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À la Duchère, « Alliade nous prend pour des moins-que-rien »
Société 

À la Duchère, « Alliade nous prend pour des moins-que-rien »

par Laure Solé.
Publié le 29 janvier 2022.
Imprimé le 29 novembre 2022 à 09:18
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Alors que des locataires de la rue Jean Fournier située dans le quartier du Château, à la Duchère (Lyon 9e) ont convié Rue89Lyon à constater, entre autres dysfonctionnements, l’absence de chauffage dans leur immeuble, ils sont aussi revenus sur les difficultés rencontrées ces dernières années avec leur bailleur social, Alliade Habitat. Reportage.

Paisible et verdoyante : ce peut être les qualificatifs que l’on a en tête en parcourant l’allée Jean Fournier, située à la Duchère (Lyon 9e), dans le quartier du Château. Juchés sur une colline et donnant directement sur Lyon en contrebas, quatre hauts immeubles à l’architecture des années 60 semblent à la fois très loin et très proches du vacarme de la ville.

Les bâtiments sont gérés depuis 2006 par le bailleur social Alliade Habitat, issu de la fusion entre les sociétés de HLM Axiade Rhône-Alpes et la Société Lyonnaise Pour l’Habitat (SLPH).

En ce début d’après-midi ensoleillé, ils sont quatorze locataires rassemblé·es à l’entrée de la barre 101, à l’angle de la rue Jean Fournier, pour réfléchir à une façon de faire entendre leurs difficultés à leur bailleur social, Alliade Habitat. Cela ferait des années que leurs conditions de vie se détériorent, et que leur santé physique et psychique en subit les conséquences.

L'immeuble 101 géré par Alliade Habitat dans le quartier du Château, à la Duchère (Lyon 9è). ©LS/Rue89Lyon
L’immeuble 101 géré par Alliade Habitat dans le quartier du Château, à la Duchère (Lyon 9è). ©LS/Rue89Lyon

Pour Liliane, retraitée qui a planifié la réunion informelle, la coupe est pleine :

« Depuis 2011, on a des problèmes de chauffage tous les hivers. Là, ça fait trois semaines qu’on n’a pas eu une goutte de chauffage. Ça suffit. »

Et Christiane de poursuivre :

« On tombe malades, même à l’intérieur. »

Cette dernière phrase est suivie par un brouhaha de protestations. Chaque habitant·e rencontre des tracas à cause du froid : rhumes, grippes, engourdissements permanents, maux de tête, effritements des cloisons à cause l’humidité.

Les locataires ont pourtant tenté d’avertir leur bailleur de la situation. Christiane raconte :

« Un monsieur d’Alliade est venu à 14 heures, un jour de grand soleil. Il faisait au moins 18°c chez moi, il a dit : « Ça va, ce n’est pas si terrible ». Ils nous prennent vraiment pour des moins-que-rien. »

Dans un immeuble d’Alliade, à la Duchère : « J’ai toujours froid »

Pour les locataires qui n’ont pas des porte-monnaies extensibles, le chauffage d’appoint n’est pas une option envisageable, tant elle est coûteuse en électricité. La stratégie est donc de pratiquer le « couche sur couche ». Christiane détaille :

« Je mets paire de chaussettes sur paire de chaussettes et je m’installe sous le plaid, dans le canapé. Et encore, même là, j’ai toujours froid. »

Chantal, une autre retraitée qui habite l’immeuble depuis 1972 a quant à elle une autre technique :

« Moi je m’agite, le matin je cours un peu partout pour essayer d’avoir chaud. Bon, ça ne marche pas très longtemps. »

Un autre locataire a même déclaré laisser sa cuisinière à gaz allumée pour tenter de réchauffer son appartement.

Alors que les habitants discutent de ce qui pourrait améliorer leurs conditions de vie, un homme apparaît à l’entrée du hall vêtu d’une salopette de travail et chaussé de rangers de sécurité. On ne peut pas s’y tromper, il s’agit d’un technicien envoyé pour réparer le chauffage. Il fait des yeux ronds à la vue du nombre de personnes qui encombrent le hall.

Les locataires fondent sur l’homme pour lui faire part de leur mécontentement. Il tente de se défendre avant de s’échapper :

« C’est toujours le technicien qui prend ! Je ne peux pas régler le problème, c’est à Dalkia [une filiale du groupe EDF] de changer les canalisations. En attendant, j’ai baissé le chauffage à la 102 [le numéro de l’immeuble voisin]. »

Et les locataires de s’exclamer :

« Mais ils vont remonter les valves aussitôt ! »

« Ils » , ce sont les voisins de l’immeuble 102. Il semble que le chauffage est distribué dans les barres d’immeubles de la rue Jean Fournier par un système en cascade. L’eau chaude qui alimente les chauffages passe d’abord par l’immeuble 104, 103, puis 102 pour finir par la 101. Liliane explique :

« Difficile de savoir si le problème vient des canalisations ou simplement du débit d’eau envoyé par la chaufferie centrale, mais à chaque fois qu’un technicien passe, le chauffage fonctionne un tout petit peu dans notre barre avant de s’arrêter car les locataires des autres barres réalisent qu’ils ont moins de chauffage et remontent la valve d’alimentation de leur immeuble. »

« Alliade ne répond ni aux mails ni au téléphone »

Une situation frustrante à laquelle les locataires ont essayé de remédier à de multiples reprises, selon Liliane :

« Alliade ne répond pas au téléphone, ou alors, quand ils répondent, ils nous disent d’envoyer un mail, et en réponse au mail, ils nous disent d’appeler. »

Dans des mails que la rédaction a pu consulter, le bailleur social consent finalement à répondre en demandant aux locataires de régler le problème tout seuls, en les enjoignant à appeler les prestataires Dalkia et Engie Coffely. Liliane poursuit :

« On passe des heures au téléphone, et les deux entreprises se renvoient la balle, l’une s’occupe des canalisations, l’autre du chauffage. Engie envoie un technicien une fois de temps en temps mais ça ne résout rien, et chaque hiver c’est le même souci. »

Pourtant, d’après des factures que la rédaction a pu consulter, on peut voir que chaque mois, les locataires paient un peu plus d’une cinquante d’euros de « provisions chauffage » à leur bailleur. Liliane précise :

« Et il ne nous est rien rendu à la fin de l’année ! Une fois seulement, ils nous ont rendu 27 euros quand la panne de chauffage avait été généralisée à toute la Duchère. »

Interrogé au sujet du chauffage, le bailleur Alliade Habitat reconnaît sa responsabilité de propriétaire des lieux, mais renvoie effectivement la balle à ses prestataires :

« Sur ce type de résidence, chauffée par le réseau de chaleur urbain, c’est Engie qui travaille en notre nom avec Dalkia. Engie ne nous a pas avertis du manque de puissance délivré sur le réseau de chaleur. Nous avons fixé un rendez-vous avec les deux acteurs la semaine prochaine avec pour objectif de solutionner ce problème. »

Paradoxalement, le bailleur assure aussi être venu au cours du mois de janvier pour vérifier la température de l’immeuble suite à des plaintes des locataires et déclare :

« Il faisait 18°c à l’intérieur. »

Le « réseau de chaleur urbain » qui alimente presque tout le quartier aurait des avantages mais aussi des inconvénients. Selon Alliade Habitat :

« Ce type de réseau commun est beaucoup plus économique pour les locataires. En revanche, il est plus sensible quand il y a des grandes baisses de température. Le projet de réhabilitation est sensé améliorer cela par une meilleure isolation. »

Alliade Habitat a justement déjà commencé des travaux de réhabilitation dans les logements. Des travaux qui ont été souvent mal perçus par les habitants.

« On m’a dit de mettre des cadres pour cacher les trous dans les murs »

Tout comme les travaux de réhabilitation de la Sauvegarde, un autre sous-quartier de la Duchère, ceux du quartier du Château on pris beaucoup de retard et ne se sont pas déroulés dans un climat serein. Initialement prévus début 2020, la pandémie a obligé le bailleur social à repousser le début des opérations à avril 2021, puis à la période allant du 3 mai 2021 au 14 mai 2021.

Pendant les travaux qui durent une a deux semaines, les locataires ne peuvent pas utiliser leur appartement alors qu'ils continuent à vivre à l'intérieur. (photo de locataire)
Pendant les travaux qui ont duré une à deux semaines, les locataires n’ont pas pu utiliser leurs appartements alors qu’ils continuaient à vivre à l’intérieur. (photo de locataire)

La simple évocation de ces travaux suscite une vague de consternation chez les habitants. La venue des ouvriers dans les appartements a été vécue comme violente pour la plupart d’entre eux. Liliane raconte :

« Ils ont arraché mes lampes, cassé mon plan de travail. Ils ne prévenaient pas quand ils arrivaient et ça durait des jours, ils ne nettoyaient jamais. Et surtout, c’est vraiment mal fait. »

En effet, toutes les lampes et les interrupteurs de l’appartement ont été déplacés à quelques centimètres de là où se trouvaient les anciens, et des goulottes courent sur tous les murs pour faire passer les fils électriques. Des trous, des clous et des fils électriques pendent des emplacements où se trouvaient les anciennes ampoules. Liliane raconte :

« J’ai dit aux ouvriers que ce n’était pas possible de laisser ça comme ça. Ils m’ont dit : « mettez des cadres pour cacher ». »

Un nouveau tableau électrique, auquel sont reliées toutes les goulottes, a été placé au milieu du couloir. L’ancien gît dans un placard, inutilisable. L’évier de la cuisine est en plastique, celui de la salle de bain ne permet pas de glisser de meuble en dessous. Liliane commente :

« Ils nous ont fait un appartement comme si on était en prison, et qu’on ne possédait rien. La moitié d’entre nous a dû entreposer des meubles à la cave car ils ne tenaient plus dans les appartements. »

Les locataires jouissaient d’une petite loggia dans la cuisine, qui, elle aussi, a été rasée :

« C’était très pratique, ça réchauffait l’appartement en hiver, et ça le refroidissait en été. »

La nouvelle ampoule, reliée par une goulotte au compteur. A quelques centimètres, l'emplacement de l'ancienne ampoule. Les fils sortent du mur, la locataire les a recoupés pour qu'ils soient moins visibles. ©LS/Rue89Lyon
La nouvelle ampoule, reliée par une goulotte au compteur. A quelques centimètres, l’emplacement de l’ancienne ampoule. Les fils sortent du mur, la locataire les a recoupés pour qu’ils soient moins visibles. ©LS/Rue89Lyon

« J’ai vécu ces travaux comme un viol de mon intimité »

Les locataires ne comprennent pas cette décision de la part de leur bailleur social. De bout en bout, ils déclarent avoir cherché à s’opposer aux travaux prévus dans leurs appartements, notamment le projet de raser cette loggia :

« Ils ont fait une réunion publique au sujet des travaux de réhabilitation. On a dit les choses qui ne nous allaient pas, après avoir vu l’appartement témoin situé à la 102. Ils ont dit nous avoir entendus, mais ça n’a rien changé. »

Le nivellement du sol n’a pas été fait entre la cuisine et l’ancienne loggia, une petite marche se trouve donc au milieu de la cuisine des appartements. Liliane ajoute malicieusement :

« Ça ne sert vraiment à rien du tout d’avoir rasé la loggia, hormis à augmenter la valeur foncière des appartements. »

Autre brise-coeur pour certains habitants, la baignoire des appartements a été remplacée par une douche. Pour Chantal qui habite le même logement depuis 1972, c’est la goutte d’eau :

« J’ai vécu ces travaux comme un viol de mon intimité. Dans cet appartement il y avait des souvenirs, et pendant des semaines je devais supporter de voir des personnes aller et venir, tout casser, mettre mon appartement sans dessus-dessous et ne rien nettoyer. Maintenant j’ai l’impression d’habiter une cave : il y a des fils qui pendent, des clous apparents. C’est minable. »

Elle poursuit :

« Mon petit bonheur c’était ma baignoire, je prenais un bain de temps en temps, on pouvait y baigner les petits-enfants. J’ai tout fait pour la garder et je n’ai pas réussi, ça me tue, vraiment ça me tue. »

Interrogé par la rédaction, Alliade Habitat a déclaré que s’il reste des malfaçons, c’est que les travaux ne sont pas encore finis :

« Tous les interrupteurs inutiles seront remplacés par des caches. Les locataires n’ont pas dû comprendre que les travaux n’étaient pas finis dans leurs appartements. »

Au sujet des loggias ou des baignoires, Alliade Habitat ajoute qu’il n’est pas possible de traiter le besoin individuel de chaque locataire :

« On installe des douches à quasiment toutes les réhabilitations. C’est pour que les personnes en situation de handicap puissent s’installer dans les appartements. Pour la loggia, c’est une décision de l’architecte, on ne peut pas adapter chaque logement à chaque locataire. »

« 10 centimètres de refoulements ont recouvert le sol de la cave »

La suite des travaux tarde aussi : les ouvriers auraient dû venir à partir du 25 janvier dernier pour poser de nouvelles fenêtres dans l’immeuble 101, mais sont aux abonnés absents. Ils n’ont pas prévenu qu’ils ne viendraient pas. Maguy, locataire de 79 ans, ressent beaucoup d’anxiété à l’idée de cette nouvelle période de travaux :

« J’espère qu’ils seront plus consciencieux que l’autre fois. J’ai peur qu’ils laissent des trous béants dans les murs pendant des heures, alors qu’on n’a pas de chauffage. »

En attendant, toutes les fenêtres de l’immeuble sont pour le moins vétustes. Même fermées, le vent et l’eau passent à travers. Pour Liliane c’est l’incompréhension :

« Je ne comprends pas pourquoi ils n’ont pas commencé les travaux par ça. Je veux dire, on a des fenêtres qui coulent dès qu’il pleut, mais eux, leur priorité c’était de changer nos lampes qui fonctionnaient très bien. »

Une locataire a installé de petites lamelles de tissus sur les bords de toutes ses fenêtres. Elles empêchent un peu l'air de passer, et absorbent en partie l'eau quand il pleut. ©LS/Rue89Lyon
Une locataire a installé de petites lamelles de tissus sur les bords de toutes ses fenêtres. Elles empêchent un peu l’air de passer, et absorbent en partie l’eau quand il pleut. ©LS/Rue89Lyon

Interrogé à ce sujet, le bailleur social a déclaré que le choix de commencer la réhabilitation par l’intérieur des appartements est dû à une obtention plus rapide d’autorisations. Pour le retard, il s’agirait d’un autre problème :

« Il y a eu des retards suite à la découverte de punaises de lit dans certains logements. Les traitements peuvent prendre deux fois 20 jours. Des ouvriers se sont retirés des travaux car ils ne voulaient pas risquer de ramener chez eux des punaises de lit. »

Une dernière angoisse taraude les habitants : depuis quelques semaines, une forte odeur d’égouts envahit parfois l’immeuble. Liliane explique :

« La dernière fois qu’il y a eu ça, en mars dernier, il y a eu 10 centimètres de refoulements qui ont recouvert le sol de la cave. C’était vraiment immonde, et ça a fichu en l’air tout ce qu’on avait entreposé là-bas. »

Après le refoulement dans les caves, les habitants découvrent leurs affaires trempées par les eaux usées.
Après l’absorption du refoulement qui a inondé les caves, les locataires découvrent le sol encore trempé par les eaux usées. (photo de locataire)

Alliade Habitat a tardé à réagir, et ne répondait ni aux messages, ni aux appels. Les mails d’au-secours des locataires (consultés par la rédaction) sont parlants :

« Depuis une semaine nous vivons avec des excréments au sol, de la puanteur et pas de solution. »

Les seules réponses obtenues étaient le plus souvent des emails automatiques. Si le bailleur social a fini par envoyer un service de dépannage pour aspirer les eaux, aucune désinfection et curage général des canalisations ne semble avoir été fait sur le moment.

Alliade Habitat a déclaré de son côté que l’entièreté des canalisations a été changée avant 2022, un curage n’était donc plus nécessaire. En sus, le bailleur social pointe une fois de plus la responsabilité des locataires :

« Les locataires jettent tout et n’importe quoi dans les canalisations, ça peut les boucher, même si elles sont neuves. »

Finalement, Alliade Habitat assure être accessible pour répondre aux problèmes des locataires :

« On a eu des problèmes pour répondre au téléphone entre septembre et novembre 2021 car nous avons fusionné avec la Cité Nouvelle [un autre gestionnaire immobilier]. Actuellement, je ne vois actuellement aucune problématique non traitée », a déclaré notre interlocutrice jointe ce vendredi 28 janvier.

À la Duchère, « s’il n’y avait pas eu Alliade, on aurait tout pour être bien »

Malgré toutes ces péripéties, les habitants ne nient pas l’attractivité du quartier, et leur attachement à celui-ci. Pour Maguy, 79 ans et habitante depuis une quarantaine d’années du dernier immeuble de l’allée, le Château est le quartier idéal :

« J’adore la Duchère, c’est un quartier très vert. De mon appartement au 4è, j’ai une vue plongeante sur toute la ville. Quand Lyon n’est pas trop polluée, je peux même apercevoir Fourvière. »

Elle poursuit en riant :

« Je n’ai pas besoin de télé, j’ai ma fenêtre. Quand il neige, j’ai même l’impression d’être aux sports d’hiver. »

De leurs appartements à la Duchère, la plupart des habitants de l'immeuble jouissent d'une vue dégagée. ©LS/Rue89Lyon
De leurs appartements à la Duchère, la plupart des habitants de l’immeuble jouissent d’une vue dégagée. ©LS/Rue89Lyon

Un constat partagé par son amie et voisine Christiane, qui avait 6 ans quand elle a emménagé dans le quartier. Elle en a maintenant 66 :

« J’habite cet immeuble depuis 1989. Au début, quand notre bailleur social était Logirel, on s’y sentait vraiment bien. Les voisins sont gentils, il y a des jeux pour les enfants, on est protégés de la pollution ; et on rejoint Lyon en quinze minutes en bus… »

Logirel est en réalité l’ancêtre de l’actuel bailleur social des locataires de l’immeuble. De multiples fusions entre les sociétés d’HLM ont fini par aboutir à la récupération du parc immobilier par Alliade Habitat.

Elle conclut :

« Si il n’y avait pas eu Alliade, on aurait tout pour être bien. »

Article actualisé le 24/02/2022 à 17h36
L'AUTEUR
Laure Solé

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