Immersive, c’est sûr. Anxiogène même, si vous êtes un peu claustro : la majorité de l’expo se tient entre des barreaux, dans des cages grandeur nature posées dans une salle du musée, aux grilles orange citrouille (ou carcéral) selon votre préférence.
L’entrée commence par un voyage en absurdie (pardon : un voyage dans la justice française), à travers un poteau de signalisation qui recense des condamnations : pour sorcellerie au 18ème siècle, avec bûcher comme punition, ou pour un vol de fromage, sanctionné par trois mois fermes. L’occasion de suggérer que la barbarie n’a pas disparu avec le Moyen-Age. Les bases posées, l’étape suivante vous mènera à une petite pièce où vous pourrez écouter les sons de la prison.
De la vie des prisonniers à la réforme du système pénitentiaire
Les deux cages suivantes s’ancrent sur la vie en prison. Plusieurs photoreportages donnent à voir les cellules désolées. Le plus étonnant reste les objets collectés qui témoignent de la créativité des prisonniers, qui elle n’a su être enfermée. Alambic maison, crucifix transformé en schlass, sextoy artisanaux, peintures, journaux et fanzines…
Après l’émotion, le seul espace libre de la grande pièce qui accueille l’expo pose une réflexion plus théorique sur les systèmes pénitentiaires existants, à travers des entrevues vidéos avec des chercheurs, des juristes, des psys.
La dernière cage mène vers la sortie et envisage la perspective de l’évasion. Car si le spectateur peut sortir du musée librement, le prisonnier, lui, reste confiné.
Une expérience théâtrale est aussi proposée, pour toucher du bout des sens la vie quotidienne des prisonniers. Nous n’avons pas eu le temps de la tester, trop absorbés par le reste de l’expo, déjà très fourni. Une chose est sûre : après avoir été encagé, on sort du musée en appréciant l’air libre et la vue du fleuve au loin.
Au Musée des Confluences, du 18 octobre 2019 au 26 juillet 2020.

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