Il n’a étonnamment pas fait le choix de se taire. Sur ce dossier judiciaire qui fait l’effet d’un tremblement de terre à Fourvière, et dans lequel il fait l’objet d’une enquête pour « non dénonciation de crime », le cardinal Barbarin a tenu des propos quelques peu étonnants dans Le Parisien, daté de ce jour.
A la question « Que répondez-vous aux victimes du père Preynat ? », l’archevêque de Lyon répond :
« En 2007, ce sont des bruits qui courent et ce sont des faits très anciens. Je n’ai vu personne à ce moment-là. Quand, en 1991, le prêtre a été déplacé dans une autre paroisse, je ne suis pas archevêque, je ne suis pas en responsabilités. Et à l’époque, il y a vingt-cinq ans, il ne faut pas oublier qu’on est dans une autre mentalité par rapport à la pédophilie. »
Une autre mentalité ? Nous étions en 1991, pas dans le Paléolithique.

Tandis qu’il est au coeur d’une enquête pour « non-dénonciation » d’agressions sexuelles commises sur de jeunes scouts vers la fin des années 1980, par le prêtre Benoît Preynat, le cardinal Barbarin répond ainsi à la question « Avez-vous pensé en 2007 à prévenir les autorités judiciaires ? » :
« Je n’y ai même pas pensé. Encore une fois, j’entends dire des choses sur le passé du prêtre mais c’est tout. »
L’archevêque fait donc l’objet d’une enquête préliminaire, tout comme l’ensemble de la hiérarchie du diocèse de Lyon ainsi que d’autres hauts cadres religieux qui étaient de la même façon informés. Dans cette même interview, le cardinal Barbarin écarte l’éventualité de la démission, malgré les propos tenus par le Pape sur la conduite à tenir par la hiérarchie religieuse en cas d’affaire pédophile découverte.
«La démission, pour moi, n’est pas d’actualité. Si je suis […] « occasion à scandales », alors on verra», a aussi dit Philippe Barbarin.
Devons-nous comprendre qu’une décision de justice le condamnant éventuellement ne serait qu’une « occasion à scandales », pour faire la Une des journaux, une forme de vindicte et de pression à laquelle il cèderait finalement ?
Dans un autre entretien donné au journal La Croix, avant l’enquête ouverte pour « non-dénonciation », le cardinal avait déjà tenu des propos hallucinants, pour justifier le fait d’avoir laissé le père Preynat exercer auprès d’enfant, alors même que ses agissements étaient connus et avoués. Dans ce quotidien, il avait même tenu un autre propos : il a dit avoir rencontré en 2007 le père Benoît, tandis que dans Le Parisien de ce jour, il assure n’avoir rencontré personne à ce moment.
En direction des victimes, l’archevêque a déclaré qu’il pensait à elles chaque jour.

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