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Lyon 2 : les occupants expulsés de l’université par les CRS
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Lyon 2 : les occupants expulsés de l’université par les CRS

actualisé le 28/05/2018 à 17h12

Alors que l’université Lyon 2 était totalement bloquée depuis jeudi, en signe de protestation contre la loi Orientation et Réussite, la présidence a fait appel aux forces de l’ordre pour faire évacuer les lieux.

Depuis dix jours, les étudiants de Lyon 2 menaient une occupation « light » de l’université, qui s’est transformée en bloquage total des deux campus, suite au vote d’une AG de près de 800 personnes.

Mais ce matin, dès 6h30, la présidence du campus a fait appel aux CRS, pour procéder à l’évacuation des locaux occupés sur le campus Berges du Rhône par une quarantaine d’étudiants, qui ont tous fait l’objet d’un contrôle d’identité.

Selon un communiqué de presse de la préfecture du Rhône, une interpellation a été effectuée. Les forces de l’ordre auraient notamment retrouvés des barres de fers et plusieurs bombes lacrymogènes sur place. Du côté des dégradations, seulement quelques graffitis et détritus ont été signalés par la police.

Evacuation par les CRS : « nous estimons avoir fait tout notre possible pour éviter cette intervention »

Au cours d’une conférence de presse qui s’est tenue en fin de matinée sur le site des quais, la présidente de l’université Lyon 2 est revenues sur les raisons qui l’ont amenée à faire appel aux forces de l’ordre alors qu’elle « ne voulait pas en arriver là » et que l’évacuation était « le dernier recours ». Celle-ci s’est « déroulée dans le calme », écrit la présidence dans un communiqué.

L’évacuation serait un mal nécessaire, car l’établissement n’ »assurait plus la sécurité des personnes dans ses murs ». Nathalie Dompnier poursuit dans ce même communiqué:

« Les comportements à risque se sont avérés nombreux depuis le début de l’occupation (couchage, cuisine,consommation d’alcool, escalade sur les façades, incursions dans les zones de chantier). Les risques d’intrusions de groupes extérieurs hostiles au mouvement, accrus par l’occupation nocturne, ont été attisés par certains choix dans l’organisation des événements en soirée alors même que les étudiant.es mobilisé.es avaient bien conscience du danger. (…) Nous estimons avoir fait tout notre possible pour éviter cette intervention qui heurte notre conception de la vie universitaire mais qui a été rendue inévitable par les conditions de l’occupation. »

Malgré cette évacuation, la présidente affirme qu’elle « ne remet aucunement en cause la légitimité de la mobilisation étudiante ».

Une partie des CRS qui effectuaient l'évacuation des locaux de Lyon 2. Capture d'écran Facebook Groupe Antifasciste Lyon et environs.

Une partie des CRS qui effectuaient l’évacuation des locaux de Lyon 2. Capture d’écran Facebook Groupe Antifasciste Lyon et environs.

Changement de ton du côté des étudiants 

Du côté des étudiants, on ne partage pas là même vision. Plusieurs d’entre eux ont publié sur les réseaux sociaux, notamment sur Facebook, des images de plaies ouvertes ou encore d’hématomes qui résulteraient de coups potentiellement portés par les forces de l’ordre.

D’après Clara (nom d’emprunt), une étudiante en info-communication à Lyon 2 contactée par Rue89Lyon :

« Des étudiants se sont faits matraquer à plusieurs reprises. Il y a notamment un étudiant atteint au visage qui a été emmené aux urgences puis placé en garde à vue.»

Alors que la situation avec la présidente était plutôt cordiale, selon Hugo (nom d’emprunt) l’atmosphère est entrain de changer radicalement:

« Après avoir demandé l’intervention des forces de l’ordre, elle perd toute crédibilité, alors qu’elle a notamment été élue sur la promesse de ne jamais recourir à la force public. C’est sûr, la relation va changer du tout au tout avec la présidence. Mais on va continuer à ce mobiliser. »

Dans un communiqué l’union départementale CGT du Rhône apporte son soutien aux étudiants en dénonçant « les évacuations » et en demandant qu' »ils puissent se rassembler, occuper des lieux, débattre, proposer. Que leurs droits ne soient pas bafoués et surtout qu’ils puissent s’exprimer en toute liberté ».

Selon plusieurs étudiants, les forces de l’ordre auraient eu recours à la force pour évacuer l’enceinte. Capture d’écran Facebook Groupe antifasciste Lyon et environs.

Manif devant la fac, charge de la police et lacrymo

Alors que les étudiants s’étaient rassemblés en parti, jeudi 12 avril, pour que la présidence prenne position contre la loi Orientation et Réussite, celle-ci n’a pas exprimée un positionnement ferme sur cette question.

La présidente Nathalie Dompnier affirme durant un point presse tenu à la suite de l’évacuation, « qu’elle partage les préoccupations autour de la loi ORE ». Elle explique qu’elle a fait voter, il y a quelques mois une motion « pour pointer les dysfonctionnements et les difficultés de mise en oeuvre » de cette dernière. Mais elle estime qu’il y a aussi de bonnes initiatives, notamment sur l' »accompagnement » et la « réussite des étudiants ».

La fermeture administrative est maintenue jusqu’à samedi. L’université devrait reprendre ses activités, dès lundi, pendant la période de vacances. Toute la question est là : que se passera-t-il durant ce premier lundi de vacances ? Les étudiants vont-ils tenter une nouvelle occupation ?

Ce vendredi après-midi, environ 200 étudiants se sont rassemblés devant le site des quais. Ils ont bloqué le tramway au niveau du quai Claude Bernard pendant près d’une heure puis ont été dispersés par les forces de l’ordre avec charge et gaz lacrymogènes.


L'AUTEUR
Simon Pernin

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