées ne sont pas nouvelles. Olivier Ginon, patron de GL Events leader européen de l’évènementiel basé à Lyon, avait été chargé en 2015 d’animer un comité de la filière sport. Il devait permettre de dégager des pistes de développement et de croissance et des entreprises de sport. Un milieu que le patron lyonnais connaît bien, en tant qu’ancien actionnaire de l’Olympique Lyonnais et principal actionnaire du LOU Rugby (5e de la phase régulière du Top 14 cette saison). Ce groupe de travail était placé sous l’égide du Ministère des Finances et a rendu ses mesures quand Emmanuel Macron en était aux commandes.

Des soupçons de conflits d’intérêts dans l’entourage d’Emmanuel Macron

Durant la campagne, les relations entre les deux hommes ont été encore plus étroites. Toujours selon Mediapart, le directeur des relations institutionnelles de GL Events, Bruno Latrigue, avait travaillé pour l’équipe de campagne du candidat En Marche !. Il souhaitait coordonner un pôle « idées » durant la campagne. Il avait indiqué avoir impulsé cette démarche à titre « personnel ».

La pression demeure sur l’entourage d’Emmanuel Macron. Mediapart encore met le doigt sur des soupçons de conflits d’intérêts au sujet de l’actuel secrétaire général de l’Elysée. Alexis Kohler, ancien directeur de cabinet de Pierre Moscovici alors ministre des finances et de l’économie, était aux affaires au moment de la gestion par l’État du dossier des chantiers navals de Saint-Nazaire (STX).

Il aurait dissimulé des liens familiaux avec l’armateur MSC, un des principaux clients de STX et pour lequel il a déjà travaillé. Après l’élection d’Emmanuel Macron en mai 2017, le dossier revient sur la table. L’armateur MSC est rapidement pressenti pour entrer au capital de STX. Mediapart se demande alors pour qui a vraiment oeuvré le haut fonctionnaire : les chantiers navals ou les intérêts de l’armateur privé ?


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