Politique 

Villeurbanne contre Lyon ? Jean-Paul Bret ne veut pas de Collomb à la tête de la Métropole

actualisé le 15/11/2013 à 12h15

Pour sa conférence de presse de rentrée, le maire PS de Villeurbanne, Jean-Paul Bret, s’est déclaré candidat à sa réélection. Et il a défendu son mandat. Normal. Plus étonnant, Jean Paul Bret a eu des mots définitifs contre Gérard Collomb et sa vision de la Métropole. Il lui reproche plus particulièrement sa « gouvernance ».

JP-Bret-Villeurbanne

Le maire de Villeurbanne, Jean-Paul Bret ce mercredi en conférence de presse. © Laurent Burlet/Rue89Lyon

 

Le maire de Villeurbanne avait déjà fait savoir qu’il n’était pas en accord avec plusieurs aspects du projet de loi créant la Métropole. Le maire de Lyon l’avait écouté.

Désormais, Jean-Paul Bret va plus loin. Il reproche à Gérard Collomb de vouloir diriger la Métropole comme il dirige actuellement la communauté urbaine de Lyon. « 40 vice-présidents, ce n’est pas extraordinaire », glisse celui qui est le premier vice-président du Grand Lyon.

Puis il déroule :

« Je n’ai pas la même manière d’envisager les choses. Soit on a une vision pyramidale et jacobine, soit un travail en collectif ».

On dirait presque un écrit du Gram, le groupe de réflexion de la maire du premier arrondissement de Lyon, candidate socialiste dissidente ou un discours de Michel Havard, le candidat UMP à la mairie de Lyon, sur la « méthode Collomb ».
Il ajoute pour bien se faire comprendre :

« Le maire de la ville centre ne doit pas être le président de la Métropole ».

Traduction : pas de Collomb à la tête de la fusion Grand Lyon/département du Rhône.

Il voudrait bien que cette pratique devienne la règle « comme dans la plupart des métropoles européennes, comme Stuttgart » pour éviter la confusion entre le maire de Lyon et le président de la future Métropole.

A minima, il souhaiterait qu’en deuxième lecture au parlement, des amendements soient votés dans le sens de la parité et d’un « exécutif restreint », afin, dit-il, « d’être obligé de travailler en association ».

 

L’Asvel à Villeurbanne au nom d’« une métropole équilibrée »

Car Jean-Paul Bret craint par dessus tout que sa ville de Villeurbanne soit délaissée au profit de Lyon. Il prend un exemple récent : l’idée de créer une Arena à côté du stade de Gerland, lancée par Gérard Collomb début septembre, comme une bouteille à la mer, devant quelques journalistes.
Quand le maire de Villeurbanne a lu ces déclarations, il a vu rouge. Il sait ce qu’impliquerait la création, dans l’agglo, d’une salle de 10 000 à 12 000 places : le transfert du club de basket de l’Asvel, de sa salle de l’Astroballe à Gerland. Et Jean-Paul Bret est farouchement contre :

« Quand Gérard Collomb s’exprime ainsi, il y a confusion des rôles, entre celui de maire et celui de président d’agglomération ».

On la compris, Bret veut garder l’Asvel à Villeurbanne. Au nom de l’attachement des Villeurbannais à leur club. Mais pas seulement. Il veut une « métropole équilibrée », où tout ne serait pas centralisé à Lyon. Même s’il ne remet pas en question les choix du Grand Lyon sur l’Anneau des sciences ou le Grand Stade, même s’il note un « rééquilibrage des investissements » du Grand Lyon au profit notamment de la deuxième ville de l’agglo, Jean-Paul Bret place une dernière banderille :

« Faire la Confluence ou les Rives de Saône, c’est bien. Mais il y autre chose dans l’agglomération. »

Le maire de Lyon et président de la communauté urbaine appréciera.

 

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L'AUTEUR
Laurent Burlet
Laurent Burlet
Journaliste à Rue89Lyon - politique - questions sociales - écologie.
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