Il est le « meilleur apprenti de France » dans la section bois, mais pour recevoir la médaille, ça aura été toute une affaire. Armando a d’abord été prié de rester chez lui pour réceptionner sa récompense… par la poste. Mais suite à une mobilisation citoyenne, il a finalement pu se rendre au Sénat.
Arrivé en France il y a trois ans, le jeune homme a d’abord bénéficié du statut de mineur isolé. Installé dans la Loire, il est, depuis ses 18 ans, sous le coup d’une obligation de quitter le territoire français (OQTF).
Malgré tout, il suit un cursus scolaire et c’est à Saint-Etienne qu’il a obtenu son CAP menuiserie. Il s’est ensuite installé dans l’agglomération roannaise où il est inscrit au lycée pour y décrocher son bac pro.
Avec l’appui de Cécile Cukierman (PCF) et de Maurice Vincent (PS), sénateurs de la Loire, plusieurs démarches ont été lancées pour qu’Armando Curri assiste à la réception officielle. Les médias se sont emparés de son histoire. Les administrations concernées ont été acculées, devant la situation administrative d’un jeune étranger représentant, par le biais de son titre, l’excellence artisanale française.
Une autorisation à rester en France de… trois mois
Le cabinet du président du Sénat, l’UMP Gérard Larcher, a vainement tenté de se dédouaner, selon des termes rapportés par l’AFP :
« Le Sénat n’intervient pas dans le choix de la délivrance de cette médaille qui relève exclusivement de la SMOF (la société des meilleurs ouvriers de France, ndlr). Il ne peut accueillir en son sein une personne en situation irrégulière pour la cérémonie de remise ».
Suite à la mobilisation citoyenne amplement relayée par les réseaux sociaux et l’intervention d’élus, la préfecture de la Loire a finalement délivré au jeune Albanais une autorisation provisoire de séjour. De trois mois. Ce qui lui a finalement permis de mettre les pieds au Sénat et d’y recevoir sa médaille d’or.
Mais pas suffisant pour de nombreux soutiens d’Armando. La mobilisation s’est poursuivie sur Internet, via notamment une pétition lancée sur le site wesign.it. Ses instigateurs demandent à ce qu’Armando obtienne une autorisation de séjour permanente et qu’il puisse travailler en toute légalité une fois son bac en poche. La pétition a atteint ce mercredi plus de 8500 signataires.


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