Face à sa caméra, des demandeurs d’asile qui commencent le très long parcours pour tenter d’obtenir le statut de réfugié.
Antoine Dubos est très sensible à la question de la demande d’asile et des migrations, travaillant par ailleurs sur le projet d’un film sur les mineurs isolés.
Il explique le projet du film :
« Le quotidien des personnes en transit se joue dans l’incertitude. Suspendus entre la demande d’asile et les premières réponses de l’administration. Ils sont coincés entre ce qu’ils ont quitté et ce qu’ils espèrent. Ils ne peuvent rien construire et rien entreprendre. C’est l’attente. »

Le centre de transit : une des portes d’entrée vers la demande d’asile
Le centre de transit accueille à plus de 50% des personnes soumises au protocole Dublin III, selon lequel le demandeur d’asile doit faire sa requête dans le pays par lequel il est entré dans l’Union Européenne. Par conséquent, certains vont repartir pour la Grèce, l’Italie ou tout autre pays par lequel ils sont arrivés.
Les autres seront, pour la plupart, hébergés dans des centres d’accueil (CADA) jusqu’à la décision de l’Ofpra qui délivre ou pas le statut de réfugiés.
Dans l’agglomération lyonnaise, le centre de transit Forum Réfugiés est réparti sur deux sites : un à Villeurbanne, l’autre dans le 3ème arrondissement de Lyon. C’est dans celui de Lyon qu’Antoine Dubos a tourné.
TRAILER – L’attente – Un documentaire d’Antoine Dubos from antoine dubos on Vimeo.
Il a filmé durant quinze jours, de façon intensive, les personnes qu’il a pu rencontrer, avant qu’elles ne prennent un nouveau chemin selon la réponse de l’administration.
Plusieurs nationalités se côtoient au centre de transit : Kosovars, Albanais, Syriens, Soudanais…
« Ce n’est pas l’image d’Epinal de la tour de Babel. Cela peut parfois provoquer des tensions. »
Contrairement aux préjugés souvent véhiculés, ce ne sont pas que des hommes seuls qui résident en ce centre. Antoine a rencontré beaucoup de familles, avec des enfants, des bébés.
Filmer la cuisine
Un lieu tient une place importante dans ce film : la cuisine. Là où l’on mange, mais également là où l’on parle et où les rencontres se font.

Plusieurs personnalités ont particulièrement marqué le réalisateur. Un jeune Soudanais, quelqu’un de « passionnant ». Et puis, des Angolaises, qui n’apparaissent pas dans le film :
« Seules avec des enfants en bas âge, elles se débrouillaient pour faire face aux démarches administratives malgré leur non-maîtrise du français. J’étais vraiment admiratif de leur courage », souligne Antoine.
Le film racontera ces destins suspendus, le temps de l’attente.
> Antoine Dubos a lancé une campagne de crowdfunding afin de finaliser son webdocumentaire qui devrait sortir à l’automne.
> Vous pourrez le visionner sur Rue89Lyon.

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