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12 concerts pour débuter l’année à Lyon
Cultures 

12 concerts pour débuter l’année à Lyon

actualisé le 23/01/2018 à 15h33

La trêve des confiseurs à peine achevée, la dinde à peine digérée voilà que redémarre déjà la saison des concerts. Pour vous éviter une autre indigestion, nous avons sélectionné pour vous, d’une main innocente, incontournables et découvertes de cette nouvelle année.

1. Bertrand Burgalat & AS Dragon

Avec l’album Les Choses qu’on ne peut dire à personne, le gentleman de la pop française et patron plénipotentiaire du label Tricatel a effectué l’an dernier un retour plutôt magistral, se livrant paradoxalement comme jamais. Musicalement, où le spectre burgalatien (comme on dirait martien) s’étend de la pop à la bossa, de l’électro à l’easy listening, ou au cœur de ses textes, rappelant parfois le Présence humaine de Houellebecq. Une bonne nouvelle qui en amène une autre puisque le maître se produira en concert avec son groupe de (presque) toujours : les redoutables AS Dragon.

Au Sonic le mercredi 24 janvier (avec Catastrophe)

2. Pierre Lapointe

« La science du cœur est un objet d’abstraction propulsée par la volonté qu’ont les gens tristes à se laisser toucher » chante Pierre Lapointe en ouverture de son album La Science du cœur. Cette science, c’est peu de dire que le Québécois la maîtrise à la perfection tant dans l’abstraction que dans l’uppercut (des textes oscillant entre le perché et le trivial), sa manière de cueillir les gens tristes et de propulser les plus grands élans à coups de cordes, de jouer les éléphants dans un magasin de porcelaine ou les amants de faïence. Si un tel deal était possible, on échangerait volontiers au Québec le seul Lapointe contre les trois-quarts du cheptel de la chanson française et la rançon de Garou.

Au Toboggan le dimanche 4 février

3. Nada Surf

Quand viendra l’heure du jugement dernier et du grand classement, possible que Nada Surf soit relégué en deuxième division, qu’une fois la postérité passée il ne reste de ce groupe qu’un tube à se démonter la cervelle qui le plaça trop vite trop haut, et ironiquement baptisé Popular. C’est peut-être parce que Nada Surf est un groupe fort sous-estimé, à l’image de ce Let Go, dont le groupe fête les 25 ans sur scène, collection de petites bombes indés et de ballades inoubliables (Blonde on Blonde, Inside of Love) qui témoigne de la grandeur des New-Yorkais. Pour beaucoup de ceux qui ont eu vingt ans au mitan des 90’s, Let Goreprésente beaucoup et cela la postérité ne l’enlèvera pas.

A l’Epicerie Moderne le vendredi 9 février

4. Baxter Dury

On l’a souvent dit, Baxter Dury avait déjà vraiment tout du crooner un peu schlass, les jambes cotonneuses et la diction capiteuse du mec revenu de tout (et notamment de soirée), il fallait en plus qu’il se fasse larguer par madame. Et voilà notre Baxter transformé en prince des larmes, sur un disque, Prince of Tears, ne tenant même pas tout à fait lieu de thérapie, juste d’état des lieux – et puis il faut bien s’occuper. Mais même dans la douleur, Dury reste le plus cool d’entre tous, le plus chaloupé des gentlemen cambrioleurs de cœur. Du genre à séduire la moitié de l’assistance d’un claquement de doigts avant d’aller pleurer de désespoir aux toilettes.

À l’Épicerie Moderne le jeudi 1er mars

5. Pendentif

Avec Granville, La Femme, Aline, Cracbooms et quelques autres, Pendentif fut en 2013 l’un des fers de lance d’une certaine idée de la french touch, mélangeant langue française, thématiques naïves et influences anglo-saxonnes. On n’a pas des nouvelles de tout ce petit monde, mais voilà que les tubesques Pendentif reviennent à la charge avec un nouvel album qui les rend en partie méconnaissables derrière l’autotune – et si l’on y trouve toujours des plages, elles sont électro.

Au Sirius le mercredi 7 mars

6. Julien Barbagallo

C’est Julien Barbagallo dit « Barbagallo » qui a l’honneur d’inaugurer – en tout cas pour l’instant – la volonté du Groom d’ouvrir en ce début d’année 2018 sa programmation à la chanson d’expression francophone – dire « chanson française » alimenterait un quiproquo. Une transition parfaite tant le batteur de Tame Impala et auteur de Grand Chien a bâti un magnifique souterrain entre l’indie pop psychédélique et une forme de chanson, certes partagée avec ses amis d’Aquaserge ou de Forever Pavot, mais pas tout à fait comme les autres : pleine de formes étranges mais ô combien séduisante.

Au Groom le vendredi 9 mars

7. The Soft Moon + Jessica93

Si l’on peut imaginer quelque part la présence de la lune, elle est tout sauf douce dans l’expression musicale de The Soft Moon. Comme nombre de groupes de San Francisco, la formation de Luis Vasquez semble ravaler ses tourments derrière un mur de son qui les recrache dans la brume. Cold Wave et dansant, déprimant et flippant, voilà The Soft Moon qu’accompagnera dans un autre genre, le chantre d’une radicalité ad hoc : Jessica93.

À l’Épicerie Moderne le vendredi 16 mars

8. Klô Pelgag

À force d’écouter les groupes francophones en provenance du Québec ou les fantaisies existentielles de Pierre Lapointe, on en vient à se demander si la Nouvelle France ne serait pas simplement une autre planète, cette « Sainte étoile thoracique » évoquée par Klô Pelgag, où pousseraient des « ferrofluides-fleurs », « des mains d’Edelweiss ». Et quelque chose comme une langue de chanson inédite, à découvrir dans la bouche de cette excentrique Pelgag qui n’a pourtant rien d’un gag.

À la Comedie Odéon le dimanche 18 mars

9. Franz Ferdinand

Même si le groupe écossais s’est offert une parenthèse enchantée aux côtés des Sparks (FFS), voilà quatre ans que les fans attendent un nouvel album de Franz Ferdinand. L’attente sera comblée le 9 février avec la sortie d’Always Ascending, dont le single éponyme publié en amont laisse entendre dans un nuage de riffs et dans la syncope funk-blanc qui est la marque de fabrique de FF, une légère conversion à l’électro et au voyage spatial. La Salle 3000 ayant des airs de soucoupe volante nul doute que l’idée de décollage devrait prévaloir.

À l’Amphi 3000 le mercredi 21 mars

10. Calexico

On oublie parfois que derrière les mexicaneries et les embardées mariachis, Calexico cultive un art du songwriting qui n’appartient qu’à lui. Et que le groupe a habilement mis à l’épreuve sur The Thread that keeps us, son prochain disque imminent,  l’exploration des angoisses de notre société sans jamais y sombrer totalement. À l’image des deux premiers singles qui en ont été extraits cet automne, le dylanien Voices in the field et End of the world with you. Quant à retrouver Calexico sur scène, c’est toujours la promesse d’une transe, évoquerait-elle la fin du monde.

À l’Épicerie Moderne le jeudi 22 mars

11. The Limiñanas

C’est encore un des albums très attendus de ce début d’année. La confirmation pour The Limiñanas des espoirs entrevus avec leurs précédents disquesMalamore. Parce qu’Anton Newcombe de Brian Jonestown Massacre est à la réalisation et que le premier extrait hypnotique, baptisé Istanbul is Sleepy, avec Newcombe justement au micro saturé, laissait entrevoir la possible tuerie. Elle le sera aussi sans doute sur scène et l’on serait presque étonné de voir The Limiñanas programmé aux Chants de Mars. À moins que le festival n’ait voulu, en invitant les garagistes perpignanais, rendre davantage hommage au Dieu de la guerre qu’au printemps.

À l’Épicerie Moderne (dans le cadre du festival Chants de Mars) le samedi 24 mars

12. Kamasi Washington

Après avoir fait le tour de tout ce que l’électro comptait de pères fondateurs, Nuits Sonores a choisi cette année pour son éminent concert spécial, de se tourner vers le jazz. Mais pas n’importe quel jazz ; celui de Kamasi Washington, une sorte de caméléon du saxophone, véritable phare de la nouvelle génération explosant les frontières du genre dans ses nombreuses collaborations ou jouant avec les limites de la composition traditionnelle sur ses albums personnels, qui ne se ressemble que par le souci d’une ambition musicale démesurée.

À l’Auditorium (dans le cadre de Nuits sonores) le mardi 8 mai

Par Stéphane Duchêne sur Petit-Bulletin.fr


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