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Météo à Lyon : regardez les températures augmenter depuis 1900
Environnement 

Météo à Lyon : regardez les températures augmenter depuis 1900

C’est le résultat de l’analyse de données météorologiques sur plus d’un siècle. Elle permet de mettre des chiffres sur une réalité qui fait de moins en moins débat : le réchauffement climatique. Et de voir que Lyon est la grande ville française où les températures ont le plus augmenté durant les quinze dernières années. 

 Qui se cache derrière cette enquête ?

Ce rapport a été produit par le European Data Journalism Network. Les partenaires du réseau sont, entre autres, OBC Transeuropa (Italie), J++ (Suède), Spiegel Online (Allemagne), Vox Europe (France), Pod Crto (Slovénie), Mobile Reporter (Belgique), Rue89 (France), Alternatives Economiques (France) et El Confidencial (Espagne).

L’enquête était doublée d’un questionnaire. À destination des municipalités et des métropoles, il les interrogeait notamment sur leurs actions face à ces hausses des températures. Rue89Lyon l’a transmis aux villes de Lyon et Grenoble ainsi qu’à la Métropole de Lyon et à Grenoble-Alpes Métropole. Aucune n’a répondu à ce jour

L’analyse de 117 ans de données météorologiques du Centre Européen pour les Prévisions Météorologiques à Moyen Terme met en évidence une tendance nette : les températures ont augmenté à Lyon. Spécialement depuis le début du siècle mais pas seulement.

Des températures qui augmentent depuis la fin des années 1980

Au 20e siècle la température annuelle moyenne à Lyon s’est établie à 10,4 degrés. Depuis l’an 2000, la température moyenne annuelle à Lyon (et Saint-Étienne, voir par ailleurs) s’élève à 11,5 degrés. +1,1° en moyenne annuelle sur les seules 17 dernières années.

évolution de la température à Lyon

Évolution de la température moyenne annuelle à Lyon depuis 1900. Graphique EDJN

En observant plus précisément le graphique, on remarque que cette hausse des températures est antérieure. Depuis 1988, la température moyenne annuelle à Lyon n’est jamais tombée en-dessous de celle du 20siècle.

Mais l’accélération est flagrante depuis le début du siècle et spécialement ces toutes dernières années. Ainsi, les années les plus chaudes à Lyon depuis 1900 furent 1920, 2003, 2011, 2014 et 2015.

Quatre fois plus de jours de canicule à Lyon

Autre indicateur parlant : le nombre de journées chaudes. Il s’agit de journées où la température moyenne est supérieure à 24°. Autrement dit, les jours de canicule. Au cours du 20e siècle, Lyon a connu en moyenne 3,6 jours de canicule par an. Depuis 2000, ce chiffre a grimpé à 11,5 jours de canicule en moyenne par an.

La canicule à Lyon depuis 1920

Moyenne de jours de canicule par an depuis 1920 à Lyon. Graphique EDJN

Parallèlement, les jours de grand froid ont eux diminué. L’analyse des jours de gel, ceux durant lesquels la température moyenne est restée en-dessous de -1°C, montre une diminution de l’ordre de 30% sur la période récente par rapport au siècle dernier.

Lyon a connu en moyenne 17,5 jours de gel par an au 20e siècle. Entre 2000 et 2017, la ville n’a connu en moyenne que 12,7 jours de gel.

Nombre de jours de gel à Lyon

Moyenne de jours de gel par an à Lyon depuis 1900. Graphique EDJN

Lyon dans le haut du panier européen des villes qui se réchauffent 

Le réseau européen de data journalisme a analysé les températures de 558 villes européennes, de la Finlande au Portugal. Avec une augmentation moyenne de +1,1°C de 2000 à 2017, la température à Lyon a augmenté au même rythme que les autres. Lyon est ainsi au 232e rang sur 558. 

Si l’on compare l’évolution des températures à Lyon par rapport aux 57 autres villes européennes de plus de 500 000 habitants analysées dans cette étude, Lyon est au 22e rang sur 58. La ville de Malaga en Espagne domine le classement et a connu une augmentation de sa température annuelle moyenne de +1,5°C depuis 2000.

Lyon reste toutefois la grande ville de France où les températures ont le plus augmenté. Paris, Strasbourg ou Marseille, premières grandes villes dans le classement derrière Lyon, ont connu une augmentation moyenne de +1°C.

En élargissant la comparaison à l’ensemble des villes françaises analysées dans cette étude (au nombre de 64), Lyon n’est pas la ville qui s’est le plus réchauffée. Celle qui a subi la plus importante augmentation de température est Avignon, où la température depuis 2000 est supérieure de 1,2°C à la moyenne du 20e siècle. Brest est celle qui a connu la plus faible augmentation (+0,3°C).

Lyon, plus forte augmentation de Rhône-Alpes

Dans la région Rhône-Alpes, l’étude a analysé les données de quelques grandes villes comme Annecy, Grenoble ou Valence. Lyon est la ville qui a connu la plus forte hausse qu’elle partage avec Valence (Drôme). Grenoble (Isère) a subi une hausse moins élevée (0,9%).

Hausse des températures en France

Classement des hausses de températures dans les grandes villes françaises. Graphique EDJN

Autour de Lyon, la hausse des températures sur ces quinze dernières années avoisine +1°C. C’est le cas à Roanne (Loire) avec (+1°C), Chalon-sur-Saône (+1,1%), Dijon (+1°C) ou Clermont-Ferrand (+1°C).

Hausse des températures en Rhône Alpes

Hausse des températures depuis 2000 dans les villes autour de Lyon. Graphique EDJN

Méthodologie de l’étude

L’EDJN a analysé deux jeux de données du Centre Européen pour les Prévisions Météorologiques à Moyen Terme (ECMWF sont ses initiales en anglais): ERA-20C pour la période 1900-1979 et ERA-interim pour la période 1979-2017.

Ces deux jeux de données sont des « réanalyses », ce qui signifie que les scientifiques de l’ECMWF ont utilisé une large palette de sources (satellites, stations météo, bouées, ballons météo) pour estimer une série de variables pour des carrés d’environ 80 kilomètres de côté (125 kilomètres de côté pour le jeu de données ERA-20C). Si les stations météo offrent de bien meilleures observations pour le temps présent, l’utilisation des réanalyses de l’ECMWF est bien plus adéquate pour des études de long-terme comme celle-ci. Les stations météo peuvent bouger ou, plus fréquemment, la ville peut s’étendre autour d’elles, ce qui rend leurs données peu fiables lorsque l’on s’intéresse aux tendances centennales. Cependant, les données de l’ECMWF ne prennent pas en compte les microclimats ou le phénomène des îles de chaleur, si bien que les véritables températures à Lyon sont probablement un ou deux degrés supérieures à celles indiquées dans ce document (la tendance est toutefois la même).