Un mois et demi plus tard, les enseignants et les parents d’élèves ont décidé d’occuper, tous les soirs, le gymnase de l’école.
En septembre, on parlait de cinq familles « de pays de l’est » (Albanie et Kosovo) qui vivaient dehors. Cela représentait, pour l’école, huit enfants en élémentaire et deux en maternelle.
Depuis, cinq autres familles SDF, toutes originaires d’Albanie, ont scolarisé leurs enfants au retour des vacances de Toussaint.
Au total, 10 familles sont aujourd’hui concernées, soit 24 enfants et 11 adultes.
Dans un communiqué envoyé lundi à la mi-journée, le « collectif de solidarité » de l’école annonçait le programme :
« Nous ouvrirons chaque soir le gymnase de l’école afin de proposer à ces familles l’hébergement d’urgence que leur refuse la préfecture. L’école sera dès lors pour eux un abri face au froid et la violence de la rue ».
Le soir même, la police municipale a été envoyée sur les lieux pour dissuader les futurs occupants.
Et quand, à 20 heures, les six familles SDF sont arrivées pour passer la première nuit, les représentants de la Ville de Lyon étaient présents, accompagnés de policiers municipaux et de l’inspecteur de l’Éducation nationale.
Le discours tenu par l’adjoint du 7ème arrondissement et le directeur de la police municipal aux occupants était clair :
« L’école est un bâtiment de la Ville de Lyon. En occupant l’école, vous êtes en infraction. Si vous ne quittez pas les lieux, nous demanderons l’évacuation par la police nationale. »
Finalement, la menace n’a pas été suivie d’effets. Les six familles ont pu passer la nuit. La présence d’une quarantaine de parents d’élèves et de soutiens ainsi que de la quasi totalité du corps enseignant expliquent peut-être cela.

« On est obligé d’enfreindre la loi »
Depuis trois ans, l’école Gilbert Dru est habituée aux occupations pour mettre à l’abri des enfants SDF. Lors de l’année scolaire 2014/2015, une salle avait servie d’hébergement près de quatre mois.
La Ville de Lyon n’avait pas alors cherché à empêcher cette occupation.
Le ton a changé. La municipalité, qui n’est pas compétente en matière d’hébergement d’urgence, ne tolère plus ces mises à l’abri.
Mais ce changement de position ne semble pas dissuader les parents d’élèves, à l’image d’une mère de famille, Anne-Claire Jouvray, rencontrée lundi soir :
« On ne peut pas laisser des enfants dans la rue. Ils sont frigorifiés. On a alerté depuis la rentrée de septembre. Il a toujours aucune solution. On est obligé d’enfreindre la loi pour les mettre à l’abri. La présence de la police ce soir montre, une fois de plus, que l’on n’est pas entendu ».
Une occupation similaire est en cours depuis vendredi au collège Barbusse de Vaulx-en-Velin.
> Mise à jour du mardi 8 novembre à 21h30 : Des représentants du collectif de Gilbert Dru ont été reçus ce mardi par le cabinet du maire de Lyon. On leur a annoncé que les familles seraient finalement hébergées par la préfecture du Rhône. Neuf familles ont ainsi été orientées vers des hôtels et des Centres d’hébergement pour demandeurs d’asile (CADA). L’occupation n’aura duré qu’une nuit.

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