« Ce n’est rien de plus que de la censure ; notre spectacle a été mis sur la touche. Depuis quand un maire, selon son bord politique, aurait-il un droit de regard sur les spectacles? Ces choix ne sont pas objectifs. Tout ça n’a rien à voir avec des décisions artistiques, ce sont des choix idéologiques et politiques ».
Ce sont les propos tenus à nos confrères de 20minutes par un des metteurs en scène déprogrammé du centre Théo Argence, théâtre municipal de Saint-Priest, simplement furieux.
La nouvelle municipalité de droite, en place depuis le mois de mars, a ainsi décidé de balayer le travail effectué depuis des mois par l’équipe du théâtre, ne conservant au final que six spectacles régionaux.
« La mairie souhaite désormais un théâtre plus populaire, explique aussi l’un des comédiens de la Fabrique (atelier qui propose des travaux avec les habitants, épargné par la vague de déprogrammation, ndlr). On n’a guère eu de précisions si ce n’est que les spectacles proposés étaient considérés comme élitistes. »

Sur 38 oeuvres initialement prévues sur la saison prochaine, 18 seulement ont été retenues par la mairie. A France 3, l’adjointe à la Culture, Catherine Laval, a déclaré, sans rire :
« Nous avons décidé de revoir légèrement la programmation du théâtre. Les habitants de la ville ont laissé entendre que la programmation leur déplaisait et qu’ils ne s’y retrouvaient pas vraiment. «
L’un des spectacles programmés dans le cadre de la Biennale de la danse, l’un des plus gros événements culturels de l’agglomération lyonnaise, a été annulé. Il devait être donné par le centre James Carles de Toulouse. Selon 20minutes, les équipes de la Biennale auraient demandé des comptes à la mairie de Saint-Priest, et attendent toujours une réponse.
Face à « l’ampleur de l’inquiétude relayée par les médias et les réseaux sociaux », les élus d’opposition, par le biais de leur président, Daniel Goux, ont finalement pris une parole officielle, parlant de « régressions pour la ville ». Eux évoquent également la possibilité d’une fermeture de la Fabrique pour cet été.
Cette première action politique visible de la nouvelle mairie en place, touchant le champ culturel, évoque ce qui se passe par ailleurs à l’Opéra de Saint-Etienne, ou au théâtre de Roanne. Et pour des salles de concerts, dans d’autres villes en France où la droite a pris les manettes.
> Mis à jour avec le courrier des élus d’opposition du conseil municipal d’opposition, ce mercredi 25 juin à 17h30.

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