Après les portiques à l’entrée des lycées, bientôt les scanners ? C’est en tout cas le vœu formulé par l’exécutif LR de la Région Auvergne-Rhône-Alpes. Alors que la question de la sécurisation des établissements scolaires est revenue en force après l’assassinat d’une assistante d’éducation en Haute-Marne, l’assemblée plénière a adopté ce jeudi 26 juin l’expérimentation de l’installation de scanners corporels à l’entrée des lycées de la Région.
Mais pas que. Le duo Laurent Wauquiez/Fabrice Pannekoucke souhaite aussi « une adaptation législative autorisant le déploiement de la vidéosurveillance algorithmique dans et aux abords des lycées ». Cette technologie « intelligente », très controversée par les associations de protection des droits humains, avait été expérimentée durant les Jeux olympiques. Elle vient d’être prolongée jusqu’en 2027, malgré un bilan mitigé révélé par nos confrères du Monde.
Lycées de la Région : la surenchère sécuritaire ?
Sauf que le rapport présenté n’est en réalité qu’un vœu et n’est donc pas contraignant. Surtout, ce type d’expérimentation n’est, pour l’heure, pas possible. L’exécutif LR de la Région veut demander une modification de la loi qui circonscrit pour l’instant l’usage des scanners corporels « aux manifestations sportives ou culturelles rassemblant plus de 300 spectateurs. » Quant à la surveillance algorithmique, le conseil régional souhaite « amplifier » l’expérimentation de la technologie testée dans le cadre des JO 2024.
Les élus LR ont justifié cette demande en mettant en avant l’efficacité présumée des portiques (eux aussi décriés en leur temps), mis en place depuis 2016 devant les lycées de la Région. L’UDI a soutenu la mesure, tout comme le RN, qui a rajouté l’habituelle petite touche de son triptyque « Sécurité-Laxisme-OQTF ».
Scanners dans les lycées : la gauche s’étrangle
À gauche pourtant, on s’étrangle de cette surenchère sécuritaire, dont le coût n’a pas réellement été évalué (un scanner corporel d’aéroport coûterait entre 150 000 et 250 000 euros). Élu socialiste de l’Isère, Stéphane Gemmani a fustigé un dispositif « sans base légale ni efficacité prouvée ».
« Avec ce texte, vous êtes dans la com’, le blabla. On le sait, la réponse sécuritaire ne fonctionne pas. Elle n’agit pas sur les causes profondes. Il y a un problème de santé mentale chez les jeunes, et un manque d’infirmières et de médecins scolaires », a soupiré Catherine Bony, élue écologiste d’opposition.
Derrière cette proposition, adoptée à une large majorité, l’opposition soupçonne un agenda politique caché de Laurent Wauquiez, devenu simple « conseiller spécial » de la Région, mais en réalité toujours très présent.
« C’est une assemblée « post-défaite », une assemblée de communication », a raillé l’élu écolo Maxime Meyer au sujet des délibérations discutées ce jeudi à Lyon, pointant la défaite écrasante de l’ancien président de Région face à Bruno Retailleau aux élections internes des Républicains.
Point notable, une autre délibération a été adoptée ce 26 juin, pour proposer à des agents de la Région de transformer leurs RTT en jours de travail. Son nom ? « Travailler plus pour gagner plus », un des slogans de Nicolas Sarkozy en 2007. Ou comment faire du vieux avec du vieux.

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