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La Maison du Tui Na : un « système d’exploitation » de masseurs chinois à Lyon
Société 

La Maison du Tui Na : un « système d’exploitation » de masseurs chinois à Lyon

actualisé le 11/05/2018 à 13h41

Les massages chinois, c’est bien. Se faire masser par des chinois, c’est mieux.
Partant de ce principe marketing simple, les patrons des salons « La Maison du Tui Na » sont allés chercher des masseurs en Chine.

Enveloppes de liquide, retenus d’argent, paiement à la tâche… Des salariés de ce salon témoignent de pratiques très spéciales. Pour se lancer dans une action rarement constatée dans le milieu : trois d’entre eux ont saisi la justice pour mettre un terme à un « système d’exploitation ».

Créé en 2012 à Paris par un Lyonnais, Anthony Besquent, et une Chinoise, Liping Wang, les salons « Maison du Tui Na » sont implantés dans les beaux quartiers. On compte quatre boutiques à Paris, une à Lyon et une autre à Bordeaux.

Il vous en coûte entre 50 et 100 euros pour une demi-heure à une heure trente de massage « haut de gamme » .

Sur le site Internet, on voit des clients people comme Audrey Pulvar ou Matthieu Chedid poser avec les masseurs.

Et la presse ne tarit pas d’éloge sur la « Maison du Tui Na qui libère le corps ». A Lyon, le salon sis rue Grôlée (2e arrondissement) compte sept salariés : cinq masseurs et deux personnes à l’accueil.
Jusqu’à l’été 2016, quatre des masseurs étaient venus directement de Chine.

1. La « caution » et les « frais d’avocat » : de l’argent retenu

Bing Bai est originaire de la ville de Yan’an, une ville du sud-ouest de Pékin. Durant ses études, il a rencontré celle qui va devenir sa compagne, Xue Wang. Les deux possèdent un diplôme d’Etat de « tui na », le massage traditionnel chinois.
En Chine, ils pouvaient espérer gagner, chacun, environ 1000 euros par mois. « Un bon salaire », estiment-ils.

Par l’entremise de sa mère et de sa tante qui pratiquaient déjà les massages chinois à Paris depuis une dizaine d’années, Bing Bai a fait la connaissance de Liping Wang, la cofondatrice des salons « La Maison du Tui Na ».

Début 2015, elle leur a évoqué la possibilité de gagner « jusqu’à 30 000 euros par an ».

Mais faire venir des travailleurs de Chine à un coût. Il faut monter un dossier auprès de l’Office français de l’immigration et de l’intégration (OFII). Et verser une taxe : pour chacun des masseurs embauchés en CDI à 1810 euros brut par mois, elle représente environ 1200 euros.
D’après plusieurs sources, est alors mis en place dès leur arrivée en France en mars 2015 un système de retenus de salaires. Bing Bai raconte :

« C’était convenu comme ça. Liping Wang nous expliquait que ce sont des frais que le patron a dû payer pour nous faire venir en France ».

En se faisant recruter par « La Maison du Tui Na », ces masseurs chinois contractaient une dette auprès de leur employeur d’un montant total de 10 000 euros. Cette dette se déclinait comme ceci, selon les différents témoignages recueillis, dont celui de Bing Bai :

« 5 000 de frais d’avocat pour les documents et 5 000 de frais de caution qui nous sont rendus si on reste cinq ans dans le salon ».

Leur collègue, Di Liu, employée franco-chinoise en charge de l’accueil, a été embauchée en France. Elle n’est pas concernée par ces retenues d’argent. Elle commente :

« C’était pour éviter qu’ils ne partent dans un autre salon ».

Chaque mois, en fonction des revenus, entre 400 euros et 600 euros étaient prélevés, affirment Bing Bai et Xue Wang.

Yingjun Cui exerce comme masseur depuis 1999. Il a notamment travaillé en Malaisie. Il a également fait le voyage depuis la Chine (Pékin exactement) pour rejoindre la boutique lyonnaise au printemps 2015. Ce sont des « connaissances » qui l’ont mis en contact avec Liping Wang, la cofondatrice de la « Maison du Tui Na ».

Le 2 avril, il atterrissait à Paris. Le jour d’après, il travaillait au salon de massage de Lyon, en compagnie de Xue Wang et Bing Bai. Au total ce sont quatre masseurs que la Maison Tui Na a fait venir de Chine.

Yingjun Cui raconte la même expérience :

« Je n’ai jamais rencontré Liping Wang [co-fondatrice de la Maison Tui Na] en Chine. Au téléphone, elle m’a expliqué que je pourrais gagner plus de 2 000 euros par mois. Elle m’a dit que je serai payé 15 euros par massage et qu’il y aurait 5 000 de frais de caution et 5 000 euros de frais d’avocat ».

Contactée, la direction de « La maison du Tui Na Lyon » nous a fait répondre par Liping Wang elle-même, cofondatrice des salons et associée du gérant Anthony Besquet. Se présentant comme « responsable du personnel pour la boutique de Lyon », elle « conteste formellement » la mise en place de cette retenue d’argent : « Tous les frais ont été assumés par la société », affirme-t-elle.

Venu de Chine, Bing Bai a travaillé dans le salon "La Maison du Tui Na" d'avril 2015 à août 2017. ©LB/Rue89Lyon

Venu de Chine, Bing Bai a travaillé dans le salon « La Maison du Tui Na » de mars 2015 à août 2017. ©LB/Rue89Lyon

2. Salaire à la tâche

A « La Maison du Tui Na », les salariés étaient payés à la tâche, en fonction du nombre et du type de massages réalisés.

« Tui Na », « Detox », « Minceur », « Royal »… « La Maison du Tui Na » a mis au point une grille de revenu, massage par massage, afin de calculer le revenu réel des masseurs. Nous avons pu y avoir accès (voir ci-après).

Tarifs. Les masseurs étaient payés au nombre de massage réalisé. Et tous les massages ne rapportaient pas la même chose. En voici la grille

Tarifs. Les masseurs étaient payés au nombre de massage réalisé. Et tous les massages ne rapportaient pas la même chose. En voici la grille

Une partie de l’argent versé aux salariés était déclarée, le reste distribué en liquide.

Pour la partie officielle, les masseurs venus de Chine étaient payés par virement au taux horaire de 11,93 euros brut, soit pour un plein temps (35 heures) 1 810 euros brut.

Et tous les mois, les masseurs recevaient une enveloppe avec du cash à l’intérieur. La somme contenue dans cette enveloppe était calculée en fonction d’une formule mathématique exposée par Bing Bai. Où l’on comprend mieux comment de l’argent était retenu :

« Dans un premier temps, c’était le total des massages moins le salaire net inscrit sur la fiche de paie, la caution et le loyer chaque mois pour les quatre masseurs qui étaient logés par le patron. Ensuite, ils ont changé la formule mathématique afin que ça leur soit plus avantageux. Ils ont soustrait le salaire brut au lieu du salaire net ».

Comme on le voit sur la photo ci-dessous, deux chiffres étaient notés. Sur cette enveloppe de  février 2016 transmise à la masseuse Xue Wang, on lit la somme effectivement versée en liquide (ici 169 euros) et le montant de la « caution » retenue pour les frais (ici noté « 550 Chine/France »). Conclusion : les masseurs gagnaient bien moins que les « 2000 à 3000 euros » promis en Chine.

Photo d'une enveloppe qui aurait contenu un versement en liquide. ©LB/Rue89Lyon

Photo d’une enveloppe qui aurait contenu un versement en liquide. ©LB/Rue89Lyon

Liping Wang conteste également « fermement de telles allégations » :

« Nous n’avons jamais réglé les salaires et primes de nos salariés en liquide. Il est indispensable pour nous de faire travailler nos employés dans de bonnes conditions ».

3. Logés par le patron, chez le patron

De mai 2015 à février 2017, Bing Bai et sa compagne, Xue Wang sont domicilié « chez Anthony Besquent ». Par leur patron qui n’est autre qu’Anthony Besquent lui-même.

Le couple vit en collocation avec deux autres masseurs chinois que l’associée d’Anthony Besquent a également recrutés en Chine.

Cet appartement de la rue Tronchet, dans le 6e arrondissement, était « correct », aux dires de Bing Bai :

« Il y avait trois chambres, une pour ma compagne et moi, et une pour chaque autre masseur. Niveau mobilier, il n’y avait que le strict minimum mais c’était assez grand ».

Arrivé en même temps que le couple, Yingjun Cui décrit un appartement « propre et simple » :

« Il n’y avait que la base. Pas de placard, pas d’étagère. L’appartement était équipé d’un chauffage mais il ne fallait pas l’utiliser ».

Le couple payait 250 euros par personne et les deux autres masseurs 350 euros, toutes charges comprises.

Mais cette somme n’apparaît pas sur les fiches de paye comme un avantage en nature.
Comme nous l’ont exposé les employés que nous avons rencontrés, il s’agit d’une somme prélevée de la somme liquide versée par les employeurs aux masseurs.

La patronne Liping Wang réfute l’existence d’un quelconque avantage en nature :

« Nous avons aidé certains employés dans leurs démarches administratives, et pour trouver des logements. Ils ont toujours réglé leurs loyers, sans avantage en nature ».

4. Des massages semaine et dimanche

La cofondatrice de « La Maison du Tui Na » poursuit :

« Nous donnons tout notre cœur pour apporter du bien-être à nos clients, et en respectant de bonnes conditions de travail pour les salariés ».

Qu’en est-il de ces « bonnes conditions de travail » ?

Zhou était déjà étudiante en France, à l’institut Shao Yang (parcours massage), quand elle a été embauchée par « La Maison du Tui Na » en mai 2016.

« Comme j’avais un titre de séjour étudiant, je n’avais qu’un contrat à mi-temps payé 9,69 euros brut (le Smic). En réalité, je travaillais cinq jours sur sept. Je n’avais quasiment jamais de week-end de libre ».

En France depuis septembre 2010, Zhou n’a pas subi le système de retenues mensuelles. En revanche, elle touchait tous les mois un complément en liquide. Comme tous les autres, elle expose qu’elle a été payée à la tâche :

« Pour moi, c’était temporaire. C’est la manière dont ils traitaient les employés qui, surtout, me dérangeaient. Un massage est facturé au client entre 50 et 100 euros et nous, on était payé entre 12 et 20 euros par massage. Mais s’il n’y avait pas de clients, je devais quand même rester ».

Les massages traditionnels chinois ne sont pas de tout repos. Di Liu détaille :

« Ce sont des massages toniques qui nécessitent beaucoup de force. C’est un travail très physique ».

Xue Wang complète :

« Quand on finit sa journée de travail, on ne sent plus ses jambes ni ses mains. On fait une heure de massage et on enchaîne. On n’a même pas cinq minutes pour aller boire ou pour aller aux toilettes ».

Elle ajoute :

« Des clients nous disaient « vous êtes tout le temps là, même le dimanche ». C’est vrai. »

Les employés peuvent être sur le pont toute la semaine, souvent neuf heures par jour, avec des jours de repos aléatoires. On peut le constater avec le cas de Bing Bai. Pendant plus d’un an (mai 2015-juin 2016), il n’a pas pris de congé et, une semaine sur deux, il n’avait qu’un jour de repos par semaine. D’après ses calculs, il a travaillé entre 45 et 54 heures par semaine.

Sa situation s’améliore à partir de septembre 2016.

Quant à Yingjun Cui, de mai à juillet 2015, il n’a pris que dix jours de repos en trois mois :

« La responsable me disait : « tu n’as rien à faire pendant tes jours de repos, viens travailler ». Et moi, je voulais rapidement payer la caution et les frais d’avocat ».

Les employés du salon de la rue Grôlée travaillent semaine et dimanche. Et les dimanches ne sont pas majorés comme ils le devraient, selon Di Liu qui cite son cas :

« J’ai travaillé trois dimanches au cours du mois de juillet 2017 et aucune majoration n’a été effectuée ».

Interrogé sur le sujet, la « responsable du personnel » du salon de Lyon, Liping Wang nous fait part de son « souci du respect des heures de travail et du règlement de l’ensemble des heures travaillées ».

5. Les salariés revendiquent leurs droits

Progressivement, ces salariés chinois de « La Maison du Tui Na » ont commencé à revendiquer leurs droits.
La masseuse Xue Wang reconnaît son ignorance du droit français :

« On ne savait pas que ces pratiques étaient hors-la-loi. On n’a jamais eu conscience de l’illégalité ».

En charge de l’accueil et mariée à un Français, Di Liu était davantage au fait de ce qui se tramait. Elle raconte comment ses collègues venus de Chine ont obtenu qu’on les rembourse au tournant de l’été 2016 :

« Une masseuse arrivée en septembre 2014 n’avait plus de titre de séjour un an et demi plus tard. Au printemps 2016, elle s’est renseignée auprès d’un avocat. Elle a appris que le système de caution était illégale. Elle a menacé de tout balancer à la justice si les patrons ne réglaient pas sa situation. Ils ont pris peur et ont remboursé les cautions ».

En septembre 2016, la cofondatrice de « La Maison du Tui Na », Liping Wang, est descendue spécialement de Paris pour tenir une réunion de crise.

Di Liu poursuit :

« Lors de cette réunion Liping Wang a annoncé que les cautions allaient être remboursées. Elle a dit également qu’il n’y aurait plus d’enveloppes et que tout serait déclaré. Elle a annoncé qu’on aurait des congés payés mais elle ne parlait pas des dimanches, des jours fériés et des heures supplémentaires qui étaient payées comme des heures normales. Elle disait : « on va devenir légal ». »

Elle a également promis que le ménage ne serait plus fait par les masseurs à qui on le demandait sans qu’ils ne soient payés pour cette tâche.

Bing Bai commente :

« Sans les menaces de notre ancienne collègue, le système serait encore le même. C’est grâce à ça que ça a changé ».

Les quatre masseurs embauchés en Chine ont ainsi obtenu le remboursement de leur caution. Dans un échange sur la messagerie WeChat (voir ci-dessous), Liping Wang demande à la masseuse Xue Wang (l’avatar « nain de jardin ») combien a été retenu entre avril 2015 et juillet 2016.

Voici la traduction :

Le 13 août 2018
– Liping Wang : Combien d’argent vous a-t-on enlevé au total ?
– Xue Wang : Xue Wang 4150 euros; Bing Bai 4000 euros

Echange sur la messagerie WeChatsur les sommes prélevées. ©LB/Rue89Lyon

Echange sur la messagerie WeChatsur les sommes prélevées. ©LB/Rue89Lyon

6. Trois saisines des prud’hommes

En septembre 2016, outre le remboursement de la « caution », les employés chinois du salon de Lyon demandaient que les dimanches, les heures supplémentaires et les jours fériés soient payés comme ils le devraient. C’est à dire majoré de 25% à 100% en fonction des cas.

Outre cette question salariale, la question du ménage n’a pas été réglée. Xue Wang :

« Une personne était en charge du ménage seulement trois jours dans la semaine. Le reste du temps, c’est nous qui devions le faire ».

Au printemps 2017, les salariés sont remontés au créneau, individuellement, pour que ces questions soient réglées. Entre-temps, Zhou a démissionné en décembre 2016.

Bing Bai est revenu à la charge.

« La patronne Liping Wang m’a répondu : « si tu veux continuer, tu fermes ta gueule ». On a tenté de négocier une rupture conventionnelle mais ils ont trouvé qu’on demandait trop ».

A la suite d’une énième réunion, Bing Bai a été licencié pour faute grave en août 2017. Dans la lettre de licenciement, il est notamment écrit qu’il s’est emporté au cours d’une réunion en mai « en hurlant après avoir jeté à terre des affaires » puis qu’il s’est « violemment disputé avec une collègue en présence de clients. »

« En réalité, je ne faisais que réclamer mes droits », plaide-t-il.

Il a saisi le conseil de prud’hommes. Tout comme sa compagne et Di Liu, toujours en poste.

Comparée aux masseurs chinois, Di Liu a une trajectoire particulière. Vivant en France, mariée à un français et occupant la fonction d’hôtesse d’accueil, elle ne voyait pas amputer ses revenus d’une quelconque « caution ».

Elle était déclarée 22 heures au smic mais travaillait quasiment à temps plein. Le complément était payé en liquide.

En janvier 2017, elle a demandé une attestation pour son congé maternité.

« J’ai dû me battre pendant trois mois pour obtenir le papier. Si toutes mes heures avaient été déclarées, j’aurais pu avoir une indemnité plus importante ».

C’est ce qui l’a motivée à saisir également les prud’hommes.

Au final, les deux salariés et le salarié licencié demandent réparation pour le travail dissimulé (le paiement au noir) et souhaitent un rappel de salaire pour les heures supp’, les dimanches et les jours fériés travaillés.

Parmi les nombreuses demandes, il y a également celle qui vise la réparation pour « fraude à l’organisation des délégués du personnel », comme l’explique leur avocate Lucie Davy :

« Même si ce sont, sur le papier, des entreprises différentes pour chaque salon avec un numéro de Siret différent, c’est la même activité et les mêmes conditions de travail. Le nombre de dix salariés est donc largement dépassé et il aurait dû y avoir des élections de délégués du personnel. »

Frédéric Leschieria du syndicat SUD commerce a été le premier à assister ces trois salariés :

« Ils sont venus me voir au mois d’août. Ils ne voulaient plus d’arrangement mais que la justice française s’applique. »

Il précise :

« On a affaire à un véritable système d’exploitation. C’est pour ça que j’ai également écrit au Procureur de la République ».

Le troisième masseur chinois venu de Pékin, Yingjun Cui, a été poussé à la démission en juin 2016. Sa caution lui a quand même été rendue en décembre 2016. Depuis, il travaille dans un salon concurrent de « La Maison du Tui Na », toujours dans le 2e arrondissement de Lyon.

Quant à la cofondatrice de « La Maison du Tui Na », Liping Wang, elle peut affirmer :

«La maison du Tui Na à Lyon recrute en priorité en France. Nous avons une équipe composée de français et parfois d’autres nationalités. Tous nos salariés actuellement à Lyon ont été recrutés en France, à l’exception d’une personne. Il est arrivé que nous n’arrivions pas à trouver de personnel à Lyon qui avaient les compétences nécessaires, nous avons alors effectué des recrutements à l’international selon les profils recherchés ».

La vitrine du salon de massage "La Maison du Tui Na" à Lyon, rue Grôlée. ©LB/Rue89Lyon

La vitrine du salon de massage « La Maison du Tui Na » à Lyon, rue Grôlée. ©LB/Rue89Lyon

Merci pour la traduction >> Sheng Li


L'AUTEUR
Laurent Burlet
Laurent Burlet
Journaliste à Rue89Lyon - politique - questions sociales - écologie.

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