Le nouveau groupe anti-IVG qui crée le buzz va réaliser sa première action ce samedi à Lyon, « devant un centre d’avortement ». Le soir même, Les Survivants tiendront un stand de vin chaud dans le centre de Lyon.
StreetPress a suivi le leader de ces Survivants. Venu de Paris, Emile Duport avait tenu une réunion à Lyon, à la fin du mois de novembre.
Coups de com’
Veste en cuir et roulée au bec, Emile Duport, 36 ans, a la dégaine du mec bien dans son époque. Pourtant il est le leader d’un combat d’un autre âge, la lutte contre l’IVG.
En juin dernier, pour le lancement du mouvement, Emile réunit devant le Centre Pompidou à Paris quelques dizaines de jeunes militants. Quatre cinquièmes d’entre eux s’étaient enroulés dans des rubans verts siglé « conforme ». Le reste dans un rouge marqué « non-conforme ». Aux journalistes venus les interroger, ils affirment souffrir d’un traumatisme, le « syndrome du survivant ». Et qu’importe si leurs parents n’ont pas avorté. Pour eux, ce sont toujours des survivants « statistiques ».
En juillet, avec ses troupes, ils ont tagué les trottoirs aux abords de 120 arènes Pokemon Go de la silhouette du plus célèbre des Pokémons accolée au slogan « Et si Pikachu n’était jamais né ».
En octobre, des militants interrompent l’émission Touche pas à mon poste et remercient Cyril Hanouna « d’exister ». L’animateur a beau être contesté, les Survivants pensent qu’il a le mérite « d’être là ».
Les Survivants, un concept psycho-marketing
Lui et Les Survivants pensent que s’il y a 220 000 avortements par an et 800 000 naissances, c’est qu’un cinquième de la population qu’ils présentent comme « leurs frères et sœurs » est mort avant d’être né. Une grande partie de la com’ des Survivants consiste à humaniser au maximum ces fœtus de moins de 12 semaines (le délai légal auquel l’avortement est autorisé, sauf exception médicale).
Le concept psycho-marketing des Survivants n’est pas l’invention d’Emile Duport. Il était déjà mis en avant par un premier groupe de « Survivants », à la fin des années 1990. A l’époque, ouvertement proche des milieux catho-tradis, le mouvement reste ultra-marginal.
Guérilla contre le Planning Familial
Tout dans l’image les Survivants ? Le fondateur s’en défend et argue que tout cela crée les conditions d’un débat national. Il assume mener une « guérilla » contre le Planning Familial mais assure ne viser que l’institution, pas « les personnes qui le composent ».
En plus de surfer sur les opé des militantes pro-choix, il a créé plusieurs sites faisant mine d’informer sur l’avortement de manière neutre et détendue. Ainsi, sur afterbaiz.com, entre une vidéo des humoristes du Woop (qui n’ont pas demandé à être là) et un article titré « oups ! j’ai eu un pet vaginal ! », on trouve des témoignages de peoples traumatisés par un avortement. La ministre des Familles, de l’Enfance et des Droits des femmes a, en réaction, lancé un délit d’entrave numérique à l’avortement.
Amitiés à la droite de la droite et à l’extrême droite
Émile Duport a un mentor Arnaud Bouthéon, co-fondateur de Sens Commun, le mouvement politique issu de la Manif pour Tous qui veut revenir sur la loi Taubira et soutient François Fillon. Mais il brouille les pistes en se déclarant proche d’un… José Bové.
Une ligne qu’il partage avec les fondateurs de la revue Limite. Comme StreetPress le détaillait, la publication lancée par d’anciens Veilleurs défend « l’écologie intégrale ».
Si le militant n’est pas membre de l’Action française, il ne refuse pas leurs coups de mains pour les protéger des groupes féministes qui avaient annoncé leur présence lors de la manif du 4 juin.
Par ailleurs, il a continué à jouer le porte-voix de la Marche pour la vie alors que la manif accueillait des membres du Parti de la France, un autre groupuscule d’extrême droite.
A lire sur StreetPress.com

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