Appartement 16

Fin de l’hiver : à quoi ai-je servi en travaillant dans un centre d’hébergement d’urgence ?

749 visites | 12 commentaires

Je suis travailleur social dans une structure du plan froid sur l’agglomération lyonnaise. Ce centre d’hébergement d’urgence fermera ce vendredi 27 juin 2013 et il sera demandé aux personnes hébergées de quitter les locaux ce jeudi, avant la fin de la journée. A quoi a servi mon travail ?

Un centre d’hébergement d’urgence. Crédit : Maxppp.

Sont encore hébergées douze familles (70 personnes), un couple et 2 personnes seules. 6 familles ont un nourrisson de moins d’un an ou d’un an.

Je dois préciser qu’à une exception près, toutes les familles sont en situation régulière sur le territoire français : toutes en possession d’un récépissé de la préfecture attestant du dépôt d’une demande d’asile en cours d’instruction ou d’un recours en demande d’asile du Rhône ou au titre de la santé.

Un programme d’intégration ou un « rêve » inaccessible

Des familles avaient « candidaté » pour intégrer le dispositif Andatu (préfecture du Rhône, DDCS et Forum Réfugié). Aucune n’a été retenue et cela sans aucune justification officielle.

Il s’agit pourtant de familles présentes sur Lyon depuis 3, 4 voire plus de 5 ans, dont les enfants sont tous scolarisés malgré les ruptures d’hébergement successives qu’elles ont pu vivre, qui apprennent le français, qui n’ont aucun soucis de justice, dont les pères – à qui l’accès est interdit – persistent régulièrement à chercher de possibles employeurs. Je ne vois pas ce qui différencie ces familles d’une famille classique. Elles font toutes la preuve d’une volonté d’intégration, sont méritantes vus les efforts quotidiens qu’elles engagent pour survivre.

Tortures… puis traversée de l’agglo pour aller à l’école

Je reste persuadé qu’un retour à la rue sera dramatique : cette famille qui a quitté la Serbie en 2009, la mère qui a vu une grande partie de ses frères, son père, abattus de sang-froid sous ses yeux dans de véritables camps de concentration ; qui cauchemarde tous les soirs, se revoyant les pieds baignant dans le sang, au milieu d’oreilles, de nez, de membres coupés ; ses enfants qui ont subi des tortures.

Eux que je vois chaque matin de la semaine en train de prendre leur petit déjeuner avec leur père ou leur mère pour ensuite traverser l’agglomération et rejoindre l’école : ils ont changé 5 fois d’hébergement en 3 ans et ont « vécu » plusieurs fois – des mois durant – sous le centre d’échange de Perrache mais les parents ont préféré laisser leurs enfants dans le même établissement scolaire… Peut-être la seule continuité qu’ils aient connue jusque-là.

Une impuissance et une colère indescriptibles

Je savais à quoi m’attendre en travaillant dans cette structure, j’avais d’autres expériences de plan froid mais c’en est une de trop. Mon travail fait de la rencontre avec toutes ces personnes, du partage de moments quotidiens, de confidences (parfois insoutenables), d’orientation vers les institutions de droit commun (hébergement, logement, santé, scolarité, défense des droits, etc), d’accord, de prise de bec est riche, réaliste passionnant, motivant mais aussi frustrant, désarmant. Je suis aujourd’hui dans une impuissance et une colère indescriptibles.

A la rue, contrairement à ce que dit la loi

Selon les derniers critères de la DDCS (Direction Départementale de la Cohésion Sociale), seules les personnes présentant de graves pathologies médicales et pour lesquelles une remise à la rue aurait des conséquences vitales seront relogées, soit… une seule famille. Aucun critère d’ordre psychologique ou psychiatrique ne sera retenu.

Jeudi prochain, le 26 juin, la très grande majorité des personnes seront invitées par l’État à rejoindre… la rue ! Au mépris de la loi. En effet, l’article 4 de la loi DALO a instauré le principe de continuité qui stipule que : « Toute personne accueillie dans une structure d’hébergement d’urgence doit pouvoir y demeurer, dès lors qu’elle le souhaite, jusqu’à ce qu’une orientation lui soit proposée. Cette orientation est effectuée vers une structure d’hébergement stable ou de soins, ou vers un logement, adapté à sa situation. »

Qui penserait que dans ce pays aussi riche (la crise a bon dos), ont puissent faire encore faire vivre cela à des hommes, des femmes, des enfants qui n’aspirent qu’à une vie normale finalement ?

Quel représentant de l’État sera présent jeudi prochain pour assister à tous ces départs vers la rue, le dehors ? Et en silence.


Partager cet article


Soutenez Rue89Lyon Vous avez apprécié cet article ?
Abonnez-vous pour que Rue89Lyon puisse
en produire d'autres et plus.

Publicité

À vous !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

 characters available

12 Commentaires postés

  1. Très bon article sur le questionnement d’un travailleur social.
    Même problème à Grenoble et dans l’Isère, où, si tout se passe comme le désire la Préfecture, plus de 600 personnes seront à la rue dans le département de l’Isère. Un foyer à l’Isle d’Abeau a déjà été fermé.
    Les résidents n’ont pas à partir, ils ont quasi tous signé un contrat d’hébergement, la préf ne peut le résilier unitéralement.
    Nous conseillons aux résidents de rester dans les chambres et apparts, car ce sont des lieux privés et il faudrait que la police ait un mandat pour y entrer et les expulser.
    Quelle horreur de foutre ainsi en l’air la vie de gens qui essayent de se reconstruire avec leurs enfants.
    On peut toujours espérer que la mobilisation soit telle avant la fin du mois que les préf reviennent sur leur décision.

  2. si vous voulez participer à la campagne de mails qui, je pense, servira aussi pour les centres d’hébergement lyonnais, suivre les instructions sur un article paru sur indymedia.grenoble :

    http://grenoble.indymedia.org/2013-06-22-Lettre-ouverte-a-madame-la

    Merci

  3. au travailleur social auteur de cet article,

    Merci pour votre témoignage. J’espère qu’il servira à conscientiser bon nombre de nos concitoyens qui sont dans l’ignorance de ces réalités douloureuses.
    Je partage pleinement votre colère.
    Bien à vous

  4. Merci pour ce témoignage qui rejoint malheureusement le constat que nous faisons nous aussi en tant que militants et, parfois, en tant qu’hébergeurs privés quand plus aucune solution décente n’est proposée aux familles. A quoi servent les lois votées par les parlementaires ? C’est un grand mystère !

  5. Un grand mystère? ça me fait penser à toute ces lois de requisition des logements vide qu’on nous pond depuis des années.

    D’ou ma réponse: les lois votées ne servent à rien sans un rapport de force pour les faire appliquées.

    C’est dommage me direz vous peut être, mais c’est la société dans laquelle on vie.

  6. Triste constat.
    Les professionnels de l’urgence sociale savaient très bien et ce depuis le début du plan froid qu’on en arriverait là.
    L’Etat via C Duflot s’était engagé à ce que personne ne retourne à la rue, souhait vertueux.
    Sauf que, dès le peuplement des structures volet hivernal , peuplement qui s’est fait en commissions, les situations ont soigneusement été sélectionnées en fonction de leurs possibilités de trouver une solution à terme.
    En clair, ne prenons pas des gens trop dans la m****, sinon, l’Etat ne pourra tenir ses engagements.
    filtres à l’entrée, puis successions depuis le mois de mars de filtres de sortie : on garde seulement les familles avec enfants de 3 – ans puis seulement les – de 3 ans avec problèmes de santé, etc…Un écrémage soigneusement organisé.
    In fine, les seules familles qui seront gardées seront celles où une remise à la rue équivaut à une condamnation à mort. Elles seront mises à l’hôtel sans accompagnement social et seront prioritaires pour le prochain Plan Froid, si il y en a un.
    Lyon fait un bond de 60 ans en arrière, avec le retour des bidonvilles et des squatt…faut il rêver d’un nouvel hiver 54 ?

    • Merci pour cet éclairage sur les inavouables pratiques des pouvoirs publics locaux. Les grandes associations qui participent à ces commissions ne porteraient-elles pas une part de responsabilité en acceptant de mettre en oeuvre ces stratégies scélérates ?

  7. Travailleur Social dans un Centre d’Accueil pour Demandeur d’Asile depuis de nombreuses années, je tiens à vous apporter une autre vision que celle que vous présenter au travers de cet article. Parlons avant tout de réalité des chiffres, depuis l’automne 2012 le flux migratoire à augmenter de plus de 100% dans de nombreux départements. Pour la plupart ce sont des solliciteurs d’asile en grande majorité des Balkans (Albanie et Kosovo) qui une fois leur rendez vous de demande d’admission au tire de l’asile en France devienne demandeur d’asile. Il faut être précis quand on parle de ce sujet pour comprendre pourquoi aujourd’hui nous nous retrouvons dans cet état d’urgence. Première réflexion, au vu du nombre de personnes arrivées depuis cet automne comment voulez vous que nous puissions proposer à chacun un hébergement, soyons réaliste les 30 glorieuses c’est terminée, l’Etat et les collectivités locales n’ont plus les moyens pour faire face à un flux pareil. L’ensemble des dispositifs sont embolisés par ces populations créant les situations que vous évoquez. Il est important de s’interroger sur les raisons de ce flux et de se questionner réellement sur les raisons qui amène ces populations à venir en France. La plus grand partie de ces personnes viennent des Balkans, de la corne de l’Afrique, de pays de l’ex URSS. Tous on un point commun il demande la protection de la France au titre de la convention de Genève : Qui craignant avec raison d’être persécutée du fait de sa race, de sa religion, de sa nationalité, de son appartenance à un certain groupe social ou de ses opinions politiques, se trouve hors du pays dont elle a la nationalité et qui ne peut ou, du fait de cette crainte, ne veut se réclamer de la protection de ce pays ; ou qui, si elle n’a pas de nationalité et se trouve hors du pays dans lequel elle avait sa résidence habituelle, ne peut ou, en raison de ladite crainte, ne veut y retourner.” La grande majorité ne relève pas de cette convention ou même de la protection subsidiaire, car la grande majorité utilise la demande d’asile à des fins migratoires. La demande d’asile et le moyen le plus facile pour se maintenir sur le territoire, avoir un hébergement, des ressources mensuelles (AMS en CADA, ATA…) et une protection sociale. Ils suffit de regarder les dossiers OFPRA (Office Français de Protection des Réfugiés et Apatrides), les décisions et les comptes-rendus d’entretien de ces personnes pour se rendre très vite compte que pour une majorité ce sont des dossiers montés de toutes pièces. Sachant qu’une procédure dure en moyenne 18 mois l’enjeu principal est l’hébergement et cela est très bien compris par toutes ces personnes (ex : couple en HUDA avec 1 enfant en procédure normale : environs 660 €/mois sans aucune charge, CMU et aide alimentaire) . Certains font le tour de France prennent des rendez vous dans plusieurs Préfecture à la recherche du 1er hébergement, d’autre font pression sur les départements ou les collectivités en mettant en avant enfants, vieillards, malades… Certains ont de la famille en France de longue date, mais ils savent très bien que l’enjeu est d’être hébergé en structure pour être suivi dans la procédure correctement et ne pas être une charge pour la famille. Aujourd’hui nous assistons à des projets migratoires divers et variés (économique, sanitaire, familial…) déguisés en demande d’asile. Reprenons l’exemple de votre article : cette famille quitte la Serbie en 2009, la guerre étant terminée depuis 1995, cette femme a certainement connu les horreurs de la guerre mais en 2009 posons nous la question de pourquoi elle quitte la Serbie ? Elle ne relève d’aucune protection au titre de l’asile, elle quitte la Serbie comme de nombreux de ses compatriotes pour des raisons économiques ou sanitaire. Cette exemple peut être repris de nombreuses fois je peux vous en citer des centaines d’autre encore plus pertinent qui démontre l’utilisation abusive de la demande d’asile. Aujourd’hui la demande d’asile est menacée par toutes ces personnes l’utilisant à d’autre fin, aujourd’hui le “vrai” réfugié celui relevant de la protection de la France est en danger car son dossier sera noyé dans cette masse de “faux “dossier. Pour permettre à chacun d’avoir un hébergement il faut de la fluidité dans les dispositifs (HUDA, CADA, HU…) mais aujourd’hui l’ensemble est embolisé par toutes ces personnes soutenues par des pseudo militant qui encourage vivement ces personnes à rester dans les dispositifs ne respectant pas les contrats de séjour signés et acceptés à l’entrée. Il y a des règles à respecter pour permettre à tous d’avoir la chance d’obtenir un hébergement et défendre son dossier d’asile dans de bonne condition. Soyez un peu moins humaniste et un peu plus réaliste, nous ne pouvons pas nous permettre dans les conditions de ce flux et des finances de notre pays d’offrir à chacun un hébergement. Soyez réalistes seriez vous prêt demain à quitter votre pays (où vous ne risquez rien) à des fins économiques ou autre et faire subir à vos enfants ce que ces personnes font subir en les obligeant à dormir dehors ? Soyez réalistes ces personnes embolisent nos hébergements et pendant ce temps des travailleurs précaires dorment dans leurs voitures car ils ne mettent pas enfant, femme, vieillard devant les Préfectures pour faire pression. Pourquoi est-il si difficile aujourd’hui d’effectuer une reconduite, car pour une grande majorité il ne présente jamais leurs passeports (que le méchant passeur à garder…) et sont en France sur une autre identité pour ne pas être identifiable et rendre les reconduite plus difficile voir impossible. Pourquoi ce flux ? il y a la guerre en ce moment au Kosovo, en Albanie, en Arménie, en Georgie… ? Pourquoi n’avons nous pas plus de Syrien par exemple qui viennent demander la protection de la France ?
    Soyez moins naïfs, moins humanistes et soyez réalistes vos agissements mettent à mal la demande d’asile, une réforme urgente est nécessaire du droit d’asile. Je travaille au quotidien pour permettre à chacun de faire valoir ses droits, de défendre son dossier dans les meilleurs conditions, mais je suis réaliste et je leur dit toujours la vérité quand elle doit être dite car les dossiers d’asile et les entretiens ne trompent pas…chaque jour des familles défilent dans nos bureaux (les enfants devants) pour demander un hébergement, c’est difficile de dire non on ne peut pas mais c’est la vérité. Arrêtez de faire croire à ces personnes que la France est un eldorado car vous ne faites qu’entretenir la vision donnée dans leurs Pays. Dites leur la vérité…la France ne peux plus malheureusement…

    • La réponse est dans la question Albert ! Seriez vous prêts à quitter votre pays (vos amis, votre famille…) et faire vivre cela à vos enfants si vous n’aviez de réelles bonnes raisons, à moins … comme vous le sous entendez que vous ne soyez de réels mauvais parents ! je suis catastrophée de constater que même des travailleurs sociaux comme vous aient ce type de regard et le relayent dans l’opinion publique…
      L’action sociale, voir juste la bientraitance, l’humanité à l’égard de familles et d’enfants doit-elle désormais se faire au mérite ? Qui parle d’eldorado en dehors de ceux qui agitent la théorie de l’appel d’air ! Qui peut croire que l’exil est un acte insouciant conditionné par quelques avantages sociaux que la France distribuerait de manière inconséquente !
      C’est vous qui devriez être réaliste et ne pas vous tromper d’ennemi, si ennemi il y a !
      La dégringolade économique, la perte de l’autorité au sens politique, la complexité de nos sociétés ne peuvent être des arguments valides pour oublier la seule chose qui nous caractérise : Notre humanité !
      Merci pour cet article, au travailleur social qui décrit ces délinquants présumés de moins d’un an.

      • @ Chocolat,
        les constats que je fais sont tirés d’une réalité de terrain. Elle est certes difficile à entendre mais c’est une triste réalité que je constate depuis l’automne 2012. Jamais depuis que je travaille auprès des migrants et des demandeurs d’asile nous ne sommes arrivés à une situation d’urgence comme celle là. Vous parlez d’exil, moi je parle de projet migratoire. En effet, les personnes en exil représente au grand maximum 20% des personnes qui demandent l’asile aujourd’hui. Le reste sont des personnes qui utilisent l’asile à des fins de projets migratoires. Je ne vois pas en toutes ces personnes des ennemies, simplement je suis un fervent défenseur du droit d’asile et voir toutes ces personnes profiter de la demande d’asile à des fins migratoires, cela me scandalise. Oui aujourd’hui le migrant en exil qui doit fuir son pays pour demander la protection de la France car il est persécuté, se retrouve dans la rue faute de place d’hébergement, la plupart du temps sans aucun suivi social car les plates formes d’accueil sont submergées de demande. Je n’ai pas d’ennemi, juste je vous indique une réalité celle de mon quotidien. Je comprends que mon propos puisse choquer, mais actuellement on assiste à un déséquilibre des flux migratoires. Franchement, soyez moins naïf, la théorie de l’appel d’air est loin d’être une théorie c’est une vérité je la constate tous les jours. Une personnes obtient une protection ou tout autre titre de séjour, une majorité de ses connaissances arrivent par la suite. L’humanité est certes une valeur essentielle de notre pays, mais elle ne doit pas nous cacher de la vérité. Voyez la réalité en face, nous n’avons pas les moyens d’absorber un tel flux, vous militants vous avez la bonne place celle des bientraitants, nous aujourd’hui notre quotidien est celui de dire non en permanence à des hébergements en sachant que ces personnes dormiront à la rue ou une fois déboutés nous avons l’obligation de les mettre à la rue. Nous sommes bien loin du suivi de la demande d’asile des années passées, aujourd’hui nous sommes dans une demande d’asile “économique ou sanitaire”, et malheureusement le migrant en exil qui n’a pas d’autre choix de quitter son pays car il y est persécuté devient invisible dans ce flux. Je pourrais vous présenter des centaines d’exemples pour illustrer la réalité quotidienne de nos CADA, qui est bien loin de votre vision lointaine du domaine des migrants aujourd’hui, mais je ne souhaite pas brusquer l’opinion publique ni que ces exemples soient repris par des personnes qui utiliseraient ces propos à d’autres fins. Simplement, je suis en soucis pour l’avenir, si notre gouvernement ne prend pas la mesure de la situation qui devient très grave, d’autres s’empareront de cette réalité à des fins électoraliste nauséabond. Je vous assure qu’il est aujourd’hui très facile avec une telle situation de manipuler l’opinion publique.
        Je ne souhaite pas polémiquer, je voudrais simplement défendre la demande d’asile qui est en danger aujourd’hui, ma réalité est celle que je constate tous les jours…l’humanité ne doit pas nous empêcher de voir la réalité.

  8. @M. John Kelly : votre commentaire a été modéré, merci de vous référer à notre charte.