Appartement 16
  • 10:32
  • 18 avril 2013
  • par Dalya Daoud

Comment les Bermudes sont devenues le cauchemar de Jean-Louis Touraine

2549 visites | 23 commentaires

Une tentative avortée de faire breveter une découverte relative au virus du sida, via le paradis fiscal des Bermudes, rattrape aujourd’hui le député socialiste du Rhône Jean-Louis Touraine. Datant de dix ans, l’info surgit aujourd’hui dans les médias locaux tandis que la moralisation de la politique est devenue le chemin de croix des élus.

Jean-Louis Touraine, au moment des élections législatives de 2012, à la préfecture du Rhône. Crédit : Hassen Haddouche/Filtrages

Il ne s’attendait peut-être pas à ce qu’un si vieux dossier surgisse en ce début de mois d’avril, ré-insufflant dans un air déjà bien chargé l’odeur sulfureuse de la fraude fiscale d’une part et du conflit d’intérêt d’autre part. Pour Jean-Louis Touraine, c’est le contexte de l’affaire Cahuzac qui lui vaut une “chasse médiatique”.

Le médecin officiant aux HCL se serait d’autant mieux passé d’une publicité aussi embarrassante qu’il vient d’être élu vice-président de la puissante Fédération hospitalière française (FHF).

Le dossier dont le 1er adjoint à la mairie de Lyon, grand représentant de la gauche humaniste, tente de se défaire médiatiquement est donc loin d’être neuf. Avec quoi se débat Touraine et pourquoi l’affaire sort-elle aujourd’hui seulement ?

Sida : de la souris à l’homme

On est en 2000. Jean-Louis Touraine vient de cosigner avec plusieurs confrères un article publié dans la revue scientifique AIDS, relatif à une découverte qui pourrait sérieusement faire avancer la recherche contre le sida : une thérapie génique testée avec succès sur la souris.

Le médecin et un de ses confrères aux hospices civils de Lyon (HCL), cosignataire de l’article, Kamel Sanhadji, sont contactés par une société privée internationale de biotechnologie, Mymetics, basée dans le Delaware (un micro état américain qui taxe très peu) et exerçant principalement son activité depuis la Suisse. Son objectif : faire breveter la découverte afin d’en devenir propriétaire et de la développer, pour la rendre applicable à l’homme.

Seulement, il est impossible de faire breveter en Europe une découverte rendue publique dans une revue. Aux Etats-Unis, en revanche, la procédure de brevetage est possible dans l’année suivant la parution de l’article. Mymetics se lance dans cette voie mais, pour obtenir ce brevet sur le territoire américain, choisit étonnamment de créer une société, Viraid Limited, aux Bermudes, en 2001. Jean-Louis Touraine accepte.

Interrogé par Rue89Lyon, le député explique que seule la perspective d’obtenir des fonds pour la recherche appliquée, extrêmement coûteuse, l’a motivé.

Le paradis des brevets, aux Bermudes

Pourquoi les Bermudes ? Cet archipel britannique est surtout connu pour être un paradis fiscal. Selon Jean-Louis Touraine, cet aspect n’est jamais entré en ligne de compte dans la domiciliation de la société ; le territoire des Bermudes aurait des qualités administratives et/ou juridiques permettant d’aller plus vite qu’aux Etats-Unis, pour mener à bien la procédure de dépôt du brevet.

Une réponse qui laisse dubitatif : il serait donc plus rapide de faire déposer un brevet aux Etas-Unis par une société des Bermudes que par une société américaine ? Nous avons interrogé directement le cabinet spécialisé en propriété intellectuelle Germain et Maureau, situé dans le 6e arrondissement de Lyon, qui fût à l’époque en charge de la procédure de brevet de cette découverte. Stéphane Agasse, qui a lui-même traité le dossier de Viraid Limited, a tenu à répéter à plusieurs reprises que l’unique champ d’action de son cabinet a bien été celui de la procédure de brevet, “et pas celle de la fiscalité”.

Sur la rapidité supposée des Bermudes, en revanche, il botte en touche. Pas de “réponse tranchée”. Mais Stéphane Agasse confirme que le brevet étant déposé aux Etats-Unis, c’est bien la loi américaine qui a prévalu à la procédure. Et pas une hypothétique dérogation législative dont bénéficieraient les Bermudes. Selon un autre avocat, la rapidité à agir de ce territoire en matière de brevet est même imaginaire.

Dans un article sur les paradis fiscaux, le magazine Alternatives économiques attribuait un intérêt spécifique aux Bermudes :

“Avec la montée de l’économie de la connaissance, les grosses entreprises du secteur y cachent également les rentes que leur procurent leurs brevets.”

Jean-Louis Touraine a-t-il péché par excès de confiance, de naïveté et d’enthousiasme mêlés ? En tout cas, à la seule évocation des îles Bermudes, celui qui, à l’époque, est maire PS du 8è arrondissement de Lyon et dont les ambitions politiques sont importantes, aurait pu prendre quelques précautions vis-à-vis de la proposition de Mymetics.

Eaux de Bermudes et de boudin

Il le martèle aujourd’hui : aucune volonté de faire de l’argent sur le dos de cette découverte et encore moins de verser dans la fraude fiscale. Pourtant, pour faire partie du board (ce qu’on peut traduire par conseil d’administration) de Viraid Limited, Jean-Louis Touraine doit y posséder quelques parts. Il en est donc associé. Malgré tout, aucun argent n’aurait transité et aucun profit réalisé, jure le médecin :

“Nous aurions renoncé à tout bénéfice. Je n’ai jamais accepté de recevoir de l’argent provenant de mes recherches. Il n’y a aucune affaire. Les journalistes fantasment quelque chose à partir de rien, le brevet lui-même n’a pas été déposé. On avait déposé une option, mais ça n’a pas marché.”

La société Viraid Limited est en effet dissoute deux ans après sa création.

Le projet se serait donc à cette époque soldé par un échec. Pourquoi est-ce qu’il bénéficie aujourd’hui, soit plus de dix ans après son épilogue, d’une couverture médiatique à Lyon ?

Comment l’info sort dans les médias ou la “Cahuzac addiction”

Jean-Louis Touraine veut éteindre le feu, pour lui il n’y a pas d’“affaire”. Mais il y a bien une salve d’articles parus dans la presse locale, dès le 8 avril dernier, avec des traitements très différents.

L’info sort successivement sur deux sites d’information, Lyonmag et Lyoncapitale. Le premier évoque immédiatement l’existence d’un “corbeau”, qui signale depuis quelques semaines des documents présents sur le net, indiquant que “Jean-Louis Touraine est mouillé dans le scandale des Offshore Leaks”. Le site donne la parole au 1er adjoint du maire afin qu’il démente, et conclut qu’il n’y a pas d’affaire.

Le second site a poussé les recherches et réalisé une chronologie, Jean-Louis Touraine s’y explique également mais les doutes concernant ses explications demeurent.

A Rue89Lyon, Jean-Louis Touraine dit être victime d’un “contexte d’affaires nationales, Cahuzac notamment”, dont profitent certaines personnes avec une “intention douteuse” pour tenter de le discréditer.

Une ex-maîtresse, un vieux corbeau…

Dans la foulée, l’hebdomadaire Tribune de Lyon consacre son édito aux mails reçus de la part d’un “corbeau”, “comme toutes les rédactions lyonnaises”, et explique que lui va faire un boulot d’enquête plus long parce qu’il serait plus sérieux que tous les autres journaux de la place lyonnaise.

L’hebdo fait la leçon mais n’hésite toutefois pas à donner l’identité de l’hypothétique délateur : il s’agirait d’une ex-compagne de Jean-Louis Touraine, selon les propos du député lui-même, laquelle femme éconduite ne réussirait pas à encaisser la rupture.

Le traitement du dossier par le quotidien régional Le Progrès est encore différent. Pas question de rester sur la touche, pour deux raisons sans doute. La première, c’est le contexte Cahuzac dans lequel l’ensemble de la presse se sent (ré)investi d’une mission de révélation. La seconde, c’est que deux sites d’info lyonnais ont déjà publié des articles ; il s’agit de ne pas rester à la traîne.

C’est dans ce contexte que le journal publie un premier papier, alors même qu’il aurait probablement pu le faire avant : en lisant l’article de la journaliste, on comprend en effet que le quotidien avait l’info depuis au moins un an. Elle écrit que Touraine avait déjà répondu à ses questions par le biais d’un courrier datant de mai 2012.

Le savon aux journalistes

Avec son visage publié en Une du quotidien régional et l’évocation du paradis fiscal des Bermudes, Jean-Louis Touraine déjà passiblement énervé voit rouge. L’adjoint passe coups de fil et savons aux journalistes, les accusant principalement d’être tout à fait ignorants vis-à-vis du fonctionnement de la recherche et de la nécessité du dépôt de brevet.

Quelques jours plus tard, le Progrès fait paraître un second article dans lequel la parole est largement donnée à l’adjoint et à son confère lyonnais également impliqué dans le projet Viraid Limited : ils démentent, ils réaffirment, ils rectifient. Il s’agit presque d’un droit de réponse qui pourrait bien être le point final que le quotidien mettra à l’“affaire”.

Mymetics, lobbyiste collant

Pourtant, les liens entre Jean-Louis Touraine et Mymetics ne s’arrêtent pas en 2003, avec la dissolution de la société Viraid. Le médecin lyonnais a, en plus de ses nombreuses casquettes, celle de président du Cedic. Il s’agit de l’association qui gère son laboratoire de recherche, abrité au sein des HCL.

Nous avons consulté les documents en anglais disponibles sur le net, provenant de la Security Exchange Commission -soit l’équivalent américain de l’Autorité des Marchés Financiers. Et on relève qu’en 2004, ce centre de recherche piloté par Jean-Louis Touraine reçoit 120 000 actions de la part de Mymetics. Le document détaille qui est cette société, et révèle son intention lobbyiste :

“Le conseil d’administration estime (…) que la société a besoin d’avoir un accès rapide au cercle restreint des leaders d’opinion mondiaux en matière de VIH-sida si elle veut avoir ses idées, son travail et ses résultats reconnu et accepté par ses pairs afin de se qualifier pour les subventions et autres dons.

Mais on n’attire pas les mouches avec du vinaigre, ainsi : en avril 2004, nous avons émis à CEDIC, une association à but non lucratif présidée par le professeur Touraine, 120 000 actions de règlement d’un différend qui avait surgi au cours du mandat de gestion précédent.”

Sortie par la porte en 2003, voilà Mymetics qui entre par la fenêtre de chez Jean-Louis Touraine en 2004.

Peu de vigilance mais pas mal de moralisation

Le médecin nous assure ne pas avoir été informé de l’attribution de ces actions. Pourtant, en tant que président de Cedic, c’est à lui que revient la responsabilité de présenter les comptes annuels de l’association, dans lequels figurent les participations détenues.
Finalement, après recherche, le député se rappelle qu’il y a bien eu un litige entre Mymetics et son laboratoire :

“Nous avions fait pour leur compte un travail de recherche spécifique, qui ne nous a jamais été rétribué. Ils ont certainement voulu solder le litige en nous versant des parts de leur société.”

Aujourd’hui, Jean-Louis Touraine affirme, de façon assez étonnante, ne pas savoir si l’association dont il est à la tête possède toujours, ou pas, ses actions chez Mymetics. Une chose “à vérifier”, selon lui. Notamment pour revendre ces éventuelles parts, et en retirer quelque argent sonnant et trébuchant pouvant servir aux travaux de recherche du centre, “qui en a bien besoin”.

En l’état, si Cedic possède bien ces parts chez Mymetcis, le labo de Jean-Louis Touraine est partie prenante au sein d’une société privée cherchant à se positionner pour être “candidat-vaccin” contre le sida, tandis que le député se trouve être lui-même, au sein de l’assemblée nationale, président du groupe d’études sur le sida.

Il s’agit donc de faire fissa et a minima ces vérifications pour un parlementaire qui n’a pas hésité, ces derniers jours, à prendre la parole au sein des instances du PS sur la grande question qui préoccupe le parti gouvernemental, celle de la moralisation de la politique.


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23 Commentaires postés

  1. Il va vraiment falloir augmenter les salaires des médecins hein, à priori leurs 8000 euros par mois ne suffisent vraiment pas…

  2. Qu’en pense Gérard Collomb ?
    L’opposition, front comprise, est bien silencieuse, aurions-nous à faire à un scandale d’état qui concernerait globalement toute la classe politique ?

  3. de chirac a cahuzac en passant par balkany…sarko…copé…hortefeux…woerth mme et mr maistres bettencourt et tTAKKIEDINE VIA OLIER-MAM… L ‘ubs et reyl

    TOUS VEREUX

  4. Jean-Louis Touraine a utilisé l’argent publique, dans des institutions publiques pour déposer un brevet à son bénéfice aux bermudes ? ai-je bien compris ? pourquoi est il toujours élu ? pourquoi est il toujours au PS ? pourquoi n’est il pas en prison ?

  5. et après on s’occupe de Grenoble? Mme Fioraso et M. Destot avec l’affaire Corys et le CEA???

    • bonjour,
      avez vous étudié le rapport d’expertise judiciaire du 25 mars 1999 (tenu secret jusque en 2012 ) ou sont décortiqués dans le detail les multiples délits (escroquerie financière,faux bilans,détournement de fonds destinés aux universités…Fioraso ? )
      en outre savez vous que les deux officiers du SRPJ en charge du dossier,émargent depuis le classement du dossier l’un à la mairie de Grenoble, l’autre au conseil général ps de l’isère.
      comment retrouver le magistrat qui a osé classer sans suite?
      au plaisir de vous lire.

  6. Quelles sont les ressources de cette association CEDIC hébergée aux HCL ? Où sont les comptes de cette association manifestement financées par l’argent public, au moins pour son hébergement ?
    Qui travaille ou intervient dans cette association ?
    Cette association a l’air très opaque !

  7. Il n’y a pas un proverbe qui dit :
    Social-démocrate un jour, pourri toujours ?
    Si, je crois bien que c’est ça. Il est temps d’inviter la vraie gauche aux affaires et de se débarrasser de la droite et de ses clones labellisés PS, Verts ou PRG.

  8. Selon la chronologie de l’article, un papier a été publié en 2000, et un brevet déposé en 2001.

    Par contre, si on se fie à la fiche Wikipédia FR consacrée à l’intéressé telle que disponible au moment où j’écris ces lignes, un brevet aurait été déposé « au début 2003 ». Une référence bibliographique datée de la fin 2003 est associée à ce passage.

    Il n’y a pas de recoupement entre les deux versions. Je me méfie de Wiki. J’ai voulu en avoir le coeur net, et suis allé faire un tour sur Espacenet.

    Jean-Louis Touraine est mentionné comme inventeur dans trois familles de brevets répertoriées dans la base de données de l’OEB: http://bit.ly/ZuEnbB

    Les deux plus anciennes sont sans intérêt. Elles remontent aux années 1970, dont le déposant était l’Institut National de la Santé.

    Le corpus delicti me semble être la demande en tête de la liste, publiée sous le numéro US2003157063, déposée auprès de l’USPTO le 21 décembre 2001 en tant que 10/024329.

    On peut en admirer ici le fascicule de publication: http://bit.ly/11DL9LU

    La loi américaine offre la faculté de garder l’instruction confidentielle jusqu’à la délivrance à condition que le brevet soit uniquement déposé aux É-U. Cette condition semble satisfaite ici, et la publication pourrait n’être dûe qu’à un oubli des demandeurs. Il est maintenant trop tard pour faire marche arrière.

    On trouve dans le dossier 10/024329 la trace d’une deuxième demande, 10/961482, déposée le 12 octobre 2004. Ses pièces ne sont pas publiques, et il s’agirait plutôt d’une « division » de la demande 10/024329 de 2001. Elle visait probablement à permettre de reprendre plus ou moins à zéro une procédure mal engagée. La demande 10/024329 faisait l’objet d’objections sérieuses de la part de l’examinatrice, et fut abandonnée. Il n’y a aucune autre trace de la demande « divisionnaire » 10/961482, presque dix ans après son dépôt, suggérant qu’elle pourrait aussi avoir été refusée ou abandonnée. (Ou alors l’instruction n’en est pas encore terminée, ce que j’estime la moins probable des hypothèses).

    Voici le dossier d’instruction de la demande 10/024329, tel que récupéré du système de l’USPTO: http://bit.ly/XTzeLF

    (Attention: ce fichier pèse 28Mo. Il est conseillé de le charger et de le consulter hors-ligne).

    La lecture du fascicule et du dossier est très intéressante.

    La demande a été déposée au nom personnel de JLT, ainsi que de trois autres inventeurs.

    Ceci est normal: selon le droit assez particulier des États-Unis, le demandeur est obligatoirement l’inventeur, qui ensuite cède (« assignment ») dans une seconde étape ses droits à une entité quelconque (par exemple un employeur ou un investisseur). Cette formalité peut être accomplie à n’importe quel moment.

    Le nom « Viraid » n’est mentionné qu’une seule fois dans l’ensemble du dossier, en page 405/413, sous la balise 110 du listage de la séquence ADN du gène sCD4. Aucune autre pièce ne suggère de près ou de loin une quelconque cession d’intérêt. La demande est donc instruite au nom personnel des inventeurs, et les Bermudes n’ont rien à strictement rien à voir dans cette histoire. Aucune mention n’est faite non plus d’une société « Mymetics ». L’argument de l’accélération de la procédure en rapport avec la nationalité du demandeur est du pipeau industriel.

    On trouve toutefois en page 180/413 une « petition to make special », qui dans le jargon de l’USPTO signifie une requête d’accélération de la procédure. Elle a été déposée au noms des inventeurs/demandeurs, JLT et al., et acceptée (p. 179/413) au motif que l’objet de la demande concerne un traitement du SIDA, un sujet jugé prioritaire.

    La référence 83, mentionnée à l’alinéa [0214] sur la page 17/26 du fascicule, est une publication dont l’intéressé est un des auteurs. Selon la base de données du NIH, ce document a été publié 22 décembre 2000, soit presque un an jour pour jour avant le dépôt de la demande 10/024329: http://1.usa.gov/10l0btp . On ne devrait donc pas pouvoir opposer cette divulgation à la demande selon 35 USC 102, ancienne mouture (quoique… je vois deux possibilités, mais je digresse). Ce type de disposition offrant une période de grace n’existe pas en Europe, ni d’ailleurs dans la plupart des pays du monde.

    Je ne trouve rien en relation avec une demande qui aurait été déposée en 2003. D’ailleurs, de 2000 à 2003 les inventeurs/déposants auraient eu le temps d’apprendre un truc ou deux, et s’y seraient sans doute pris différemment.

    De ce qui précède, je pense que c’est donc la chronologie de l’article de Rue89-Lyon qui est la bonne.

    Je note que la demande désigne 4 inventeurs, or l’article comporte 9 auteurs.

    Seuls 3 noms se trouvent sur les deux listes: Touraine, Sanhadji, et Mehtali.

    Un inventeur nommé Leroy n’appartient pas aux auteurs de l’article.

    Les 5 auteurs Grave, Leissner, Rouzioux, Firouzi, et Tardy ne sont mentionnés parmis les inventeurs désignés du brevet.

    Si on présume que le sujet de l’article est si intimement lié à celui du brevet déposé, au point de pouvoir compromettre sa délivrance, on est en droit de se demander pourquoi on a délaissé les 5 auteurs. S’ils n’ont rien contribué à l’article (et donc à l’invention), ils n’auraient pas dû être mentionné comme auteurs. Sinon, il aurait fallu les identifier comme inventeurs.

    Les quatres inventeurs ont signé la déclaration sous serment suivante, visible en page 285/413 du dossier:

    I hereby declare that I have reviewed and understand the contents of this Declaration, and that all statements made herein of my own knowledge are true and that all statements made on information and belief are believed to be true; and further that these statements were made with the knowledge that willful false statements and the like so made are punishable by fine or imprisonment, or both, under Section 1001 of Title 18 of the United States Code and that such willful false statements may jeopardize the validity of the application or any patent issued thereon.

    Les Américains ne badinent pas avec ce genre de chose, et l’omission d’un inventeur constitue un péché mortel.

    Réciproquement, en droit français les inventeurs/demandeurs pourraient avoir à fourner certaines explications.

    Un résidant français doit, en vertu notamment de l’article L612 CPI, impérativement effectuer le premier dépôt de brevet pour son invention auprès de l’INPI. Voici le résumé des dispositions par un cabinet de mandataires: http://bit.ly/13kWbpp .

    Déroger à cette obligation expose le contrevenant aux sanctions définies dans l’article L615-13: http://bit.ly/Z1lhuK .

    Ces dispositions sont fort anciennes, et avaient initialement un objectif de défense nationale. La modification de l’article L615-13 CPI postérieure aux faits n’est qu’une adaptation rendue nécessaire par le passage à l’euro.

    La demande 10/024329 a été déposée directement à l’USPTO, sans revendiquer la priorité d’un dépôt antérieur français. Je ne sais pas à quand remonte la dernière condamnation au titre de l’art. L615-13, mais j’estime qu’il y a ici matière à discussion.

    Il se pose finalement la question de la propriété de l’invention. Les auteurs de l’article étaient affiliés à la Faculté de Médecine de Lyon. L’Université n’avait donc aucun droit dans le travail de ses collaborateurs? Comment s’est effectuée l’acquisition des droits à l’invention par les inventeurs et/ou Viraid et/ou Mymetics? Il devrait exister quelque part une convention écrite, ou un contrat de travail, ou à tout le moins un échange de lettres, réglant ces questions.

    En guise de conclusion, j’estime que ce débat concerne bien davantage la question de la valorisation de la recherche que de la moralisation de la vie politique.

    • Je n’ai pas lu toutes les référence de ton post, mais d’avance, merci. Enfin un commentaire digne de ce nom, et une analyse qui vaut très largement celle de l’article dont elle est issue. Bravo pour le boulot, et entièrement d’accord avec ta conclusion.

    • P.S. : l’affaire, même si elle relève plus de la science que de la politique, n’en est pas pour autant moins grave, et nécessiterait, à mon humble avis, un retentissement médiatique/scientifique à la hauteur.

    • J’ai tout lu et ne partage pas totalement la conclusion.

      D’abord, il y a une erreur.
      Selon les éléments sur le net, Jean-Louis Touraine et ses consorts de circonstance ont bien cédé le brevet à la société Viraid Ltd aux Bermudes. Voir https://usgene.sequencebase.com/patents/US20030157063 ou encore http://www.plainsite.org/flashlight/patentassignment.html?id=2393541
      Dès lors, un acte de cession ne peut qu’exister.
      Evidemment, on se demande bien comment les autres inventeurs ont pu être évincés et pourquoi n’ont-ils jamais porté plainte ?

      Si Jean-Louis Touraine et Kamel Sanhadji se sont fourvoyés dans cette opération, je pense au contraire que leurs statuts d’élus les a encouragés par un sentiment d’impunité qui anime beaucoup d’élus.
      Beaucoup de non élus se laissent entraîner dans des opérations opaques avec des élus car ils pensent qu’ils seront eux aussi touchés par cette impunité. C’est une souvent une constante dans ces genres d’affaires, exemple avec Ziad Takieddine pour d’autres affaires.
      Cette minable tentative de brigandage représente je trouve le parfait exemple que politique = sentiment d’impunité et que dès lors la moralisation de la vie politique est un impératif sinon ces genres d’affaires se multiplieront à outrance.

      • Nous ne disons pas autre chose : JL Touraine et son confrère ont en effet cédé la découverte à Viraid. Société à laquelle ils se sont associés.

        • Il y a confusion.
          Mon commentaire s’adressait en réponse à Xelandre qui écrit : « Aucune autre pièce ne suggère de près ou de loin une quelconque cession d’intérêt ».

          Votre article fait une synthèse honnête de cette affaire.
          Mais j’attend toujours la plus sérieuse enquête de Tribune de Lyon, ce doit vraiment être très très sérieux pour être aussi long. 😉

          • bien d’accord avec la fouine. Après les leçons de morales de M. Sapy on attend toujours un article de « fond », bien instruit,… Comme ça fait fait une dizaine d’années qu’on attend qu’il sorte une vraie affaire… Je pense qu’on va attendre encore bien longtemps…

          • Voilà, c’est fait !
            Ce jour Tribune de Lyon sort un article sur Jean-Louis Touraine dans son édition papier.
            « ENQUÊTE. MAIS QUI EST VRAIMENT LE BON DOCTEUR TOURAINE ? »

            Sincèrement, c’est la déception.
            On apprend rien sur les affaires de brevets, d’actionnaires au Nasdaq, les paradis fiscaux, les emplois fictifs, … Rien si ce n’est un article que Voici n’aurait pas renié.
            Aucun intérêt.

  9. Touraine, ce nom me dit quelque chose. Marisol …… soeur, cousine, nièce …..

  10. Ce type n’est certainement pas l’inventeur du vaccin de la polio

  11. C’est le problème des maitresses ou ex, la plupart qui ont fraudés ou reçues des euros de façons illicites ont étaient découvert grâce à des ex ,souvent.

  12. Dans le mensuel papier de mai de Lyon Capitale, article intéressant et complémentaire sur cette affaire.

  13. comment mr goasguen ose petrler de guerre civile pour les troubles dits »psg » lui qui est suremenr signataire du texte »guaino » disant que 105 députés sont hors la loi..
    il faut dire aux fonctionnaires et policiers et gendarmes d’obéir alors que les « élus bnationaux refusent de le faire »!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

  14. Votre commentaire a été modéré.

  15. après la BARJOT………LA BOUTIN.ET UN NEGRIER DEPUTE DU VAR QUI OSE DIRE  » les casseurs du TROCADERO FANS DU PSG ……. SONT DES DESCENDANTS D ESCLAVES »

    1l y a 8 jours c’était « l ‘anniversaire de la fin de l’esclavage » BRAVO ENCORE UN A VIRER…INDIGNE D ETRE DEPUTE COMME GUAINO…MYARD …LUKA… ET LA DROITE FORTE !!!

    INDIGNES D ETRE NOS ELUS …………….