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A Lyon, la fonction publique en marche ce 22 mars

actualisé le 22/03/2018 à 17h53

[Article mis à jour régulièrement] Au vu de la longue liste des secteurs de la fonction publique appelés à faire grève et à manifester, du monde était annoncé dans la rue ce jeudi 22 mars.

Le rendez-vous n’a pas été manqué. A Lyon, la manif a rassemblé entre 9 200 (selon la police) et 15 000 personnes (selon la CGT). Soit 3 000 personnes de plus que le 10 octobre, lors de la précédente journée nationale d’action sur le sujet.

Le cortège est parti à 11h de la place Bellecour et a rallié la préfecture du Rhône en remontant la rue Edouard Herriot puis en descendant le quai Augagneur.

En matière de mouvement social, ce 22 mars 2018 sonne comme la fin de l’hibernation. 50 ans après le début du mouvement de Mai 68. Après l’échec cet automne de la mobilisation contre les ordonnances réformant le code du travail, ce sont les fonctionnaires qui reprennent le flambeau. Au menu, diverses raisons :

  • défense du statut de fonctionnaire,
  • augmentation des rémunérations et des effectifs.

Cette fois-ci, outre les différentes fonctions publiques (territoriale, d’Etat et hospitalière), les cheminots sont aussi de la partie. Les salariés de la SNCF, notamment la CGT cheminots, sont davantage montés à Paris où une manif nationale a lieu.

La banderole de tête de la manif du 22 mars à Lyon "pour la défense du statut et du service public". ©LB/Rue89Lyon

La banderole de tête de la manif du 22 mars à Lyon « pour la défense du statut et du service public ». ©LB/Rue89Lyon

 A l’hôpital comme à Pôle emploi, « pour la défense du service public »

Les agents hospitaliers, principalement des HCL, avaient les honneurs de la tête du cortège lyonnais. Si les urgentistes de Lyon-Sud ont suspendu leur grève, ceux et celles de l’hôpital Edouard Herriot (HEH) poursuivent leur mouvement entamé le 2 février. Les infirmières et aides soignantes, particulièrement mobilisées à HEH ont occupé lundi dernier les bureaux de la direction des HCL.

« La direction campe sur ses positions. On campe dans leurs bureaux. On s’est fait virer par la police. C’est leur conception du dialogue social », commente un syndicaliste de SUD.

Il poursuit :

« Il n’y a plus d’argent pour les hôpitaux. Les moyens et les effectifs baissent. On nous répond que pour satisfaire les besoins des urgences, il faudra prendre du personnel dans les autres services ».

Pierre-Yves Gullier, syndicaliste SUD de l'hôpital Edouard Herriot devant le cortège hospitalier le 22 mars à Lyon. ©LB/Rue89Lyon

Pierre-Yves Gullier, syndicaliste SUD de l’hôpital Edouard Herriot devant le cortège hospitalier le 22 mars à Lyon. ©LB/Rue89Lyon

Pour comprendre la grève des urgences lyonnaises, lire :
« Infirmière à l’hôpital Edouard Herriot, je vous raconte ma nuit aux urgences »

Derrière les hospitaliers, se positionnait la fonction publique territoriale avec, en force, le cortège de la CGT qui formait les deux tiers de la manifestation. Richard Delauzun, secrétaire du syndicat CGT Ville de Lyon explique le malaise chez les agents de la collectivité :

« On connaît une telle baisse des effectifs que les directions ont de plus en plus de mal à faire tourner les services. Cela se traduit par une augmentation de l’absentéisme, notamment dans les écoles et les crèches. Et comme il faut faire le travail, on embauche des contractuels précaires ».

En queue de cortège, on retrouvait un petite groupe de territoriaux CFDT, notamment des agents de la Ville de Villeurbanne.
Alors que la CFDT n’appelle pas à manifester, la permanente syndicale Sylvie Bessat et ses collègues tenaient à battre le pavé lyonnais :

« Si Laurent Berger [le secrétaire de la CFDT, ndlr] voit que la base se mobilise, il changera peut-être d’avis. C’est bien beau de dire qu’on n’est pas d’accord. Il faut le montrer. »

la permanente CFDT, Sylvie Bessat, au centre, entourée de la section Ville de Villeurbanne de la CFDT. ©LB/Rue89Lyon

la permanente CFDT, Sylvie Bessat, au centre, entourée de la section Ville de Villeurbanne de la CFDT. ©LB/Rue89Lyon

La logique de « casse du service public » est également à l’oeuvre chez Pôle emploi, affirme Magalie :

« On marche sur la tête. Depuis la fusion, toutes les études ont montré que Pôle emploi est deux fois plus efficace et moins cher que les sous-traitants. Mais on continue à faire appel à des prestataires extérieurs ».

Cette syndiquée à la CGT redoute surtout la prochaine réforme de l’assurance-chômage portée par la ministre du travail :

« On assiste à une mise à distance de l’usager. Aujourd’hui, avec le tout numérique, on laisse des personnes sur le carreau. Demain, on va transformer les conseiller en insertion en contrôleur, c’est à dire en flic, alors que les usagers attendent du soutien ».

« Contre la sélection à l’université »

Les syndicats lycéens (UNL) et étudiants (Unef et Solidaires étudiants), qui protestent contre les réformes de l’université (Parcoursup) et du bac, appelaient également à se joindre aux cortèges.

Ce jeudi matin, le campus des quais du Rhône de l’université Lyon 2 a même été bloqué. Tous les cours ont été annulés sur décision de la présidence.
Dans la manif, un cortège de plus de 500 personnes a regroupé des étudiants et des lycéens derrière une banderole « insélectionnable ».

"Insélectionnable". La banderole du cortège étudiants et lycéens. ©LB/Rue89Lyon

« Insélectionnable ». La banderole du cortège étudiants et lycéens. ©LB/Rue89Lyon

Parmi ces manifestants, une centaine a tenté de partir en manif sauvage dès la fin du parcours, au niveau de la préfecture, quai Augagneur. Vers 12h30, un groupe a descendu les marches pour se rendre sur le bas port. Très rapidement, la police est intervenue en tirant des grenades lacrymogènes. Le groupe s’est dispersé. Il n’y a pas eu d’interpellation.
Une demi-heure plus tard, sur le pont Wilson, ce sont quelques dizaines de lycéens et étudiants qui se faisaient contrôler sur le pont Wilson, momentanément bloqué par les gendarmes mobiles.

Ecoles, trains, avions, hôpitaux,… en grève

Voici une liste non exhaustive de secteurs concernés par un mouvement de grève et les effets attendus.

    • Dans la région, la SNCF prévoit 1 TER et 4 TGV sur 10. Il s’agit d’une première journée d’action contre la réforme de l’entreprise publique, avant la grève perlée prévue pour début avril.
    • Dans l’Éducation nationale, plusieurs écoles élémentaires devraient être fermées. Le SNUipp (1er syndicat), annonce 1 professeur sur 4 en grève dans les écoles maternelles et primaires. Les enseignants du secondaire sont également mobilisés sur la question du statut de fonctionnaire. Le Snes évoque le chiffre de 40% de grévistes dans le secondaire. Le rectorat a également communiqué ses chiffres (Académie de Lyon, donc) : « moyenne enseignants premier degré : 13,26 % et moyenne enseignants second degré : 11,15% ».
    • A Lyon, 121 restaurants scolaires sont fermés, selon Lyonmag. Seules 33 cantines fonctionnent normalement et 46 écoles assurent l’accueil de midi sous forme de pique-nique.
    • Dans les Ehpad et les hôpitaux, qui connaissent des mobilisations depuis près de deux mois (notamment aux urgences), les personnels devraient être réquisitionnés.
    • les contrôleurs aériens de la Direction générale de l’aviation civile (DGAC) sont également appelés à cesser le travail. Conséquence : la DGAC annonce 30% de vols annulés pour la journée de jeudi.

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