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Quoi dire de l’expression « une benallisation de la police »
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Ce sont des écrivains, des universitaires, des scientifiques, des experts, des intellectuels, des activistes, des personnalités reconnues dans leur domaine. Ils ont quelque chose à nous dire. Pour ouvrir le débat.
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Quoi dire de l’expression « une benallisation de la police »

Au sein de la Société d’étude des langages du politique (Selp), les enseignant.e.s-chercheur.se.s participent à de denses revues collectives tout comme ils et elles savent produire de courtes et percutantes analyses.

Cette association, qui a pour objectif de favoriser les échanges interdisciplinaires, se penchent comme son nom l’indique sur les discours du politique. Rue89Lyon ouvre ses colonnes à certaines d’entre elles -particulièrement connectées à l’actualité.

« Une benallisation de la police »

Mercredi 16 janvier, sur France Culture, l’écrivain David Dufresne reconnaît avoir parlé d’une « benallisation de la police ».

On ignore combien de temps cette « benallisation » dite et redite restera dans les mémoires mais, dans sa mise en circulation, l’expression illustre le dialogisme des formules à succès. Elle a d’ailleurs tout pour réussir, puisqu’au-delà de l’écho à son paronyme « banalisation », que le monde politico-médiatique emploie à tout propos, elle convoie des stéréotypes sociaux qu’elle contribue à révéler.

La dérivation dénominale présuppose une antonomase (les policiers sont des Benalla), laquelle réduit un individu considéré comme emblématique aux propriétés dont il est porteur – il a le profil du rôle.

« Un sbire embarrassant du pouvoir politique »

Le rôle, c’est l’utilisation illégitime de la force, la violence injustifiable et sans sommation (on n’est pas loin de la violence sadique…). Quant au profil, c’est celui d’un sbire embarrassant du pouvoir politique, second couteau abusant de la force « virile », dont les origines – « issu des cités » ou « de l’immigration maghrébine » – sont souvent rappelées.

Il n’en faut pas plus pour que la « benallisation de la police » ne prenne une connotation singulièrement péjorative : elle ne peut provenir que d’un nouveau monde (macronien) et range les gendarmes du côté des voleurs.

Un rappel implicite de la pensée où Pascal regrette que la force se soit arrogé la légitimité de la justice ?

Capture d'écran des auditions d'Alexandre Benalla devant le Sénat. ©Rue89Lyon

Capture d’écran des auditions d’Alexandre Benalla devant le Sénat. ©Rue89Lyon

Texte d’origine à retrouver ici. Titre et intertitres sont de Rue89Lyon.

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L'AUTEUR
Hugues Constantin de Chanay, professeur en Sciences du Langage à l'Université Lumière Lyon 2
Hugues Constantin de Chanay est professeur au département de Sciences du Langage de l'Université Lumière Lyon 2. Il travaille en sémantique et en analyse du discours, en intégrant aux discours les aspects non verbaux (images, intonations, gestes). Ses recherches portent tout particulièrement sur le discours politiques, notamment sur les débats d'entre-deux-tours des présidentielles françaises. Voir sa page personnelle sur le site du laboratoire ICAR.

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