Un de ces élèves a été conduit au commissariat pour possession d’un couteau Laguiole.

Depuis le 25 avril, une quarantaine d’étudiants de l’ENS participaient à l’occupation d’une salle du site « lettre et sciences humaines », côté avenue Jean Jaurès à Gerland (Lyon 7ème).
Durant ces deux semaines, « le but était de créer un espace d’échange et de mobilisation à l’ENS pour fédérer les forces souhaitant s’opposer à la loi travail », explique Gabrielle Maréchaux, élève (donc rémunérée) en Master 1 de Lettres Modernes, qui parle au nom du collectif « ENS en lutte ».
Dans un communiqué de presse, le collectif d’étudiants justifie d’avoir ciblé cette institution de l’enseignement supérieur :
« Ce que nous dénonçons à travers notre opposition à la Loi Travail et son monde se retrouve aussi dans les couloirs de cette institution publique. »
Ce texte tire un premier bilan de cette occupation.
Des intervenants comme le sociologue Bernard Lahire ont été invités. Des projections de films ont eu lieu, notamment du documentaire « Les Nouveaux chiens de garde » suivi d’un débat avec Serge Halimi. Des membres des « Economistes atterrés » ont également participé aux débats.
Des habitants du quartier ou des participants de Nuit Debout y ont pointé leur nez.
Et donc, des étudiants dormaient dans la salle F01 pour occuper 24h sur 24.
« L’école normale n’est pas une zone de conflit »
Dans un mail envoyé aux personnels et étudiants ce mercredi matin, au moment de l’intervention des forces de l’ordre, le président de l’École normale supérieure de Lyon, Jean-François Pinton, écrit :
« Les actions des occupants de la F01/Descartes ont dépassé depuis plusieurs jours la portée tolérable pour notre établissement. L’école normale n’est pas une zone de conflit et d’opposition stérile, voire caricaturale, mais un lieu de réflexion, de connaissance ».
Dans son mail, le président de l’ENS ne précise pas si ce sont de problèmes d’hygiène ou de sécurité qui l’ont finalement décidé à une expulser les occupants. Il met en avant l’approche des examens :
« A l’approche des examens, du concours, des stages d’été, il est nécessaire qu’un fonctionnement normal soit rétabli.
Et ce n’est pas une question d’entrave au débat et à la réflexion. La confrontation d’idées fait partie de la vie intellectuelle. Pas l’affrontement. »
Pour les occupants, « cette direction prend un tournant autoritaire ». Gabrielle Maréchaux précise :
« On n’a même pas reçu d’ultimatum. Dans son mail, le président ne dit pas que ce sont des policiers qui ont « mis un terme à cette occupation illégale » pour reprendre les termes de la présidence. Lesquels policiers ont embarqué un élève, qui a été rapidement relâchée ».
C’est la première fois depuis que l’ENS est installée à Lyon, en 1987, que les forces de l’ordre interviennent sur le site.
Dans une AG réunissant à midi environ 150 personnes (étudiants et personnels), il a été envisagé de continuer une forme de mobilisation à l’intérieur de l’ENS.

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