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Sa démission de Beauvau refusée, son bilan à l’Intérieur critiqué : Gérard Collomb en drama queen
Politique 

Sa démission de Beauvau refusée, son bilan à l’Intérieur critiqué : Gérard Collomb en drama queen

actualisé le 02/10/2018 à 13h33

Lyon n’en finit pas d’être le théâtre le plus couru de la narration macronienne. Et ça, on le doit à Gérard Collomb. Lequel ministre de l’Intérieur a appris au Figaro qu’il avait présenté ce lundi soir, au président de la République, sa démission. Emmanuel Macron l’aurait refusée.

Va-t-il être ministre à mi-temps ? Comment Emmanuel Macron peut-il accepter qu’un remaniement de son gouvernement soit annoncé neuf mois à l’avance et, cela, par un autre que lui-même ? Qu’arrive-t-il au premier supporter du président de la République, qui lance à son sujet et à la première occasion des remarques acides ?

En même temps que Gérard Collomb a décidé de revenir mettre de l’ordre à Lyon, il semble avoir perdu pas mal de sa foi dans Emmanuel Macron.

Au coeur de l’ « affaire Alexandre Benalla« , Gérard Collomb avait déjà perdu confiance. Il s’est éloigné et même méfié de son plus proche collaborateur, Jean-Marie Girier, qu’il avait pourtant fait « monter de Lyon », avec lui, jusqu’à Beauvau.

Dans la tourmente et sous les feux des projecteurs, on dresse déjà son bilan en tant que ministre de l’Intérieur. Dans un article de L’Express plusieurs personnalités (préfets, policiers, anciens titulaires de la fonction) n’ont pas de mots assez durs pour décrire le Beauvau de Collomb, étrillant son action et davantage encore sa personnalité.

« Pas dans la gamme habituelle de ce qui se pratique à Beauvau »

L’un d’eux lâche au sujet du départ de Jean-Marie Girier auprès de Richard Ferrand :

« C’est le vrai ministre de l’Intérieur qui quitte le navire, c’est le début de la fin ».

Un haut gradé de la police a déclaré :

« On sent à chaque apparition publique ou devant ses fonctionnaires que quelqu’un lui prépare ses discours et qu’il n’y comprend rien. J’ai déjà assisté à des speechs sans notes de Sarkozy qui répondait ensuite à des questions difficiles, honnêtement il s’en sortait très bien. Valls aussi connaissait ses dossiers. Collomb ne tient pas la comparaison ».

Dans l’article, on rappelle les « bourdes » de Gérard Collomb au poste de ministre de l’Intérieur (la révélation d’éléments de l’enquête des policiers anglais à la suite de l’attentat de Manchester, entre autres).

Le jugement tombe comme un couperet :

« On n’est pas dans la gamme habituelle de ce qui se pratique à Beauvau. »

Lyon for ever, l’Intérieur quelques heures

Un policier reparle, toujours dans cet article, de la manif du 1er mai qui a dégénéré à Paris, tandis que le ministre se trouvait, lui, ailleurs. Où ça ? Lyon, évidemment. A ce sujet, un autre gradé a ajouté, au sujet de la tendance de Gérard Collomb à passer le plus de temps possible à Lyon :

« Il est comme ça notre ministre, sa référence c’est Lyon, et maintenant on découvre que c’est aussi son horizon. Dans ses discours, cela revient tout le temps et les flics ont fini par tiquer parce qu’à force on n’a plus l’impression qu’il s’adresse à des policiers mais plutôt à des administrés. »

Dans la presse locale, il y a quelques années, nous avions interrogé des personnes à Solférino pour savoir pourquoi Gérard Collomb ne trouvait ni poste au sein d’un gouvernement socialiste, ni fonction de premier plan au sein du parti. On nous avait répondu, durement -et avec une pointe (une louche ?) de condescendance désagréable :

« On ne confie pas la direction d’un supermarché à un chef de rayon. »

Avec une Lyon comparée au rayon fromagerie de la supérette France, on voit à sa porte un Gérard Collomb tout prêt à remettre le tablier pour des clients qui, entre temps, peuvent aussi avoir eu envie de changer de crémerie.