Dans son émission du 28 février, « Entreprises : les patrons mettent-ils trop la pression? », Envoyé Spécial a mis l’accent sur les pratiques douteuses de certaines entreprises françaises, notamment celle du benchmark utilisée par la Caisse d’Epargne.
Venue des Etats-Unis, cette pratique consistait d’abord à évaluer la qualité et les prix de produits industriels concurrents, en les comparant les uns aux autres. Une méthode qui a des effets désastreux lorsqu’elle est utilisée pour comparer des individus, en l’occurrence, des salariés.
Le reportage s’appuie notamment sur le témoignage d’un ancien cadre de la Caisse d’Epargne Rhône-Alpes, une des premières agences du groupe à avoir appliqué le benchmark sur ses employés.
« Le benchmark concourt à mettre un stress permanent sur tous les collaborateurs de l’entreprise. Vous ne savez jamais si vous avez bien travaillé, car vous n’êtes pas évalués selon vos résultats, mais selon vos résultats comparés par rapport aux autres. C’est extrêmement pervers. J’ai participé à ça. »
En résulterait alors une situation de pression extrême, qui favoriserait l’émergence de sérieux problèmes psychologiques, et affecterait gravement la santé des salariés, comme en témoigne un ancien médecin du travail de la banque.
En 2011, la directrice d’une agence d’un village de l’arrière pays niçois, Sospel, s’est suicidée, en laissant une lettre :
« La Caisse d’Epargne, trop de stress, trop de pression. Mais j’ai pété un plomb à cause d’une trop grande charge sur mes épaules ».
Une enquête pénale a été ouverte. La Caisse primaire d’assurance maladie a déjà reconnu ce suicide comme accident du travail.
La Caisse d’Epargne Rhône-Alpes a été condamnée en septembre 2012 par le Tribunal de Grande Instance de Lyon pour l’utilisation de cette pratique de management. La banque a fait appel.
Dans le reportage, le directeur régional Rhône-Alpes revient sur ce jugement qu’il juge « disproportionné » et se défend :
« On ne met pas en concurrence nos collaborateurs. C’est un outil qui nous sert à évaluer les performances de nos équipes commerciales de façon collective ».
Selon le directeur, des discussions sont « en cours » pour faire « évoluer le dispositif ».

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