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Des lycéens à Bron et à Villeurbanne : « On fait de la violence pour qu’on nous voie et qu’on nous entende »
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Des lycéens à Bron et à Villeurbanne : « On fait de la violence pour qu’on nous voie et qu’on nous entende »

actualisé le 10/12/2018 à 20h59

Le mouvement lycéen se poursuit et prend de l’ampleur dans la Métropole de Lyon. Les organisations syndicales incitent à la mobilisation avec dans leur ligne de mire, notamment, la hausse du coût des inscriptions à la fac pour les étrangers et la réforme du bac, jugés inégalitaires. Reportage à Bron et à Villeurbanne.

« Les casseurs nous empêchent d’être entendus », regrette une élève rencontrée devant le lycée Jean-Paul Sartre à Bron. A l’exception d’un fumigène lancé par un élève, la matinée de ce jeudi a été calme par ici.

Une pancarte devant un lycée de Bron. ©Hugo Dervissoglou/LBB

Une pancarte devant un lycée de Bron. ©Hugo Dervissoglou/LBB

Le personnel éducatif a fait rentrer l’ensemble des élèves munis de leur carnet de correspondance. Mais dans le décor, le tourniquet et le grillage devant l’enceinte sont recouverts de slogans pour contester l’augmentation des droits d’inscription en fac ou la sélection pour intégrer les universités.

La veille, deux voitures ont été incendiées et trônent depuis devant l’établissement, les vitres de l’arrêt de tramway n’existent plus.

A Villeurbanne, le lycée Pierre-Brossolette a retrouvé la quiétude mais pas forcément la sérénité. Mercredi, une centaine de CRS a investi le quartier Gratte-Ciel pour disperser d’éventuelles manifestations de casseurs. Devant les colonnes jaunes indiquant l’entrée de leur établissement, les élèves observent en silence.

Pendant ce temps quelques membres se présentant comme appartenant à la mouvance anarchiste narguent les forces de l’ordre. La direction de l’établissement a empêché le blocage le mercredi. Elle n’a pas hésité à faire rentrer les élèves dès leur arrivée aux abords de l’établissement.

Une voiture calcinée à Bron. ©Hugo Dervissoglou/LBB

Une voiture calcinée à Bron. ©Hugo Dervissoglou/LBB

« Nous voyons l’avenir incertain et flou »

Le sentiment dominant des lycéens rencontrés, correspond à une inquiétude face à l’avenir. Certains doutent que des manifestations pacifiques puissent être visibles et audibles. Mégaphone à la main, le porte-parole désigné du mouvement dépend de l’état d’esprit de ses camarades.

« Pour l’instant nous voyons l’avenir incertain et flou. C’est pour cela que nous nous mobilisons sur la question de Parcoursup et du Baccalauréat ».

Il continue :

« Comme ce ne sera plus un diplôme national nous craignons que des établissements moins bien cotés soit encore moins bien reconnus. »

Désabusé, l’un d’eux nous indique ne pas croire dans l’ascenseur social : « On ne prend jamais en exemple que quelques personnes qui sont parvenus à le prendre. »

Ils dénoncent aussi un manque de mixité sociale dans « les établissements huppés ». Une des meneuses prend l’exemple du lycée Juliette-Récamier (2ème arrondissement de Lyon).

« Avant on retrouvait des enfants qui venaient d’Ampère. Dès que la banlieue est arrivée, les parents les ont retirés pour les mettre dans le privé ».

Une manifestation lycéenne prévue ce vendredi

©Hugo Dervissoglou

Le mouvement des lycéens, le 6 décembre 2018. ©Hugo Dervissoglou

Leur crainte est que la réforme du bac ne fasse qu’aggraver la situation et ne propage ce manque de mixité à l’enseignement supérieur. Le Service National Universel, porté par le secrétaire d’Etat Gabriel Attal, ne fait, lui, pas l’unanimité à cause de l’absence de rémunération.

L’Union Nationale des Lycéens (UNL), qui a lancé le mouvement appelle toujours au blocage des lycées et à une manifestation ce vendredi 7 décembre, entre Jean-Macé et la place Guichard. Elle sera suivie d’une assemblée générale à la Bourse du travail « pour discuter de la suite à donner au mouvement ».

D’après la page Facebook du syndicat, le mouvement a réuni jusqu’à 5500 élèves mardi. Un chiffre très éloigné des 12 000 lycéens lyonnais qui, en février 2005, avaient manifesté contre la réforme du bac du ministre de l’Education Nationale de l’époque, François Fillon. Une proposition finalement retirée 3 jours plus tard.
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L'AUTEUR
Hugo Dervissoglou, rédacteur au Lyon Bondy Blog

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