Politique 

Hémorragie au PS de Lyon, les ralliements à Emmanuel Macron pleuvent

actualisé le 18/01/2017 à 10h54

Il était l’heure – in extremis- car Emmanuel Macron a déjà prévenu que les ralliements de socialistes à sa candidature seraient plus appréciés à la veille de la primaire de la gauche qu’au lendemain, forcément opportun, des résultats.

Une petite cinquantaine (46 très exactement) d’élus ou figures socialistes de la fédé du Rhône ont envoyé à la presse un communiqué/manifeste, ce mardi, indiquant qu’ils rejoignaient le mouvement « En marche » et que, par conséquent, ils ne participeraient pas aux primaires organisées par leur parti.

Ils écrivent :

« Nous sommes conscients que ce choix peut surprendre. Nous le faisons toutefois en responsabilité, convaincus que les valeurs que nous portons sont aujourd’hui mieux défendues par un candidat extérieur à la primaire : Emmanuel Macron ».

Pas de quoi tomber de vos chaises. Gérard Collomb, maire PS de Lyon et président de la Métropole est un soutien de la première heure du ministre démissionnaire, au nez et à la barbe des instances nationales son parti -qu’il n’a jamais ménagées.

Les élus de Lyon ont donc suivi leur seul patron, celui qui fait la pluie et le beau temps sur la fédé du Rhône et la politique locale.

À quoi jouent les Lyonnais ?

La liste des signataires du manifeste fait évidemment figurer le premier cercle de Gérard Collomb :

  • le premier fédéral et dauphin désigné pour la future candidature à la mairie de Lyon, David Kimelfeld ;
  • le fidèle toujours en campagne, premier adjoint à Lyon en charge de la culture mais aussi des gros dossiers « rayonnants » de Lyon, Georges Képénékian ;
  • l’homme des dossiers à la Métropole, rendu indispensable pour les projets urbanistiques de taille, Michel le Faou ;
  • le député et figure locale du parti Jean-Louis Touraine.

Etc. (voir ci-après la liste complète).

macron-collomb

Des élus socialistes importants sur le territoire (et plutôt indépendants de Gérard Collomb) avaient bien tenté de coller une rustine, ou encore de protester face aux propos tenus par David Kimelfeld en décembre dernier, lequel premier fédéral avouait être atteint comme Gérard Collomb de cette macronite aigüe lyonnaise.

Parmi eux, Jean-Paul Bret, maire de Villeurbanne, ville poids-lourd dans la fédé, furieux de ne pas voir les primaires de son parti s’organiser dans les meilleurs conditions. Il a de quoi être carrément vert, puisque l’on compte parmi les signataires du communiqué de ce mardi son adjoint, Loïc Chabrier.

On trouve aussi parmi les irréductibles, fidèles à la ligne nationale du parti, le député-maire de Feyzin, Yves Blein, qui s’est retrouvé avec la mission de mener à bien les primaires de la gauche à venir, dans le Rhône, depuis que le « premier féd' » s’est déclaré occupé à faire campagne pour Macron.

Pour autant, ce même député a déclaré sur une télé locale qu’il ne fallait pas totalement mettre de côté l’hypothèse d’un PS se rangeant derrière Emmanuel Macron, en cas de grosse fessée annoncée.

Législatives et refonte de la gauche

Que se passe-t-il à Lyon ? Un jeu de dupes duquel personne n’a envie de sortir perdant. Sur ce territoire tenu par une gauche à la sauce Collomb, il s’agit de ne pas se louper dans ses choix à la veille des législatives, pour lesquelles les places de candidats seront chères.

Le maire de Lyon s’amuse tel un gosse et s’anime comme rarement quand il évoque ces jeux de stratégie politique. Le voilà partie prenante dans l’éventuelle refonte du parti voire de la gauche, après une explosion fût-elle sourde ou spectaculaire. C’est bien pour lui cet enjeu qui compte plus encore que celui des élections présidentielles.

« Evidemment qu’il y aura refonte du parti après les élections présidentielles », nous avait-il lâché début janvier.

Si Emmanuel Macron finit par scorer, Gérard Collomb pourra se vanter d’un hold up politique. Les élus ralliés ne cachent pas vouloir marquer l’histoire, faisant une référence directe à la prise de contrôle du PS par François Mitterrand en 1971, dans leur manifeste publié ce mardi :

«Notre conviction, c’est que nous vivons une recomposition politique majeure comme on n’en n’avait plus connue depuis le congrès d’Épinay« .

Rien que ça. Pas sectaire, le clan Collomb annonce tenir ses portes ouvertes jusqu’après les primaires à venir, en janvier :

« Nous comprenons que des militants socialistes, des Français de gauche, puissent faire un autre choix. Nous leur disons que nous devrons nous retrouver dès après la primaire autour d’Emmanuel Macron et leur donnons rendez-vous dès le 4 février au Palais des Sports de Gerland ».

On ne serait pas surpris de compter présents lors de ce meeting d’Emmanuel Macron bien plus de 50 socialistes de la région.

Un peu de name dropping avec la liste des élus signataires :

Abdel ACHACHE, Adjoint au Maire du 3ème arrondissement de Lyon – Florene ASTI-LAPERRIERE, conseillère municipale d’Ecully, secrétaire fédérale – Pascal BELON, secrétaire de section – Samia BELAZIZ, conseillère municipale de Villeurbanne, conseillère déléguée de la Métropole de Lyon – Geoffroy BERTHOLLE, Adjoint au Maire du 4ème arrondissement de Lyon – Romain BLACHIER, Adjoint au Maire de 7ème arrondissement de Lyon, conseiller métropolitain, membre du bureau fédéral – Emmnanuel BUISSON-FENET, membre du bureau fédéral – Anne BRUGNERA, Adjointe au Maire de Lyon, Président du groupe socialiste et apparentés à la Métropole de Lyon – Loïc CHABRIER, Adjoint au Maire de Villeurbanne, Conseiller métropolitain, secrétaire fédéral – Caroline COLLOMB, secrétaire de section (Lyon 5e) – Gérard COLLOMB, Sénateur-Maire de Lyon – Guy CORAZZOL, Adjoint au Maire de Lyon, secrétaire fédéral – Christian DE SALINS, Adjoint au maire du 5ème arrondissement de Lyon – Christophe DERCAMPS, Adjoint au Maire du 4ème arrondissement, Conseiller métropolitain – Izzet DOGANEL, Adjoint au Maire de Bron, secrétaire fédéral – Jean-Baptiste DUCATEZ, conseiller municipal de Genas – Alain FOCACHON, secrétaire de section (Pierre-Bénite) – Pierre FRONTON, Adjoint au Maire du 3ème arrondissement de Lyon – Béatrice GALLIOUT, 1ère Adjointe du 5ème arrondissement de Lyon, Conseillère métropolitaine – Mina HAJRI, Adjointe au Maire du 9ème arrondissement de Lyon – Saïd INTIDAM, Adjoint au Maire du 5ème arrondissement de Lyon – Brigitte JEANNOT, Adjointe au Maire de Givors, conseillère métropolitaine, secrétaire fédérale – Hubert JULIEN-LAFERRIERE, Maire du 9ème arrondissement de Lyon – Prosper KABALO, premier Adjoint au Maire de Villeurbanne – Georges KEPENEKIAN, Premier Adjoint au Maire de Lyon, conseiller délégué de la Métropole de Lyon – David KIMELFELD, Maire du 4ème arrondissement de Lyon, premier Vice-président de la Métropole de Lyon, Premier secrétaire fédéral – Ali KISMOUNE, conseiller municipal délégué de Lyon – Michel LE FAOU, Adjoint au Maire de Lyon, Vice-président de la Métropole de Lyon – Bruno LEBUHOTEL, conseiller métropolitain – Franck LEVY, conseiller municipal délégué de Lyon – Karim MATARFI, Adjoint au Maire du 8ème arrondissement de Lyon – Catherine NERAUDEAU-MARDON, Gérard NICOLAS, militant du 1er arrondissement – Sarah PEILLON, conseillère métropolitaine, secrétaire fédérale – Narjes RUBAT, secrétaire fédérale – Maud ROY, Adjointe au Maire du 3ème arrondissement de Lyon – Ronald SANNINO, Conseiller métropolitain – Valérie SCHELL, Adjointe au Maire du 4ème arrondissement de Lyon – Joël SERAFINI, militant dans le 2ème arrondissement de Lyon – Maud SGORBINI, première Adjointe au Maire du 9ème arrondissement de Lyon – Alain SITBON, militant à Rillieux-la-Pape – Jérôme STURLA, conseiller municipal de Décines, conseiller métropolitain, secrétaire fédéral – Jean-Louis TOURAINE, Député du Rhône, conseiller municipal de Lyon – Aline VOISEMBERT, secrétaire fédérale – Virginie VARENNE, Adjointe au Maire du 4ème arrondissement de Lyon, conseillère métropolitaine – Grégory VIRGA, militant du 4ème arrondissement de Lyon.

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