Devant des amphis bondés de la faculté de médecine, il brocarde la lutte contre l’homophobie ou le racisme, tient des propos misogynes ou encore nie le scandale du Mediator. Avec la bienveillance de sa hiérarchie.
Pendant des mois, Mediacités a suivi les cours du professeur de Lyon Sud.
Ce 26 février 2019, il règne un petit parfum de printemps sur les hauteurs de Pierre-Bénite. Comme tous les mardis du second semestre, la journée est consacrée au séminaire « Santé, société, humanités » (SSH). Objectif : prodiguer une culture de base en sciences humaines aux futurs soignants.
L’intervention du jour, dans le cours de Gilles Freyer, s’attaque à un sujet pour le moins délicat : les conflits d’intérêts avec l’industrie pharmaceutique. Il l’est d’autant plus que la faculté Lyon Sud est loin d’être une bonne élève en la matière. Depuis deux ans, les mauvaises notes s’accumulent. Elle a été reléguée en 2017, puis en 2019, tout en bas du classement du Formindep, association pour une formation médicale indépendante au service des seuls professionnels de santé et des patients.
Selon lui, la préoccupation actuelle en faveur d’une réduction des liens d’intérêts entre médecins et industrie pharmaceutique relèverait d’une forme d’idéalisme manichéen à combattre :
« La bien-pensance est une opinion qui consiste à dire que les médecins sont sous influence idéologique et financière de l’industrie pharmaceutique. Or vous ne pouvez pas faire de recherches sur le médicament sans avoir de relations avec les industriels de médicaments », martèle-t-il.
Une « bien-pensance » que le cancérologue attaque à tout va. Le « féminisme radical » dont « l’un des mantras est de se laisser pousser les poils sous les bras », le « courant idéologique LGBT » porteur d’« extrémités invraisemblables » d’une « idéologie du genre », le « lobby médiatique très puissant » des partisans de l’euthanasie : ses cibles sont nombreuses et le cancérologue ne mâche pas ses mots pour les attaquer.
Dans son mail pour décliner la demande d’interview du site, la doyenne Carole Burillon indiquait toutefois que tout allait changer à Lyon Sud d’ici à la prochaine rentrée. En cause : la réforme en cours de la Paces. De quoi inquiéter le sulfureux Gilles Freyer ?
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