Politique 

Municipales 2014 : Michel Havard ou le discours de la méthode lyonnaise

Le premier candidat déclaré de la droite à la mairie de Lyon en 2014 l’a joué austère. Normal, Michel Havard (UMP), a demandé jeudi, lors du lancement de sa pré-campagne des municipales, que ses militants et sympathisants se mettent au travail et lui trouvent des idées. Une méthode participative qui se veut en rupture avec le style « autocratique » de Gérard Collomb.

Le chef de file de l’opposition UMP au conseil municipal de Lyon, Michel Havard, jeudi 27 septembre, à la tribune pour le lancement de sa pré-campagne. Photo : Pierre Augros / Maxppp.

N’attendez pas que Michel Havard dévoile les idées de son programme pour les municipales de 2014. L’ancien député de la 1ère circonscription du Rhône n’en a officiellement pas. Au lapsus près (« Ensemble on fait rien » au lieu de « ensemble on fait tout »), il a annoncé ce jeudi, lors du lancement de sa pré-campagne, qu’il veut construire « ensemble » son programme. Le mot a été répété à de nombreuses reprises devant les quelque 300 personnes venues assister à la soirée. Ce qui tombe bien, le mot est aussi dans le nom de l’association-écurie d’Havard, « Ensemble pour Lyon ».
Pour atteindre le graal, Michel Havard a prévenu qu’il fallait outre un « leader » (lui-même), une condition supplémentaire : la « méthode de travail ». C’est ce qu’il a présenté en une demi-heure, sur la scène obscure de la salle de la Ficelle à la Croix-Rousse, autrement dit du haut de la « colline qui travaille », a-t-il souligné pour le symbole.

 

Management participatif

Les idées doivent donc venir de la base, des militants et sympathisants de la cause Havard, qui devront se retrouver au moins une fois par mois d’ici fin 2012 et plusieurs fois par mois à partir de 2013.
Le plan de bataille de la « reconquête de Lyon » (appellation officielle de la soirée de jeudi et de l’opération présentée) a été conçu par des experts de l’animation de groupe. Même si la démarche se veut « participative » ou « basiste », la référence n’est pas l’altermondialisme non plus. Les têtes pensantes sont plutôt issues du monde de l’entreprise, à l’image du secrétaire de l’association « Ensemble pour Lyon », Jacques Verzier, qui se présente comme cadre-dirigeant d’une grosse entreprise informatique. Il nous parle d' »innovation », de « métier », de « stratégie clients » et, surtout, de la nécessité de travailler en équipe :

« Si j’arrive avec un catalogue de propositions toutes prêtes devant le client et que je ne suis pas à son écoute, je loupe la vente ».

En tant que fin connaisseur des questions environnementales, Michel Havard, qualifie plutôt la démarche de « Grenelle », en référence au « Grenelle de l’environnement » qui est, selon lui, un modèle de travail collectif.
Ce jeudi soir, il fallait s’inscrire à l’un des quatre pôles proposés :

  • Formation sur les institutions (Ville, Grand Lyon, Département) et leurs compétences
  • « Carnet de route » pour récolter toutes les infos (politiques, économiques, sociales, etc.) par arrondissement
  • « Ateliers de Lyon » pour commencer à mobiliser les habitants, également par arrondissement
  • « Projet pour Lyon » pour élaborer le programme

Mais bien peu de monde s’est précipité sur les trois premiers « pôles », préférant le vin blanc et les amuses-bouche qui circulaient dans la salle. Le « pôle » programme a eu plus de succès, recueillant une vingtaine d’inscription. Ces volontaires phosphoreront autour de sept questions comme « quelle métropole voulons-nous ? », « se loger à Lyon demain ? » ou bien « Lyon, ville sûre ? ».

 

Gérard Collomb, un « maire autocrate »

Michel Havard croit tellement en sa méthode qu’il dit ne pas avoir prévu de plan B, au cas où cette démarche participative ne donnerait pas les fruits escomptés.
Il pouvait difficilement faire les choses à moitié. La méthode, « l’écoute active des habitants », érigée au rang d' »alternance », est l’angle choisi ce jeudi, pour attaquer Gérard Collomb, l’actuel maire socialiste. Après avoir lancé en juin l’idée d’organiser des primaires pour choisir le candidat de droite, Michel Havard poursuit sur sa lancée.
Dans son discours, il a stigmatisé un maire « autocrate » dont les élus de l’opposition subissent les brimades à chaque conseil municipal ou communautaire :

« Aujourd’hui à Lyon, nous avons une équipe municipale à bout de souffle qui s’est éloigné du terrain, avec un maire qui décide tout seul. Il organise des processus de soi-disant concertation où on a généralement absolument aucun choix pour les projets présentés. C’est une attitude méprisante vis-à-vis des Lyonnais. Ce mépris, on le vit aussi comme élu. »

Lui qui veut être le candidat de l’opposition municipale se place sur le terrain du « débat d’idées ». Il a donc énuméré les sujets de discordes (le quartier Grolée, l’Hôtel-Dieu, la Sacvl, les transports). Mais il s’est plus longuement arrêté sur la candidature de Lyon pour abriter la « Cité internationale de la gastronomie » que le maire de Lyon envisage avec scepticisme :

« Le maire de Lyon n’a pas engagé toutes les forces dans cette compétition. Comment peut-on imaginer, ici, à Lyon, qu’on ne mette pas le paquet pour obtenir cette idée de la gastronomie. C’est un élément structurant de notre agglomération. Après avoir perdu Lyon Capitale 2013 de la culture, un grand salon (Lyon Mode City), un grand événement sportif (le grand prix de tennis de Lyon), ne pas se battre pour obtenir la Cité de la gastronomie, c’est grave. Quand on a un maire qui ne croit plus en sa ville, je dis simplement que c’est le bon moment de changer de maire ».

 

Fillon/Copé en toile de fond

Ce faisant, Michel Havard se place sur le même terrain que l’autre candidat potentiel de l’UMP au primaire, Emmanuel Hamelin, qui a l’avantage d’avoir dégainé le premier sur le sujet.
Evidemment, Hamelin était absent de la soirée. Michel Forissier, le maire de Meyzieu et secrétaire de la fédération UMP a tenté de masquer l’absence, pourtant notable, du président de la fédération, Philippe Cochet. Egalement absent, l’ensemble des députés du Rhône. Après avoir laissé planer le doute, l’ancienne secrétaire d’Etat à la santé, Nora Berra, est venue afficher son soutien, voyant ses ambitions à la baisse puisque seulement intéressée par une mairie d’arrondissement.
Peut-être faut-il y avoir l’ombre portée de la compétition entre les partisans de Copé et Fillon. Car, ce jeudi soir à la Ficelle, on ne croisait quasiment que des fillonistes, Havard y compris.
Michel Havard peut toutefois compter sur une vingtaine de conseillers municipaux ou d’arrondissement qu’il a faits monter sur scène.

 

 

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L'AUTEUR
Laurent Burlet
Laurent Burlet
Journaliste à Rue89Lyon - politique - questions sociales - écologie.
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