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OL – CSKA : le soir de match dans les tribunes qui peut coûter cher au club
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OL – CSKA : le soir de match dans les tribunes qui peut coûter cher au club

Triste soirée jeudi 15 mars dernier. L’élimination de l’OL face à l’équipe russe du CSKA Moscou en huitième de finale de la Ligue Europa de football n’en est pas la (principale) raison. 

Le tabassage d’un policier aux abords du stade commis par au moins un individu proche de l’extrême droite avait funestement lancé la soirée avant le match. Une enquête a été ouverte par l’UEFA contre le club notamment pour un « comportement raciste ». Alors même que le club est toujours en sursis et risque une suspension de toute compétition européenne.

L’Olympique Lyonnais est en effet sous le coup d’une sanction lourde. Le 19 avril 2017, le club était sanctionné par la commission de discipline de l’UEFA d’une suspension de toutes compétitions européennes en cas de qualification, assortie d’un sursis de deux ans. Elle résultait des graves incidents avant et pendant le match opposant l’OL aux club turc de Besiktas. De violents affrontements avaient eu lieu entre supporters turcs et lyonnais. Des spectateurs du virage sud avaient alors envahi le terrain avant le début de la rencontre pour se mettre à l’abri.

En cas de récidive de même nature pendant encore un an, le club pourrait donc se voir automatiquement suspendu de coupe d’Europe.

Violence contre la police : le club s’empresse de se dédouaner

Avant la rencontre contre le CSKA Moscou, de violents affrontements ont eu lieu. Ce que beaucoup de supporters ont pu interpréter sur le moment comme une opposition entre supporters des deux camps, ou entre supporters russes (réputés pour être, pour certains, violents) et la police, était en fait une attaque en règle de hooligans lyonnais sur quatre policiers de la BAC. L’un des agents de la force publique a été tabassé au sol.

Ces faits ont eu lieu aux abords du stade et non dans l’enceinte. Ils ne mettent donc pas en cause directement l’Olympique Lyonnais et sa gestion de la sécurité. Ce que le club s’est empressé de dire le soir même.

Enquête ouverte pour des saluts nazis et l’attaque d’un « supporter de couleur »

Lundi 19 mars, l’organisation européenne du football, l’UEFA, a annoncé avoir ouvert une enquête disciplinaire à l’encontre de l’OL. Elle lui reproche plusieurs faits :

  • « lancements d’objets et déclenchements d’objets pyrotechniques »
  • « troubles de la foule »
  • « escaliers bloqués »
  • « un comportement raciste »

Ces éléments sont-ils de nature à déclencher la sanction qui pèse toujours au-dessus de la tête du club ? A priori non mais on devra attendre la décision de l’UEFA. Comme le note le journal l’Equipe dans son édition du mardi 20 mars, des griefs similaires avaient déjà été reprochés au club en 2017 peu de temps après avoir été sanctionné. Il s’en était bien sorti.

« La question s’était déjà posée après la demi-finale retour, le 12 mai 2017, entre l’OL et l’Ajax (3-1 mais élimination des Lyonnais battus 4-1 à l’aller). À peine un mois après sa suspension avec sursis, l’OL avait été une nouvelle fois visé par une enquête. Il était question d’« utilisation d’engins pyrotechniques, jets d’objets, envahissement de terrain et blocage des escaliers ». Cette fois-là, Lyon s’en était bien sorti et son sursis n’avait pas été levé. Connaîtra-t-il encore le même sort favorable ? »

Reste qu’il s’agit d’une nouvelle récidive pour des faits similaires même si l’instance européenne ne semble pas les considérer de la même gravité que ceux constatés lors de la réception de Besiktas en avril 2017.

Reste aussi et surtout ce « comportement raciste » soupçonné par l’UEFA. Interrogé par l’Equipe, l’instance a indiqué qu’il s’agissait de la présence de « symboles nazis dans le stade », de « salutations nazies » de la part de certains supporters ainsi que de « l’attaque d’un spectateur de couleur ».

On ne sait pas où ces symboles et ces actes ont été commis et repérés dans le stade. Par le passé, le virage sud du stade connu pour accueillir des membres de l’extrême droite radicale, s’est déjà illustré. Par des tags nazis sur des locaux de supporters de Saint-Étienne, des banderoles hostiles aux réfugiés à l’époque de Gerland. C’est aussi ce virage, au Groupama Stadium cette fois, qui avait été particulièrement visé par les supporters turcs en avril 2017, dont on dit qu’ils sont affiliés à des mouvances d’extrême gauche.

L’Olympique Lyonnais partie civile ? Ah non, en fait

L’Olympique Lyonnais a réagi à cette annonce lundi soir (même si sur son site internet il est annoncé publié à 13h). Il « condamne d’ores et déjà de tels agissements honteux provenant de quelques individus isolés ». Et a annoncé par ailleurs avoir interdit de stade de façon définitive le supporter jugé l’après-midi même pour les violences contre la police. Le club emboite seulement le pas de la justice : le jeune homme de 23 ans venait en effet d’être interdit de stade lors de rencontres de l’OL pour une durée de trois ans.

Dans le communiqué du 15 mars au soir, le club précisait également que :

« ses équipes travaillent en totale collaboration avec les forces de l’ordre pour identifier les auteurs de ces agressions intolérables et préméditées et qu’il va se porter partie civile dans le cadre des procédures judiciaires à suivre. »

Lundi 19 mars, à l’audience d’un des trois supporters jugé pour les violences sur les policiers avant le match contre le CSKA Moscou, aucune trace de l’OL parmi les parties civiles.

Le fera-t-il comme il le prétend pour les procédures à venir concernant les deux autres supporters interpellés jeudi dernier ? Contacté, le club n’a pas souhaité répondre à nos questions.

Il y a un an Aulas promettait de « voir qui il y avait sous les cagoules »

Après les incidents lors de OL – Besiktas l’an dernier, le président Jean-Michel Aulas avait dans un premier temps défendu le club et les supporters. Il s’agissait pour lui d’une « agression » commise par les supporters turcs.  Mais certaines vidéos tournées par des spectateurs présents au stade montraient des supporters turcs violemment chargés par des supporters lyonnais. Pour beaucoup vêtus de noir et le visage dissimulés.

Comme ceux décrits par le tribunal d’instance de Lyon lundi 19 mars et impliqués dans les violences contre les policiers jeudi 15 mars avant le match contre le CSKA Moscou.

Il y a un an, Jean-Michel Aulas avait alors promis de « faire le ménage ».

« Je pense aussi qu’il y avait des personnes qui s’identifiaient aux Lyonnais et qui n’avaient rien à faire du côté des Lyonnais. A nous de regarder ce qu’il s’est passé dans le détail. A nous de voir qui il y avait sous les cagoules et de faire le ménage. »

Il reste donc visiblement du travail pour le président lyonnais.

L'AUTEUR
Bertrand Enjalbal
Bertrand Enjalbal
Journaliste à Rue89Lyon

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