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A Bron, un bidonville de Roms expulsé en « urgence »

Ce vendredi matin, à l’arrivée de la police, il ne restait qu’un poignée de personnes dans les cabanes de l’un des principaux bidonvilles de l’agglomération lyonnaise.

Les occupants, des Roms de Roumanie, ont préféré partir la veille de l’expulsion de ce terrain situé le long du périphérique, à proximité des hôpitaux Est, sur la commune de Bron.

Et pour cause. Le 6 août, des policiers étaient venus afficher un arrêté préfectoral portant « commandement de quitter les lieux » dans un délai de 48 heures.

L’immense majorité des 120 Roms (dont la moitié d’enfants) n’ont pas souhaité subir une nouvelle expulsion qui aurait été la quatrième en un an. Avant de tenter de vivre à deux pas d’une autoroute, ils ont connu (par ordre chronologique) les terrains vague de la Soie à Vaulx-en-Velin, de Villeurbanne à deux pas du Transbordeur puis un autre à côté de l’hôpital militaire Desgenettes.

 

Une « urgence » qui a mis deux mois à s’imposer

Pour justifier cette expulsion sans décision de justice, la préfecture du Rhône se fonde sur un arrêté pris par le préfet délégué à la sécurité, Stéphane Rouvé, en l’absence de son patron, le préfet Carenco, actuellement absent.

Dans l’argumentation qui vient en appui de son arrêté (que Rue89Lyon s’est procuré), la préfecture expose que :

  • « La situation géographique de ce campement est créatrice d’un danger réel et immédiat pour les activités hospitalières et les usagers du Groupement Hospitalier Est ». (…) « Des installations sensibles et névralgiques sont exposées à un danger réel de dégradation, voire de destruction, notamment en cas d’incendie compte tenu de la présence de braseros et de bouteilles de gaz dans le dit campement ».
  • « Les occupants s’approvisionnent en eau par le biais d’une borne à incendie située en bordure de la bretelle du périphérique, ce qui constitue un danger pour eux et les automobilistes ». Ce qui pourrait « paralyser dès toute éventuelle intervention des pompiers en cas d’incendie ».

L’arrêté se conclut en insistant sur « l’urgence à agir en raison de la dangerosité réelle et immédiate envers les personnes et les biens ».

Soutenues par le MRAP, des familles du bidonville ont attaqué l’arrêté devant le tribunal administratif de Lyon. Dans un communiqué, l’association anti-raciste s’interroge en effet sur le véritable caractère d’urgence de cette évacuation :

« Les familles Roms ont fait l’objet d’une assignation devant le juge des référés le 21 juillet. Tous les arguments de dangerosité et d’insalubrité dont la préfecture se sert pour motiver son arrêté on déjà été présentés devant ce juge des référés. Ce dernier, estimant probablement que le caractère d’urgence de l’expulsion n’était pas avéré à mis sa décision en délibéré au 5 septembre. »

Le MRAP considère que « la préfecture profite de la période estivale pour expulser » alors que la situation de ce bidonville est connue des autorités depuis deux mois.

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