Vigies 

La charge d’un prêtre du diocèse de Lyon, victime de pédophilie, contre Barbarin

SUR FRANCE3

Un plaidoyer pour les victimes, un réquisitoire contre une certaine église catholique. Les mots ont été écrits par un prêtre du diocèse de Lyon qui a souhaité rester anonyme. Il a lui-même été victime il y a quarante ans de pédophilie et c’est devant le cardinal Barbarin et les prêtres du Rhône réunis le 25 avril dernier à Ecully que l’homme a lu sa lettre. Elle a ensuite été publiée par France 3. 

« Chers frères,

J’ai été victime, il y a une quarantaine d’années, de deux pédocriminels, un prêtre et un ancien séminariste alors marié et père de famille. Je ne cherche pas votre compassion. […]

Lorsque j’ai pris conscience du mal, comment cela m’avait pourri la vie notamment dans la relation avec les autres, il était trop tard pour porter plainte, pas assez pour penser au suicide. J’ai prévenu l’évêque du prêtre en question qui a été convoqué et a reconnu les faits. J’ai aussi contacté les deux agresseurs qui ont fait un chèque. Cela valait reconnaissance du dommage et m’a aidé à payer la psychanalyse. Le Cardinal Billé m’avait reçu et écouté.

On pourra penser que notre évêque est victime d’une campagne injuste voire revancharde. L’affaire Preynat est sortie dans la presse parce que les victimes ne s’estimaient pas entendues. Mais la médiatisation, à laquelle l’évêque a lui-même participé jusqu’à récemment, est d’abord la conséquence de son manque d’écoute et une tentative pour le forcer à sortir de son immobilisme et de sa logique défensive.

[…]

Même reçu comme parole malheureuse, le fameux « la majorité des faits, grâce à Dieu, sont prescrits », révèle, malgré toutes les dénégations, que notre évêque ne pense pas avec les victimes. Seul l’agresseur se réjouit de la prescription.

L’écoute est autre chose que les mesures qui doivent être mises en place pour lutter contre la pédocriminalité, à tel point que, sans l’écoute, ces mesures risquent de paraître comme autant de gesticulations. C’est pourquoi l’Eglise n’en aura jamais assez fait. Notre Eglise doit d’abord écouter l’horreur, s’arrêter, désarmée, au côté des victimes. C’est difficile, parce que devant l’horreur on se protège et, si l’on se protège, on n’écoute pas.

[…]

Il semble que l’évêque ne reçoive que difficilement les victimes. Cela donne l’impression qu’il s’en méfie. Mais l’écoute ne se délègue pas. L’embauche d’un cabinet conseil en communication est aussi désastreuse qu’inutile, comme on l’a vu. Elle manifeste en effet et encore qu’il s’agit de se défendre. Les avocats suffisent à cela. Je préconise que l’évêque s’en sépare.

[…]

Nous ne pouvons pas faire le dos rond ni user de la langue de bois : « on laisse travailler la justice, pas de commentaires ». Notre loyauté même vis-à-vis de l’évêque passe par une prise de parole qui lui dise clairement qu’il fait fausse route. Le travail de la justice sera long, surtout s’il y a appel, peut-être plusieurs années. Les victimes ne peuvent attendre l’issue de la procédure pour que nous prenions position. »

À lire sur France 3

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