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Flore : « C’est l’occasion de redistribuer les cartes en faveur d’artistes locaux »

DJ, productrice de bass music, directrice du label POLAAR, enseignante à European Music industry lectures (EMIL)… Flore Morfin est une figure incontournable des musiques électroniques, à Lyon et ailleurs. Elle a sorti son dernier album en plein confinement.

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Flore. DJ lyonnaise. ©DR

En 2016, elle est la première femme française à obtenir la certification Ableton, le Graal pour les formateurs de DJ. Ses diverses activités l’ont aidée à traverser la crise sanitaire. Une crise qui a aussi été l’occasion pour cette mélomane obstinée de remettre en question certaines pratiques artistiques.
On a eu avec elle une conversation passionnante dont on tire ce témoignage, sur sa situation personnelle, sur l’ensemble des alternatives lancées, et plus largement sur cette période plus que questionnante pour tout le monde du spectacle, de la nuit et des concerts.
 
« Durant cette période de confinement, tout était à l’arrêt chez moi. Les cours étaient annulés, puis reportés à la rentrée. Pour mes activités en tant qu’artiste, c’est pareil : sur une quinzaine de dates qui devaient tomber entre mars et la fin de l’été, un tiers a été reporté à la fin de l’année et la plupart en 2021, et le reste annulé, notamment parce que pour certaines structures, c’est trop compliqué de s’engager sur l’année qui suit.
Pour l’ensemble de mes activités, entre les workshops [ateliers collaboratifs que délivre Flore en tant que formatrice, ndlr] et les dates calées jusqu’en août, je suis à 10 000 euros de pertes (entre mi-mars et cet été).
Après je ne m’en suis pas trop mal sortie comparé à d’autres. Je suis intermittente du spectacle et j’avais pas mal bossé en début d’année, donc j’avais des sous de côté. Avec le label, on ne touche pas de subventions en temps normal, donc on n’a pas fait de démarches particulières pour percevoir des aides exceptionnelles. Et pour ma part, je ne me suis pas pris la tête à remplir un dossier, pour qu’à mon avis, dans 90% des cas, cela n’aboutisse pas. Je ne suis pas assez dans la galère : je n’ai pas d’enfant, je n’ai pas d’emprunt, je n’ai pas de voiture, donc ça va (rires).

« Le gouvernement est sympa de rouvrir les salles de concert, mais si c’est pour recevoir 15 personnes et perdre de l’argent, qu’il n’y ait pas d’ambiance, y’a pas d’intérêt. En fait c’est une torture pour tout le monde »

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