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Covid-19 : l’évolution de l’épidémie en Auvergne-Rhône-Alpes
Société 

Covid-19 : l’évolution de l’épidémie en Auvergne-Rhône-Alpes

actualisé le 10/09/2020 à 18h11

[DATA] Désormais, le port du masque est obligatoire en extérieur à Lyon et Villeurbanne. Et l’attente, voire les files d’attente, pour effectuer un test sont parfois longues. Conséquence peut-être de cette ruée, le taux d’incidence augmente un peu partout dans la région. Visualisez l’évolution des indicateurs de l’épidémie de la Covid-19 en Auvergne-Rhône-Alpes.

(Rue89Lyon propose un point hebdomadaire, celui que vous lirez ci-après a été effectué en date du 8 septembre)

L’épidémie de Covid-19 continue de progresser en France. La région Auvergne-Rhône Alpes ne fait pas exception. Certains indicateurs sont repartis à la hausse après une baisse ou une stagnation durant une bonne partie de l’été. Les signes de progression observés à la mi-août semblent se confirmer. Selon Santé Publique France, le virus circule et progresse dans toutes les tranches d’âge de la population. Il existe toutefois d’assez grandes disparités entre les départements de la région.

Observez le détail par département en Auvergne-Rhône-Alpes :

Les indicateurs de la Covid-19 dans l’Ain

Le 1er septembre, le département a recensé le premier décès à l’hôpital depuis le 8 juillet. Durant presque deux mois donc, le département n’avait pas enregistré de décès. Il en recense 3 ces derniers jours. Le nombre d’hospitalisations reste stable toutefois depuis le 25 août, date de la fin de la baisse continue depuis le mois de mai.

L’Ain reste malgré tout un des départements les moins touchés par la Covid-19 d’Auvergne-Rhône-Alpes. Le taux de mortalité pour 1 million d’habitants est de 165, contre près de 360 pour le Rhône ou 325 pour la Loire, département à la population quasi équivalente.

Le taux d’incidence, particulièrement bas depuis le mois de mai, a augmenté de façon significative. Il dépasse désormais depuis la fin du mois d’août le seuil de vigilance.

 

 

Les indicateurs de la Covid-19 dans l’Allier

Même si cela reste limité, l’évolution de l’épidémie se fait aussi sentir dans l’Allier. Dans ce département, le nombre maximum de personnes prises en charge à l’hôpital était de 22 patients du 9 au 11 avril 2020. Des chiffres peu élevés mais conformes à la population du département (environ 300 000 habitants).

On constate dans l’Allier une reprise des hospitalisations une semaine environ après le début du déconfinement (11 mai). Elles sont toutefois en baisse quasi constante depuis la mi-juin mais ont repris légèrement depuis la fin du mois d’août, passant de 1 à 5 hospitalisations. Il n’y a pas eu de nouveau décès à l’hôpital depuis fin juin mais le taux d’incidence augmente dans le département en cette fin de l’été. Même s’il reste encore bien en-deça du seuil de vigilance.

Les indicateurs de la Covid-19 en Ardèche

L’Ardèche a connu, jusqu’ici, son pic d’hospitalisations le 5 mai avec 156 patients hospitalisés. Une courbe quasi similaire à celles des patients en réanimation. Comparativement à un département aussi peuplé comme l’Allier, elle a connu beaucoup plus de décès (117 au 8 septembre), pour un nombre de patients en réanimation sensiblement équivalent.

L’Ardèche est même le deuxième département de la région le plus touché, juste derrière le Rhône, au regard du ratio de morts pour un million d’habitants en progression (357 morts pour un million en Ardèche contre 360 morts pour un million dans le Rhône). Et devant la Loire, département pourtant plus peuplé.

En Ardèche, la reprise de l’épidémie ou sa circulation plus active, s’est ressentie un peu plus tôt que dans les autres départements d’Auvergne-Rhône-Alpes. Hospitalisations et taux d’incidence sont en légère progression depuis la première quinzaine d’août. Les premiers jours de septembre ne montrent pas d’arrêt de cette progression.

Les indicateurs de la Covid-19 dans le Cantal


Département le moins peuplé de la région (150 000 habitants environ), il est celui qui présente les chiffres les moins élevés. 10 personnes décédées à ce jour et 30 hospitalisées en simultanée au maximum dans le département.

Dans le Cantal aussi, les signes d’une reprise de l’épidémie se font sentir. Il n’y avait plus eu de décès dû à la Covid-19 à l’hôpital depuis le 7 mai dernier. Le 7 septembre, un nouveau décès a été enregistré. Même très faible, le nombre d’hospitalisations est lui aussi reparti à la hausse. Le Cantal qui connaissait un taux d’incidence quasi nul jusque-là, flirte avec le seuil de vigilance.

Les chiffres dans le département de la Drôme


 

La Drôme a été un des départements où le taux d’incidence est reparti à la hausse assez tôt au mois d’août. Depuis, il a continué de progresser avant de marquer un ralentissement en ce début du mois de spetembre.

Toutefois, la reprise de l’épidémie ne se retrouve pas dans les indicateurs hospitaliers. Les hospitalisations qui avaient stagné de fin juin à fin juillet ont été quasi nulles durant le mois d’août. Le début du mois de spetembre ne montre pas de reprise de ces indicateurs.

Avec 245 morts pour 1 million d’habitants au 8 septembre, la Drôme n’est pas le département le plus touché. Mais elle présente un taux de mortalité deû à la Covid-19 plus élevé qu’un département comme l’Ain à la population équivalente.

Les chiffres dans le département de l’Isère

L’Isère, deuxième département de la région par sa population (1,2 million d’habitants), semble avoir été moins touchée que les autres départements les plus peuplés. Avec 153 personnes décédées en hôpital dans le département, c’est par exemple 6 fois moins que dans le Rhône (660 décès au 22 juillet) et même moins que dans la Loire (250 décès environ). Avec 250 personnes hospitalisées au maximum, elle a connu jusqu’ici une courbe des hospitalisations proche de celle d’un département comme la Drôme par exemple. Très loin des plus de 1250 hospitalisations du Rhône ou même des près de 500 dans la Loire.

Toutefois, l’épidémie semble progresser en Isère aussi. Les hospitalisations repartent à la hausse depuis le 26 août. Elles retrouvent un niveau proche de celui constaté fin juin. Mais loin encore des mois de mars et avril au plus fort de l’épidémie jusqu’ici. La conséquence peut-être d’un taux d’incidence en augmentation depuis le 10 août environ et qui dépasse le seuil de vigilance début septembre.

Les chiffres dans le département de la Loire

Au regard de la population, la Loire est un des départements le plus touchés par la Covid-19 en Auvergne-Rhône-Alpes.

Troisième département par sa population, il est le deuxième département qui compte le plus de patients décédés de la Covid-19, 249 au 8 septembre. Avec 325 morts pour un million d’habitants, il présente un taux de mortalité proche de l’Ardèche ou du Rhône, les départements de la région les plus touchés jusqu’à maintenant.

La circulation active de l’épidémie se constate dans le taux d’incidence, en hausse depuis début août. Et qui a dépassé le seuil de vigilance début septembre. Toutefois, les hospitalisations n’ont pas connu de hausse significative (très légère hausse depuis début septembre). Une évolution peut-être due à un dépistage plus important de la population et une découverte de nouveaux cas plus forte mais ne présentant pas de formes sévères.

Les chiffres dans le département de la Haute-Loire

La Haute-Loire est le département de la région Auvergne-Rhône-Alpes qui a accueilli le moins de patients en réanimation depuis le 17 mars 2020. Du 7 au 12 avril 2020, seuls 7 patients étaient pris en charge dans un service de réanimation du département. Les chiffres n’ont fait que diminuer par la suite. Ses courbes d’hospitalisations et de décès se situent entre celles de l’Allier et du Cantal.

La Haute-Loire connaît ces dernières semaines, comme les autres départements, un taux d’incidence en hausse. Seul indicateur montrant une permanence voire une reprise de l’épidémie dans le département. Quasi nul depuis le mois de mai, il a connu une augmentation fin août. Les premiers jours de septembre semble montrer une légère décrue. A l’hôpital, la reprise de l’épidémie ne se constate pas pour le moment.

Les chiffres dans le département du Puy-de-Dôme

Le département du Puy-de-Dôme n’a été confronté aux premiers décès qu’à partir du 30 mars 2020. C’est beaucoup plus tard que d’autres départements de la région Auvergne-Rhône-Alpes qui ont fait face aux premiers « décès Covid-19 » dès le 18 mars, comme la Loire.

Comparativement à sa population (650 000 habitants environ), le Puy-de-Dôme présente de meilleurs chiffres que l’Ain ou la Loire, aux volumes de population proches. Avec moins de 50 personnes décédées à l’hôpital et moins de 100 hospitalisées au plus fort de la crise sanitaire et une quarantaine en réanimation, le département présente des chiffres proches de ceux de l’Allier, pourtant deux fois moins peuplé.

Depuis la mi-aôut toutefois, les signes de reprises sont là. Le taux d’incidence a légèrement bondi et dépassé le seuil de vigilance. Les hospitalisations sont en légère augmentation et deux nouveaux décès ont été enregistrés.

Les indicateurs de la Covid-19 dans le Rhône

En Auvergne-Rhône-Alpes, le Rhône a été le département le plus touché, en volume, selon les indicateurs de Santé Publique France. Les 677 décès au 8 septembre représente un ratio de 360 morts pour 1 million d’habitants.

S’il est le plus touché de la région, le Rhône est très loin des départements les plus touchés en France comme le Territoire de Belfort (1427 morts pour un million), le Haut-Rhin (1084 morts/million) ou le Val-de-Marne (856 morts/million).

Les signes de circulation active de l’épidémie sont là malgré tout. Le nombre de décès durant l’été a été relativement faible (22 en juillet et août). Mais depuis le 26 août, les hospitalisations ont presque triplé. Les admissions en réanimation ont été multiplié par 5. Si la hausse de ces indicateurs sur les dernières semaines est importante, ils restent loin des niveaux du pic du début du printemps.

Les chiffres dans le département de la Savoie

La Savoie fait partie des départements les plus épargnés par l’épidémie. Elle présente un ratio de 173 décès pour un million d’habitants, deux fois inférieur à ceux du Rhône ou de l’Ardèche.

Hospitalisations et admissions en réanimation de personnes infectées sont toutefois en hausse depuis la fin août. Elles ont triplé ces deux dernières semaines. Signe de la circulation de nouveau active du virus.

Les chiffres dans le département de la Haute-Savoie


La Haute-Savoie est un des départements présentant le moins de signes de reprise de l’épidémie de Covid-19 en Auvergne-Rhône-Alpes.

Si son taux d’incidence a bien augmenté durant l’été, il est en léger retrait depuis la fin août et les premiers jours de septembre. Surtout, à l’hôpital les indicateurs ne montrent pas de reprise active. Les hospitalisations se sont stabilisées depuis fin août qui avait marqué la fin d’une baisse continue depuis le printemps. Les admissions en réanimation restent quasi nulles.

Les données utilisées

Les données hospitalières de l’épidémie de Covid-19

Elles proviennent des chiffres de Santé Publique France. Il s’agit de données journalières pour le nombre d’hospitalisations, de personnes en réanimation et de personnes décédées. Pour le taux d’incidence, il s’agit de données établies de façon hebdomadaire.

Précisions :

Pour le nombre de patients hospitalisés ou en réanimation ou en soins intensifs, il s’agit de données journalières non cumulées et provenant des hôpitaux (hors Ehpad donc). Les chiffres représentent donc le nombre de personnes hospitalisées ou en réanimations à ce jour.

Pour le nombre de personnes décédées à l’hôpital, les chiffres présentés sont un cumul depuis le début de la publication des données, à savoir le 18 mars. Voilà pourquoi les courbes des décès sont différentes des autres. Elles se stabilisent mais ne diminuent donc pas.

Limites des données hospitalières de Santé Publique France :

  • Le système de déclaration des cas n’est pas exhaustif et le nombre d’établissements déclarant varie au cours du temps ;
  • Certains patients, présents dans la base de données hospitalières à un moment donné, sont retirés de la base de données par les établissements de santé lorsque le résultat biologique du patient est négatif par rapport au COVID-19.

Le taux d’incidence de l’épidémie de Covid-19

Le taux d’incidence correspond au nombre de tests positifs pour 100.000 habitants. Il est calculé de la manière suivante : (100000 * nombre de cas positif) / Population.

Il est permis grâce au Système d’Informations de DEPistage (SI-DEP). Le nouveau système d’information de dépistage (SI-DEP), en déploiement depuis le 13 mai 2020, est une plateforme sécurisée où sont systématiquement enregistrés les résultats des laboratoires des tests (RT-PCR) réalisés par l’ensemble des laboratoires de ville et établissements hospitaliers concernant le SARS-COV2.

Précision :

  • Sélection de la première date avec pcr positive si plusieurs prélèvements positifs pour un même patient

Limites :

  • Seuls les tests biologiques des personnes pour lesquelles le département de résidence a pu être localisé sont représentés sur les cartes. Les personnes dont le département n’a pas pu être remonté dans les données SIDEP ne sont comptabilisées qu’au niveau France entière. De ce fait la somme des tests indiqués dans les départements ou régions est inférieure au nombre de tests indiqué en France.
  • Le délai de remontée des tests peut excéder 9 jours dans certains cas. Les indicateurs sont ajustés quotidiennement selon la réception des résultats.

L'AUTEUR
Bertrand Enjalbal
Bertrand Enjalbal
Journaliste à Rue89Lyon

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