Société 

GL Events, Cardinal : l’entourage affairiste de Gérard Collomb concerné par « Panama papers »

actualisé le 11/04/2016 à 11h03

« Panama papers » et son flot de révélations. Parmi les entreprises et personnalités françaises qui ont voulu cacher une partie de leur fortune ou de leurs oeuvres d’art par l’évasion fiscale, des noms bien connus à Lyon font l’objet de notre attention.

L’enquête « Panama papers » menée par un consortium de journalistes permet en fait de remettre la lumière sur des dossiers qui n’étaient pas secrets dans la ville.

GL Events, le mastodonte de l’événementiel à Lyon, présent dans les structures lyonnaises et champion de Gérard Collomb, régulièrement choisi par le maire PS de Lyon pour différents projets (comme la gestion de la Sucrière à Confluence), est cité dans le dossier « Panama papers » mis au jour notamment par Le Monde.

C’est dans les années 1990 que la société d’Olivier Ginon (fondée en 1978) crée une filiale dans le but de s’implanter au Moyen-Orient, notamment à Dubaï. Le site d’Acteurs de l’économie en fait le récit : l’émirat pétrolier est très protectionniste et le lyonnais n’a alors aucune licence d’exploitation sur place.

En janvier 1997, GL Events fait l’acquisition de la société offshore Eastern Exhibition Services Limited, créée quatre ans plus tôt aux Îles Vierges britanniques par un Anglais installé à Dubaï.

« Cette société avait la licence d’exploitation pour travailler à Dubaï », explique l’actuel directeur financier de GL Events, Erick Rostagnat, au quotidien Le Monde.

La société GL Events s’est débarrassée de sa filiale « dès qu’elle a pu »

Faire appel à une société offshore, déjà présente à Dubaï, présentait une autre possibilité, selon le responsable de GL Events. Cela permettait de « garder le contrôle de l’entité en restant majoritaire à hauteur de 100 % du capital, ce que ne permettait pas ex nihilo la réglementation locale pour les étrangers ».

C’est à travers de « Exhibition Services Limited » que le groupe lyonnais a décroché plusieurs événements majeurs dans cet émirat.

Si GL Events n’a jamais caché l’existence de cette filiale offshore, qui figure dans ses rapports annuels, Erick Rostagnat assure qu’elle s’en est débarrassée « dès qu’elle a pu », rapporte Le Monde. Selon les documents du journal, « Eastern Exhibition Services Limited » a bien été liquidée en novembre 2014.

GL Events travaille toujours au Moyen-Orient, grâce à trois filiales implantées dans une zone franche de Dubaï, qu’elle détient à 100 %, en accord avec une modification législative réalisée en 2011 dans l’émirat, et des licences d’exploitation.

Le groupe Cardinal, promoteur du quartier Confluence, dans le viseur

L'aménageur du quartier de la Confluence a décidé de conserver quelques vestiges de l'époque industrielle © Laura Steen / Rue89Lyon

Dans le quartier de la Confluence. ©Laura Steen / Rue89Lyon.

A également été repéré un autre Lyonnais particulièrement choyé par les pouvoirs publics et le maire PS de Lyon, Jean-Christophe Larose, patron du promoteur immobilier Cardinal qui a notamment en charge une partie de la construction du quartier-phare de Gérard Collomb, celui de la Confluence.

Dans le compte de Mossack Fonseca, le cabinet d’avocats d’affaires qui est au cœur de l’affaire « Panama papers », on trouve plus de 11 000 sociétés -qui sont donc enregistrées au Panama. L’une d’elles s’appelle Morales Investors SA. Créée en 2004 et dissoute en juin 2014, cette société-écran apparaît dans la multitude d’entreprises qui constituent l’architecture offshore de Jean-Christophe Larose, patron de Cardinal.

Au magazine Lyon Capitale, Jean-Christophe Larose, qui a déjà fait l’objet de plusieurs articles et enquêtes de la presse locale pour son goût pour les paradis fiscaux, a assuré  :

« Je n’ai jamais été client de Mossack Fonseca. Je n’ai jamais été à aucun moment propriétaire de titres ou actionnaires des sociétés Ricard Lake ou Morales. Quant à Ciresia, c’est une filiale officielle de ma holding française totalement en règle ».

« Pas tous des fraudeurs », pour le Medef

Le nom de Jean-Christophe Larose est pourtant lié à celui des deux sociétés panaméennes ; les administrateurs, des avocats fiscalistes, des sociétés abritées par Mossack Fonseca sont aussi les mêmes que ceux que l’on retrouve dans toutes les sociétés luxembourgeoises auxquelles est lié Jean-Christophe Larose, rappelle le site Lyon Mag.

Quelle réaction des pouvoirs publics ? Aucune pour l’heure. Et de la part des organisations patronales ? Une petite, relativement étonnante, ce jeudi matin :

« Tous ceux qui sont passés par « Panama papers » ne sont pas forcément des fraudeurs », a ainsi déclaré Pierre Gattaz, patron du Medef, au micro de France Inter.

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