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Entre Gérard Collomb et LREM, une rupture consommée ?
Politique 

Entre Gérard Collomb et LREM, une rupture consommée ?

actualisé le 11/05/2019 à 10h21

Ce jeudi, pour Gérard Collomb, ça a été tout à la fois : « j’entends Emmanuel Macron qui a besoin de moi » et « non je ne vais pas au meeting de LREM à Lyon pour les élections européennes ». Le maire de Lyon et ex-ministre de l’Intérieur aime à se faire désirer tout comme il entend orchestrer les événements politiques quand ils se déroulent sur ses terres, à Lyon.

Mardi, Rue89Lyon avait posé la question de l’absence de Gérard Collomb sur le programme du meeting de la liste de LREM aux élections européennes, prévu à Lyon, ce jeudi 9 mai. Au sein du mouvement politique, on nous a pudiquement répondu depuis Paris que « bien sûr-évidemment », le maire de Lyon était invité, mais que des « problèmes d’agenda » non réglés à cette heure empêchaient de l’annoncer sur le planning.

Pas besoin de tourner autour du pot ni de maquiller la réalité, le premier concerné n’a lui-même pas boudé son plaisir en révélant qu’il s’agissait bien d’une volonté ferme de sa part de briller par son absence ce jeudi soir.

« J’étais prêt à répondre favorablement dès lors que les modalités d’organisation étaient définies en commun », dit-il. Comprendre : je viens si mes conditions sont respectées.

Sur sa page Facebook, Gérard Collomb a osé un « je n’ai pas été consulté pour la date » mais finit tout de même par lâcher que la présence au meeting de certaines personnes le décriant en permanence lui a posé problème.

On compte sans secret parmi eux Thomas Rudigoz, député LREM et ex-maire du 5e ; ou encore, prévu dans le service d’ordre, Stéphane Chassignol, ex-collaborateur de l’ex-Secrétaire d’Etat aux Sports, Thierry Braillard, et qui a pourtant su en son heure rendre de nombreux services en période de campagne à Gérard Collomb. Mais désormais, entre lui et ses ex-alliés, la haine est palpable.

Lors de la réunion de son groupe politique, jeudi à midi, Gérard Collomb aurait par ailleurs poussé un gros coup de gueule, exaspéré de voir tant de ses anciens fidèles lui savonner la planche en permanence.

Toujours ce jeudi 9 mai, le matin, au micro d’Europe 1, le maire de Lyon avait un peu roulé des mécaniques en expliquant qu’Emmanuel Macron -en personne- lui avait déclaré avoir besoin de lui. Le président de la République a en effet demandé à Gérard Collomb de se montrer au meeting de Lyon. Mais cela n’aura pas été suffisant pour le convaincre. Jusque 19h30 jeudi soir, les organisateurs l’ont attendu sans savoir s’il viendrait -avant de devoir enlever le carton portant son nom sur un siège du premier rang.

Au micro de cette même radio, le maire n’a pas même réussi à dire clairement qu’il voterait pour la liste Renaissance aux élections européennes, disant simplement qu’il ferait « en sorte que le Rassemblement national n’arrive pas premier », tout en conservant sa « liberté de ton ». Traduction ?

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Gérard Collomb, maire de Lyon, lors de la prise de fonction de Nicolas Jacquet, nouveau Procureur de la république de Lyon, au cours de l'audience solennelle de rentrée au tribunal de grande instance de Lyon. Mardi 5 février 2019. ©MG/Rue89Lyon

Gérard Collomb, maire de Lyon, lors de la prise de fonction de Nicolas Jacquet, Procureur de la République à Lyon. Mardi 5 février 2019. ©MG/Rue89Lyon

Le maire de Lyon exigeait également d’être le seul lyonnais à prendre la parole durant le meeting, en dehors donc des personnalités nationales venues spécialement (c’est à dire la ministre Muriel Pénicaud, ou encore le Secrétaire d’Etat Olivier Dussopt).

Impossible diplomatiquement et protocolairement de lui accorder pareille requête.

Le meeting de la liste Renaissance à Lyon n’a finalement pas réuni plus de 300 personnes. « Sans Gérard, difficile de ramener du monde », considèrent certains militants. Tandis que d’autres estiment qu’il s’agit d’un bon chiffre, au vu du peu d’enthousiasme que suscitent ces élections européennes.

David Kimelfeld, président de la Métropole, a quant à lui continué à tenir son rôle de premier de la classe.

Rappelons que quand il tracte, c’est bien aux couleurs de LREM, quitte à ce que ses potentiels soutiens à gauche le lui reprochent. Au meeting, il se rend, avec ou sans Gérard et sans tergiverser. Dernièrement, il est allé chercher le soutien du président Emmanuel Macron pour que Lyon soit le « pays hôte » (sic) du Wordskills France (une olympiade des métiers). Et l’a obtenu.

En vue des élections municipales et métropolitaines, vers lesquelles tous les regards se dirigent déjà tandis que les européennes peinent à mobiliser réellement, il faudra bien que le parti présidentiel LREM finisse par trancher. Et choisir à qui donner l’investiture : David Kimelfeld comme Gérard Collomb se sont déclarés candidats pour la présidence de la Métropole de Lyon. Sans les moyens d’un parti derrière l’un ou l’autre, difficile de faire campagne.

L'AUTEUR
Dalya Daoud
Dalya Daoud
Redchef à Rue89Lyon.

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