président du Sytral (l’autorité organisatrice des transports en commun lyonnais) en le huant copieusement.

Le président du Sytral, Bernard Rivalta à la réunion publique de concertation sur la ligne C3. Photo : Ugo Moret/Rue89Lyon
Par Ugo Moret et Laurent Burlet
55 000 voyageurs par jour et des problèmes qui s’accumulent. Les usagers du C3 (la ligne qui relie Saint-Paul (5e arrondissement) et Vaux-en-Velin) devront toutefois attendre 2017 pour voir une amélioration. Alors que, apparemment, le prolongement des lignes de tram pour aller jusqu’au futur Grand Stade de l’OL fait partie, lui, des chantiers prioritaires.
Le message du collectif des usagers en colère, « C3 c’est trop », est limpide : le Sytral (l’autorité organisatrice des transports en commun lyonnais, les TCL) les a oubliés.
Les dysfonctionnements ne sont pas nouveaux : les bus ont le plus grand mal à circuler sur la portion située entre le pont Lafayette et le pôle multimodal Laurent-Bonnevay.
Résultats : des durées du trajet qui s’allongent, des surcharges de passagers et des fréquences de passage non respectées. En fin de ligne, certains n’ont même pas leur arrêt desservi. D’autres doivent attendre deux à trois fois plus que le temps prévu par les TCL.
La faute au Grand Stade ?
Il n’y a pas que les usagers qui sont conscients de ces problèmes. Le Sytral avait prévu dans son plan de mandat 2008/2014 l’aménagement d’un double site propre pour que la circulation des bus ne soit plus entravée par les voitures. Mais le projet a pris du retard.
Zémorda Khelifi, représentante du collectif « C3 c’est trop » dénonce ces retards, qu’elle impute au Grand Stade :
« Les travaux du prolongement du T3 vers le Grand Stade ont été décidés bien après ceux du C3, et eux sont déjà en marche (ils seront peut-être retardés pour des raisons juridiques, ndlr). Cela fait 15 ans qu’il est question d’améliorations de cette ligne et que rien n’est fait. Le Grand Stade a été privilégié pour des raisons économiques ».
Lors de la réunion publique de concertation sur le C3, organisée par le Sytral, son président, Bernard Rivalta, a pu répondre à ces utilisateurs en colère.
Selon lui, le prolongement de la ligne T3 n’a pas été uniquement décidé en vue de la construction du Grand Stade. Le but est de relier le nouveau prolongement hypothétique du T2 (qui a déjà été poussé jusqu’à Eurexpo depuis novembre dernier) avec le T3. Et former ainsi une boucle avec ces deux lignes de tramway qui permettrait une circulation «giratoire et fluide». Bernard Rivalta a tenté l’ironie :
“Il y a ceux qui ont une vision globale, et ceux qui ne l’ont pas.”
Le président du Sytral part sous les boulettes de papier
La réplique n’a pas été du goût des usagers qui ont hué le président. Ce dernier a préféré quitter la salle de conférence, sous les jets de boulettes de papier, refusant de répondre aux dernières questions.
Avant son départ, Bernard Rivalta a rejeté une quelconque faute de sa part. Il a renvoyé la patate aux municipalités traversées par le bus :
« Moi je sais faire des transports en commun, à eux de faire les arbitrages concernant la circulation automobile, la place des piétons et le stationnement. On n’est pas les ayatollahs du transport. »
Le président du Sytral a également rejeté toute idée de tramway que certains portent, notamment des élus Europe-Ecologie Les Verts.
Rien avant les municipales de 2014
Le problème de l’aménagement d’une double voie réservée au bus est complexe. Une double voie demande en effet une largeur moyenne de 6 mètre 50, alors que le boulevard Tolstoï, à Villeurbanne, emprunté par le C3, présente une largeur de 13 mètres. Faire rentrer là les voies piétonnes, les pistes cyclables et les voitures relève du casse-tête, selon le président du Sytral.
La phase de concertation préalable sur le projet du C3 se termine le 24 mai. Une nouvelle phase de concertation sera engagée par la suite, assure Didier Vuillerme, adjoint PS à la mairie de Villeurbanne. Il présente la problématique :
« Quels sont les usages que l’on va privilégier ? Quelle sera la place respective des vélos, des piétons, du stationnement et de la circulation automobile ? »
Cette concertation, organisée ville par ville, ne devrait pas débuter avant les municipales de 2014. En attendant, la représentante du collectif C3ctrop souhaite des modifications urgentes immédiatement :
«Il y a des modifications qu’il est possible de faire tout de suite, comme la mise en place d’un personnel de régulation plus nombreux, ou la priorité pour les bus aux feux rouges. Pour ça, pas besoin d’attendre 2018.»

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