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Grenoble : entre Eric Piolle et les agents municipaux de la cuisine centrale, ça chauffe
Société 

Grenoble : entre Eric Piolle et les agents municipaux de la cuisine centrale, ça chauffe

par Jean-Baptiste Auduc.
Publié le 14 octobre 2018.
Imprimé le 23 octobre 2021 à 18:25
5 318 visites. 1 commentaire.

Claude Davide, chauffeur-livreur depuis 30 ans à la Ville de Grenoble pour le service de restauration est en arrêt maladie depuis un an. Lui et ses collègues mettent en cause un "harcèlement" de la part de leur hiérarchie, qui serait selon eux l'aboutissement d’une répression mise en place contre des grèves successives ces dernières années.

Le mercure frise les 2 °C dehors, ce matin de novembre 2017. Pourtant, dans la cuisine centrale — le service approvisionne en repas les écoles, des centres de loisirs ou des Ephad — où le blanc règne des murs au plafond, la chaleur est tropicale.

Ce jour-là, Claude Davide revient au travail, après deux mois et demi d’arrêt maladie. Le fonctionnaire, encarté chez Sud Solidaires, prend d’habitude son poste de chauffeur-livreur. Mais la direction de la cuisine centrale lui a signifié un changement de poste pour raisons de santé. À 61 ans, son nouveau job est au plus bas de l’échelle : plongeur.

Pour atteindre son poste de travail, situé dans un coin de la cuisine centrale, il passe devant les grandes baignoires remplies d’eau bouillante.

Deux personnes y sont affectées 7 heures par jour. Munis de grands manchons bleus, charlotte et tablier de boucher, les plongeurs nettoient les énormes ustensiles de cuisine, portent des casseroles imposantes et rincent à coups de jet d’eau.

Claude Davide se souvient :

« À peine arrivé à mon poste, j’ai fait un accident de décompensation. J’avais fait de la plonge durant mes premiers mois à la cuisine, mais c’était il y a 35 ans. C’était terrible et humiliant. Pour moi, c’était un retour à la case départ. »

Il poursuit :

« De vive voix, ma cheffe nous a dit que si l’on n’aimait pas son management, il y avait deux solutions : la mobilité ou l’arrêt maladie. »

Après cet épisode, Claude Davide fait une dépression et atterrit dans un hôpital psychiatrique à Nancy. Aujourd’hui, il vit cette mutation « comme des représailles, notamment pour les repas fichus en l’air lors des grèves des dernières années », estime Claude Davide.
Les prémisses de la confrontation

Depuis 2015, plus d’un repas a dû partir à la poubelle à la suite de plusieurs mouvements syndicaux. Ce gaspillage à un but : servir les revendications des employés, ci-après.

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Article actualisé le 21/10/2018 à 18h19
L'AUTEUR
Jean-Baptiste Auduc
Sur le terrain, en conseil municipal ou dans les montagnes, à Grenoble.

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