La légende veut qu’il ait inspiré en partie les paroles de Street Fighting Man, fameuse composition des Rolling Stones (en écoute ci-après), rare incursion des apôtres du british beat dans le politique ; au même titre que la révolte de mai 1968 à Paris, ce que Mick Jagger a largement reconnu.
Tariq Ali, incontournable activiste londonien au cœur des swinging sixties, méconnu en France, est invité dans le cadre de la Fête du livre de Bron pour évoquer « 1968, année politique », fort de son expérience de militant trotskyste au sein de l’International Marxist Group.

Alors rédacteur au sein de The Black Dwarf, il suivait de près les événements de Paris et en a fait la Une du journal de la gauche radicale. Le 13 juin 1968, il était même invité à la BBC pour une émission avec, entre autres, les leaders parisiens que sont Daniel Cohn-Bendit et Alain Geismar.
Tariq Ali a écrit deux essais consacrés à 1968, non traduits en français à ce jour : il dialoguera à Bron avec Jean-Christophe Bailly, lui-même auteur d’un récit sur son expérience (il était étudiant à Nanterre au moment du mouvement du 22 mars) titré Un arbre en mai, tout juste paru en janvier 2018, au Seuil.
Mai 68 loin de tous les fantasmes
Surtout, ce dialogue à trois sera dynamisé par Ludivine Bantigny, jeune historienne remarquée dès son très estimable « La France à l’heure du monde ».
« De 1981 à nos jours » (paru au Seuil en 2013), avant de récidiver cette année en offrant la première relecture d’ampleur des événements qui nous occupent ici au sein de « 1968, de grands soirs en petits matins » (toujours au Seuil), qui fera date par son travail en profondeur, l’autrice étant allé consulter des archives, souvent inédites, dans tout le pays, sans se focaliser sur Paris et les figures médiatiques mais puisant à toutes les sources, y compris bien sûr celles des opposants à la révolte.
C’est touffu et passionnant, offrant un regard neuf et loin des fantasmes légués par le camp des irréductibles nostalgiques ou de celui des déclinistes accusant mai 68 de tous les maux.
Surtout, son ouvrage offre une nouvelle lumière aux rêves de changement de vie, aux utopies, aux luttes et créativités alors partagées par nombre de personnes, en France et ailleurs (l’internationalisation du mouvement est aussi abordée). Comme l’un des nombreux slogans d’alors le clamait : ayez des idées !
68, année politique avec Ludivine Bantigny, Tariq Ali et Jean-Christophe Bailly
À l’hippodrome de Parilly au Magic Mirror le dimanche 11 mars à 11h
Par Sébastien Broquet

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