sur la transformation des villes en écosystèmes plus résilients, favorables à la santé.
La santé globale : quand l’humain prend conscience de la fragilité du vivant
La pandémie l’a rappelé, l’humanité est une espèce vulnérable. Son destin dépend aussi de la santé des non humains, autant d’espèces et d’écosystèmes que l’urbanisation croissante menace toujours davantage. Parti du marché de Wuhan, un minuscule virus est parvenu à franchir la barrière inter-espèces pour paralyser l’ensemble de nos économies. Le coronavirus a souligné en miroir la fragilité de nos espaces de vie. Ce fut particulièrement le cas de nos villes, qui regroupent l’essentiel de la population mondiale. Aujourd’hui plus de la moitié de la population est urbaine, soit 4,4 milliards d’habitants. Alors qu’on la croyait un instrument de puissance, un lieu de protection, la ville s’est révélée être un colosse aux pieds d’argile ! Les confinements ont souligné l’impréparation de nos sociétés urbaines. Nous n’avons eu d’autre choix que d’empêcher les habitants de sortir, pour éviter de courir le risque d’une contagion mondiale !

La crise de la santé globale, c’est finalement la crise de la ville
Conscientes de leur interdépendance avec le vivant, les villes doivent se réinventer. Car elles sont peu adaptées face à la généralisation des risques que constitue l’anthropocène. Et si l’anthropocène était en réalité un urbanocène comme le suggère le géographe Michel Lussault ?
La crise de la ville est plus largement une crise de l’habitabilité. Les risques liés au changement global augmentent, et particulièrement en ville. Elles sont confrontées aux canicules et îlots de chaleurs urbain, aux risques industriels, aux inondations… La ville devient un espace désagréable à vivre. Et ce du fait d’appartements exigus aux loyers exorbitants, du manque d’espaces verts, ou de pollutions nombreuses.

Pire encore, ce sont ces mêmes modes de vie urbains qui participent de ces fragilités systémiques. Gourmandes en énergie et en foncier, nos pratiques urbaines se normalisent autour de valeurs contraires aux enjeux écologiques. C’est le cas de la course généralisée à la vitesse, de l’hyperconsommation du fait d’une publicité omniprésente.
Penser local pour agir global
Les politiques urbaines se saisissent aujourd’hui de tous ces enjeux pour tenter de se réinventer. Dès le Sommet de la Terre en 1972, René Dubos l’avait pourtant formulé. Pour combattre le changement climatique, il est nécessaire de penser global pour agir local. Nous faisons ici l’hypothèse qu’il est essentiel de retourner cette proposition pour arriver à de véritables changements. La ville peut – et doit ! – devenir un terrain d’expérimentation pour être un lieu qui demeurera vivable dans le futur. Et puisqu’il nous faut maintenant atterrir, il convient aujourd’hui de penser localement pour agir globalement !
Prendre soin des Lyonnais·e·s, une urgence ?
Si la santé est globale, la ville peut être le lieu d’une thérapeutique. Ne faut-il pas substituer à la lutte pour la compétitivité urbaine une ambition de l’attrait ? Celle de retenir des habitants plutôt que de chercher à en attirer toujours davantage ! C’est l’approche soutenue par la santé environnementale qui revendique une conception collective de la santé. Loin d’un paradigme curatif qui consiste à mettre des pansements sur une jambe de bois, elle fait de l’environnement un levier d’action pertinent pour promouvoir une vie bonne. Prendre soin de l’espace, c’est finalement prendre soin des urbains.

Fortes de ce constat, des municipalités développent des programmes de santé environnementale . S’inspirant des éthiques du care, la ville de Madrid a proposé un programme pour devenir une ville du soin.
Vers une politique de santé globale à Lyon
Agir sur la santé en ville ne saurait se réduire à des programmes d’aménagements. Les actions de végétalisation ou de réduction des mobilités carbonées contribuent à améliorer le bien être en ville. Elles ne peuvent suffire. D’abord car toutes les populations ne sont pas exposées de la même façon aux risques. L’action publique doit aussi prendre en compte ces inégalités pour faire de la transition écologique un programme socialement juste.
Plus encore, le soin de l’espace se doit aussi d’impliquer les habitants et de favoriser les rencontres. Car l’isolement concerne surtout les populations les plus fragiles : personnes âgées, handicapées, etc. Ainsi prendre soin des urbains c’est aussi recréer du lien entre humains, et entre humains et non humains. Car, comme l’a montré le sociologue E. Klinenberg dans un ouvrage qui a fait date, plus une communauté habitante est maillée, et plus les individus sont protégés. Forger des “infrastructures sociales” plus résilientes, voilà aussi un moyen de soigner les villes !
Penser la santé pour panser les villes
On le voit, la santé est bel et bien un concept global ! Et c’est depuis Lyon que les équipes de Radio Anthropocène penseront à ces liens entre santé et ville. Un moyen de panser les maux contemporains en mettant des mots dessus ! Pour cela, nous recevrons politiques, chercheur⸱e⸱s, artistes pour dialoguer ensemble sur ce sujet.


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