Ils étaient une centaine devant le rectorat de l’Académie de Lyon, au milieu des pancartes et drapeaux syndicaux, à 13 heures ce mardi 18 février. En réponse à l’appel à la grève de l’intersyndicale, de nombreux enseignant·es en école primaire (maternelle et élémentaire) ont décidé de se rassembler pour protester contre les 83 suppressions de postes annoncées dans les écoles du Rhône par l’Académie de Lyon, effectif à la rentrée prochaine.
Pour visibiliser leurs revendications, les manifestant·es ont saisi l’occasion de la CSASD, la réunion qui décide des ouvertures et fermetures de classes dans la circonscription du Rhône, qui se tient ce mardi 18 février. Beaucoup décrivent un sentiment d’injustice et d’impuissance.
« Je suis prise pour un numéro »
« Ça fait dix ans que je suis dans l’école, je ne suis pas la dernière arrivée, mais je vais perdre ma classe », témoigne une maîtresse. Cette enseignante en REP+ à l’école maternelle Pablo Picasso d’Oullins-Pierre-Bénite, où trois postes devraient être supprimés, appréhende la rentrée prochaine. « Je ne sais pas où, ni dans quel niveau je vais être mutée, raconte-t-elle. Je pourrais passer de la maternelle au CM2 et travailler très loin de chez moi. »
Même situation pour une enseignante en élémentaire à l’école Girard Desargues de Vourles, où une classe va être supprimée. « J’ai le sentiment que l’ancienneté ne nous apporte plus aucun avantage, regrette-t-elle. J’ai plus de vingt ans de métier, et je suis prise pour un numéro. » Elle aussi risque d’être mutée dans une autre école de la circonscription du Rhône.
Une mobilisation contre les suppressions de postes
Pour les syndicats enseignants, ces fermetures de classes et suppressions de postes sont motivées par la politique budgétaire Bayrou. Le Premier ministre, qui voulait à l’origine supprimer 4 000 postes d’enseignants, y avait renoncé en janvier – une des conditions de son accord avec le Parti socialiste pour éviter une censure à l’Assemblée nationale.
Mais l’Académie de Lyon prend aussi en compte une baisse progressive de la démographie scolaire dans la circonscription, qui se poursuit depuis plusieurs années. Pourtant, pour Sylvain Depaix, délégué syndical Snudi-FO, une autre solution est possible : « On demande de baisser les seuils [d’élèves minimum par classe, ndlr]. Ça permettrait d’avoir moins d’élèves par classe et de ne pas supprimer de postes inutilement. »
Le problème des classes surchargées est régulièrement soulevé par les syndicats, qui déplorent des conditions de travail dégradées. « On ne se mobilise pas pour des augmentations de salaires, mais pour des meilleures conditions d’accueil des enfants », assène une enseignante gréviste.
Les syndicats attendent l’issue de la CSASD en fin de journée pour décider de la suite de la mobilisation. Contacté par la rédaction, le rectorat ne nous a pas encore répondu à la publication de cet article.

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