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8 décembre à Lyon : la manifestation des identitaires interdite par la préfecture. Pour quel effet ?
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8 décembre à Lyon : la manifestation des identitaires interdite par la préfecture. Pour quel effet ?

par Marie Allenou.
Publié le 5 décembre 2022.
Imprimé le 06 février 2023 à 21:19
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Dans un arrêté pris ce lundi 5 décembre, la préfecture du Rhône a interdit la manifestation des identitaires organisée le 8 décembre à Lyon. Comme chaque année, ils doivent rejoindre la traditionnelle montée aux flambeaux, dans un cortège appelé « Lugdunum suum ».

Chaque année, à l’occasion du 8 décembre, et pour « rendre hommage à la Vierge Marie », l’association diocésaine de Lyon organise une procession au flambeau de la place Saint-Jean à la basilique de Fourvière. Un évènement qu’elle déclare en préfecture.

Comme chaque année, aussi, depuis 15 ans, l’extrême droite lyonnaise appelle à rejoindre cette procession dans un cortège appelé « Lugdunum suum ». En 2022, l’évènement a été annoncé sur les réseaux sociaux des Remparts de Lyon, groupe identitaire lyonnais, mais n’a pas été déclaré en préfecture. Le collectif appelle à poursuivre la soirée à La Traboule, bar du Vieux Lyon, le QG des identitaires et siège de l’association dissoute Génération identitaire.

Ce lundi 5 décembre, pour interdire la manifestation des identitaires, le préfet du Rhône a pris un arrêté, placardé à l’entrée de la préfecture, le jour où se tenait une conférence de presse sur la sécurité de la Fête des Lumières.

Affrontement, xénophobie, trouble à l’ordre public… les raisons de l’interdiction du 8 décembre des identitaires à Lyon

Pour justifier de cette interdiction, la préfecture évoque plusieurs éléments. D’abord, celle de la mobilisation des forces de police pour la Fête des Lumières, mais aussi «le risque sérieux de troubles à l’ordre public que peut générer cette manifestation non déclarée dans le contexte actuel de confrontation récurrente avec la mouvance d’ultra-gauche et en raison de la forte possibilité d’une contre-manifestation».

L’arrêté évoque ensuite les récentes violences de l’extrême droite à Lyon. Il mentionne notamment la manifestation du 21 octobre, en hommage à Lola, organisée par les identitaires, jour même de l’anniversaire de la Traboule.

« Lors de ce rassemblement (…) [auquel] des membres du collectif les Remparts ont participé, de nombreux slogans xénophobes et contraires aux valeurs républicaines ont été scandés », indique l’arrêté.

Plus récente, l’attaque de militants d’extrême droite sur la manifestation contre les violences faites aux femmes est aussi citée.

Quel effet de l’interdiction de la montée aux flambeaux des identitaires le 8 décembre ?

Cette interdiction survient alors que nombre d’élus locaux, associations et syndicats demandent la fermeture de La Traboule et l’Agogé (salle de boxe des identitaires). Les quatre députés Nupes du Rhône et le maire de Lyon s’étaient adressés au gouvernement ces derniers mois, après plusieurs épisodes de violences.

Pour autant, l’interdiction de manifester sera-t-elle appliquée ? La procession de l’Association diocésaine de Lyon n’est, elle, pas interdite, et pourra accueillir les identitaires. Si tant est qu’ils ne se constituent pas en cortège identifié, et encore… Depuis 2013, cette manifestation fait régulièrement l’objet d’interdiction mais les militants d’extrême droite défilent malgré tout. Le contexte de violences et de pression politique de cette fin d’année 2022 va-t-il changer la donne ?

Les identitaires pourraient aussi à nouveau s’attaquer à cet arrêté devant le tribunal administratif. En 2017 et 2019, ils avaient avaient eu gain de cause. En 2019, le tribunal avait estimé que « le préfet avait commis une erreur d’appréciation en estimant que celle-ci constituait un « défilé revendicatif ».»

Les identitaires avaient également contesté l’interdiction de 2018 mais avaient été déboutés par la justice administrative :

« Le tribunal relève qu’au cours de l’année 2018 des confrontations ont eu lieu entre les militants [du mouvement d’extrême droite et ceux de la mouvance d’ultra-gauche] et que des provocations ont opposé les deux camps dans les jours précédant l’interdiction. Le tribunal en déduit que la marche culturelle présentait un risque de trouble à l’ordre public.»

L'AUTEUR
Marie Allenou
Journaliste à Rue89Lyon

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