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Accueil des Afghans à Lyon : « Trouver des places, c’est toute la difficulté de cette opération »
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Accueil des Afghans à Lyon : « Trouver des places, c’est toute la difficulté de cette opération »

par Oriane Mollaret.
Publié le 27 août 2021.
Imprimé le 22 septembre 2021 à 09:52
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[Entretien] La préfecture du Rhône a annoncé l’ouverture de 270 places d’hébergement pour accueillir des personnes en provenance de Kaboul. Pour le moment, 85 Afghans ont déjà été accueillis à Paris pour être transférés à Lyon et Villeurbanne et d’autres pourraient les rejoindre prochainement. C’est l’association Forum réfugiés qui a été chargée de l’hébergement de ces 85 personnes depuis le 24 août. Son directeur général, Jean-François Ploquin, répond aux questions de Rue89Lyon.

Forum Réfugiés a accueilli 85 Afghans sur Lyon et Villeurbanne dans la nuit du 24 au 25 août.
Forum Réfugiés a accueilli 85 Afghans sur Lyon et Villeurbanne dans la nuit du 24 au 25 août. Photo : Forum Réfugiés

Rue89Lyon. La préfecture a annoncé mardi l’ouverture de 150 places sur Lyon et Villeurbanne pour accueillir des Afghans et Afghanes. Comment s’est organisé cet accueil ?

Jean-François Ploquin. On s’inscrit dans une deuxième séquence d’accueil. La première a eu lieu après le 15 août et la prise de Kaboul par les Talibans. Dans un premier temps, le gouvernement français a décidé de centraliser l’accueil des Afghans en Île-de-France en sollicitant les associations locales. Les Afghans devaient être accueillis en dehors du dispositif national d’asile donc plutôt dans le parc hôtelier. Puis les événements se sont précipités et les dispositifs en Île-de-France ont été saturés.

150 places d’hébergement ouvertes sur Lyon et Villeurbanne

A l’échelle de la région Auvergne-Rhône-Alpes, 270 places d’hébergement ont été annoncées ce mardi 24 août par la préfecture de région, réparties ainsi : 150 places sur Lyon et Villeurbanne, 60 à Pont-de-Claix et Monbonnot-Saint-Martin (Isère) et enfin 60 à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme).

Forum réfugiés a déjà accueilli 85 personnes sur un vol en provenance de Kaboul arrivé à Roissy dans la nuit du 24 au 25 août. Un deuxième vol pourrait suivre, avec cette fois-ci Adoma pour l’accueil des personnes.

Et à Lyon ?

Au début de cette semaine, le gouvernement a demandé aux préfets des différentes Zones de défense de voir avec les associations locales pour accueillir des Afghans, dont Forum réfugiés pour la Métropole de Lyon. En Auvergne-Rhône-Alpes, un objectif de 250 places a été fixé, c’est-à-dire environ la contenance d’un vol. Dans la pratique, il y a des écarts. Sur la totalité des personnes du vol, il y en a qui sont accueillies par des proches à l’aéroport et puis il y a le problème des capacités d’accueil. Trouver des places, c’est toute la difficulté de cette opération.

Accueil des Afghans à Lyon : « Il s’agit essentiellement de familles avec des enfants »

Combien d’Afghans ont été pris en charge par Forum réfugiés sur la métropole de Lyon ?

Sur le vol qui est arrivé à Roissy en provenance de Kaboul dans la nuit de mardi à mercredi, Forum réfugiés a accueilli 85 personnes qui ont été logées sur Lyon et Villeurbanne. Il s’agit essentiellement de familles avec des enfants, dont les âges vont du bébé aux jeunes adultes. Il y a aussi quelques personnes isolées.

Forum Réfugiés a accueilli 85 Afghans sur Lyon et Villeurbanne dans la nuit du 24 au 25 août.
Il s’agit essentiellement de familles avec enfants, certains âgés de quelques mois, d’autres majeurs depuis peu. Photo : Forum Réfugiés

Où est-ce que ces 85 personnes en provenance d’Afghanistan ont été logées ?

Au début, le gouvernement ne voulait pas utiliser les places du dispositif national d’asile car il n’y a déjà pas de place pour les demandeurs d’asile actuels. La solution, c’était l’hôtel. Sauf que même le hôtelier est congestionné dans une ville comme Lyon. Toute la difficulté réside dans le fait de créer et de maintenir des capacités sur Lyon. Il y a des volontés affichées et claires des acteurs sur ce dossier, mais c’est très dur de créer des places à Lyon. C’est le cas ailleurs aussi.

« Des Afghans accueillis au centre de transit de Lyon et dans un bâtiment prêté par la Ville de Villeurbanne »

Quelles solution a été trouvée pour héberger ces personnes ?

On a mis en avant le centre de transit créé à Lyon en 1997 pour permettre ce genre d’accueil rapide. Il est d’une capacité de 100 places. L’État ne paie pas des places vides, donc il s’agit de places occupées et qui peuvent être rendues vacantes par une orientation accélérée des occupants à la sortie. Dans ce centre, des places avaient déjà été vidées pour permettre la réalisation de travaux ce qui a permis d’accueillir 50 personnes. Les autres ont été logées dans un bâtiment mis à disposition par la Ville de Villeurbanne, mais il n’était pas équipé donc il a fallu trouver des meubles, de l’électroménager… Ces places ne sont pas venues empiéter sur les places mises à disposition par l’Office français de l’immigration et de l’intégration (OFII) pour les demandeurs d’asile.

Combien de temps ces personnes seront-elles hébergées ?

Les personnes sont accueillies pour une durée de 15 jours dont 10 jours de quarantaine étant donné que l’Afghanistan est sur la liste rouge des pays touchés par le covid. Pendant ces 15 jours, des infos leur seront données sur l’asile en France, leurs droits… Au bout des 15 jours, les personnes qui demandent l’asile seront redéployées par l’OFII sur les places du dispositif national d’asile. C’est un sas très court d’accueil.

Est-ce que ces accueils en urgence sont habituels pour vous ?

Cet accueil a une dimension un peu sportive, d’autant plus que des salariés sont encore en congés. Il s’agit à la fois d’un événement soudain mais qui a également un caractère ordinaire pour les professionnels. On a fait un appel à volontariat dans les autres services de l’association et huit salariés sont montés à Roissy pour aller récupérer les Afghans en bus. Il y a un petit côté mission spéciale.

Pourtant, ce n’est pas la première fois. Accueillir 85 personnes c’est très modeste par rapport au nombre d’habitants de la métropole de Lyon. En 1999, on a accueilli 500 personnes du Kosovo, les années suivantes ça a été un bus de Palestiniens, puis les gens de Calais bien sûr. Il y a un caractère récurrent, tous les trois ou quatre ans.

L'AUTEUR
Oriane Mollaret
Oriane Mollaret

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