Rowan Jacobsen, végétarien, témoigne dans ce texte publié sur Ulyces.co avant d’être repris par Rue89, d’une très intéressante expérience gastronomique.
« J’ai laissé tombé la viande il y a quelques semaines. Autant dire que la rupture ne s’est pas faite en douceur. J’ai passé certains de mes plus beaux souvenirs sur une terrasse, une bière et un cheeseburger à la main.
Mais plus j’en apprenais sur elle et plus j’ai compris que cette relation était toxique pour nous deux. Il y a certaines choses qu’il faut à tout prix éviter de faire si l’on veut pouvoir manger de la viande industrielle tout en étant en paix avec soi-même.
[…]
Nous avons bien besoin de bousculer nos habitudes alimentaires, à commencer par les miennes.
Pourtant, mes précédentes tentatives avaient toutes failli, alors que je me retrouvais confronté à des plats biologiques longs à préparer, et des produits à base de tofu dont l’odeur n’était pas sans rappeler celle du carton.
Il me semblait que tous les steaks végétariens auxquels je goûtais étaient déclinés en deux saveurs aussi répugnantes l’une que l’autre :
- bouillie de riz complet riche en glucide assommante ;
- et rondelle de gluten à vous ruiner le côlon.
[…]

J’ai reçu un colis, à l’intérieur se trouvaient quatre steaks dorés de 115 grammes chacun. J’en ai jeté un sur le grill. Le contact a provoqué un grésillement caractéristique satisfaisant. Une belle écume de gras a commencé à crépiter. L’air s’est rempli d’une odeur de bœuf. J’ai toasté deux pains à hamburger et décapsulé une bière. J’ai sorti de la moutarde, du ketchup, des cornichons au vinaigre, des oignons et assemblé le tout. Après avoir ajouté quelques frites sur le côté, j’ai pris une grande bouchée. J’ai mâché. J’ai réfléchi. J’ai continué de mâcher. Et j’ai commencé à avoir foi en l’avenir.
Cela s’appelait un Beast Burger, et il m’avait été envoyé par la société Beyond Meat, basée dans le sud de la Californie, à quelques rues de l’océan. A ce moment-là, le Beast était encore un secret bien gardé. On ne le connaissait que par son nom de code : le Projet Manhattan Beach. J’ai dû supplier Ethan Brown, le patron de la boîte âgé de 43 ans, de m’envoyer un échantillon.

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