A un moment, tout le monde aurait fini par baiser avec tout le monde. A la dernière page, la seule étudiante restée « Tinder-free » finirait par pratiquer une fellation dans les toilettes de la faculté à un footballeur sans âme.
Tinder, c’est la nouvelle appli de rencontres cool, ludique et innovante, qui a comme caractéristique de pousser très vite à la rencontre physique.
En France, où elle est utilisée comme un générateur de plans cul (mais peut aussi déboucher vers des relations plus durables), elle se révèle aussi cruelle, élitiste et abrutissante qu’une confrérie américaine. Les prénoms des personnes interrogées ont été américanisés pour l’atmosphère.

Tinder est hype
La preuve avec Samantha, 33 ans. Jolie, mince, bien sapée. A la fois tendre et un peu branchée – elle aime la très bonne bouffe et la musique pointue.
« Sam » n’a jamais fréquenté les sites de rencontre traditionnels qui collent la « lose ». Elle raconte ce moment glauque où tu dois « marketer » ton corps et ta vie et t’inventer un autre toi (et ensuite te demander si tu préfères les hommes poilus et si tu vas supporter un type qui adore la voile).
Tinder n’a pas posé problème. Tous ses potes étaient déjà dessus. Elle parle d’une « grande chaîne de décomplexion » et on imagine des milliers de célibataires branchés qui se prennent la main.
Megan, 18 ans, dit la même chose : c’est tellement rapide et simple de s’inscrire dessus qu’on ne peut rien en déduire sur la personne qui le fait. Et certainement pas une grande solitude :
« Le site AdopteUnMec.com, ça fait fille en chien [en manque, de sexe en l’occurrence, ndlr]. Là, c’est juste un réseau social de plus. Y être, cela donne une image de fille connectée, de fille dans le mouvement. »
(Brenda, Parisienne venue du Nord de 31 ans, tempère : auprès de certains publics, parents et copines d’enfance, c’est difficilement assumable.)
Du coup, Tinder regorge de gens beaux et branchés, même si les photos Facebook survendent les profils. Deux membres d’un groupe de musique parisien électro-rock un peu à la mode sont dessus (vus). Tout ceci est le résultat d’une stratégie marketing très étudiée et efficace.

Vous pouvez faire vivre un autre journalisme à Lyon : aidez-nous à réunir 15 000 euros avant le 4 mars pour continuer à vous informer en 2027. Pour cela, deux choses sont possibles : l’abonnement ou le don.
À quoi servira votre soutien ?
> 15 000 euros : nous continuerons à vous informer en 2027.
> 20 000 euros : nous pérenniserons notre newsletter politique Mairie à tout prix.
>30 000 euros : nous embauchons un quatrième journaliste avec un même objectif : informer, enquêter, révéler, et défricher des terrains où les autres médias ne vont pas.
Tous les moyens sont bons ! N’hésitez pas à partager notre campagne ou à donner à Rue89Lyon.



Chargement des commentaires…