Habillage
Métropole de Lyon : la rentrée politique par petites touches de David Kimelfeld
Politique 

Métropole de Lyon : la rentrée politique par petites touches de David Kimelfeld

actualisé le 04/09/2018 à 12h49

L’an dernier, fraîchement couronné, David Kimelfeld avait emboité le pas de Gérard Collomb. Cette année, il n’a pas vraiment pris de chemin parallèle dans l’attente que l’ancien maire retrouve celui de Lyon. 

L’exécutif de la Métropole de Lyon trimballe la presse à travers le territoire et ses projets urbanistiques emblématiques. En bus s’il le faut. Tout le monde se raconte ses vacances pendant que des responsables de chantier vantent les méritent de leurs immeubles.

C’est une tradition de la dernière semaine d’août à Lyon : la visite des chantiers du président de la Métropole. Une visite qui est toujours l’occasion d’une rentrée politique grâce à une seconde tradition : l’interview le matin même dans les pages politiques du Progrès.

David Kimelfeld ne bouleverse pas la tradition

Cette année, la tradition « collombienne » n’a pas été rompue. Pas de bus en revanche mais une tournée des chantiers du quartier de la Part-Dieu à Lyon. Et pas beaucoup de commentaires non plus dans une situation politique qui semble figée pour le moment.

David Kimelfeld n’est pas libéré ni délivré de Gérard Collomb.

G. Collomb et D. Kimelfeld pendant les vendanges de la République des Canuts 2015. Sur le FB de D. Kimelfeld.

G. Collomb et D. Kimelfeld pendant les vendanges de la République des Canuts 2015. Sur le FB de D. Kimelfeld.

Difficile de faire autrement quand on doit sa place à l’actuel Ministre de l’intérieur et que ce dernier a déjà prévu de revenir pour 2020 et s’y prépare. Et qu’il faudra bien le soutien du parti En Marche et des soutiens locaux que verrouille Gérard Collomb pour des élections métropolitaines qui se feront au suffrage universel, une première.

Alors, le matin dans la presse il ne s’est pas vraiment hasardé à se démarquer de son mentor. Assurant que la majorité de ses décisions étaient celles prévues dans le plan de mandat de l’exécutif hérité de Gérard Collomb il y a un an.

Mais la question est celle de sa place une fois le patron revenu.

De dauphin désigné il y a deux ans à président déchu dans deux ans ?

Car les choses ont beaucoup changé en deux ans. En 2016, lors de la visite de rentrée David Kimelfeld venait tout juste d’être officiellement adoubé. Il était le dauphin désigné pour accompagner Gérard Collomb aux élections de 2020. Gérard à la Métropole, David à la mairie de Lyon. Et il avait la tête toute trouvée du futur maire de Lyon.

C’est aujourd’hui à la tête de la Métropole qu’il se trouve, cohabitant avec un autre potentiel dauphin déçu, Georges Képénékian, finalement assis dans le fauteuil de maire de Lyon.

David Kimelfeld ne renverse donc pas la table dont il ne connaît pas encore les cartes posées dessus. Il entend pour 2020 tenir une place centrale, jouer son « rôle de Président de la Métropole ».

« À ce poste, (…) je suis celui qui est le plus en capacité de travailler à l’élaboration d’un projet pour les prochaines années », déclare-t-il dans le Progrès.

Mais il ne dit surtout pas qu’il sera candidat. La meilleure façon de ne pas se faire couper la tête. Ou qu’il fera barrage à Gérard Collomb :

« J’ai toujours dit que s’il revenait avant la fin du mandat et qu’il souhaitait être président de la Métropole, je n’aurai aucune raison de lui contester cela ».

David et Georges, partenaires particuliers

David Kimelfeld, entre les immeubles Silex 1 ou Sky Avenue et les travaux de rénovations de la gare Part-Dieu, est ainsi resté dans ses traces. Pour la deuxième année consécutive, il est resté dans ce quartier emblématique et central de Lyon. Il le veut et le pense comme le « concentré des enjeux de développement économique, de développement durable, de logement et de mobilité de la Métropole ».

Rester dans Lyon sans en sortir. Une différence peut-être fortuite avec les visites de Gérard Collomb qu’a toutefois notée Georges Képénékian le maire de Lyon. Présent comme l’an dernier, il a cette fois pris la parole. En parfaite adéquation avec son ami David, il entend voir émerger dans ce quartier « ce que sera la ville en 2030 ». Et éviter que ceux qui s’aventurent à la Part-Dieu continuent de se « mettre en apnée » pour le traverser.

Le parking démoli du centre commercial de la Part-Dieu à Lyon

Les travaux de démolition du parking du centre commercial de la Part-Dieu en août 2018. Photo BE/Rue89Lyon

Lui et David Kimelfeld, le sont davantage sur le plan politique. Le président de la Métropole marque toutefois par petites touches sa différence. Il donne plus volontiers la parole aux quelques élus présents ou du moins la monopolise moins. Dans la presse le matin, il avait doucement insisté sur les différences de style ou d’état d’esprit avec Gérard Collomb : demandant « plus d’attention envers les plus fragiles » ou prônant une accélération « face à l’intensité du changement climatique ».