
Depuis quelques années, la question de la santé sexuelle des femmes qui ont des relations sexuelles avec d’autres femmes (dites «FSF», qu’elles se définissent comme lesbiennes, bisexuelles, pansexuelles ou autrement), jusque-là très largement ignorée, a pris de l’ampleur et plusieurs initiatives sur ce sujet ont vu le jour.
On peut citer l’exemple de la brochure d’information Tomber la culotte, éditée en octobre 2011 et financée par l’Institut national de prévention et d’éducation à la santé (INPES), un organisme dépendant du ministère chargé de la Santé.
Ce petit guide s’était révélé d’autant plus intéressant que les pouvoirs publics, pour le réaliser, s’étaient appuyés sur l’expertise communautaire des premières concernées, via les associations et les militantes de Sida Info Service, de SOS Homophobie, du Collectif lesbien lyonnais et de bien d’autres structures.
« Tomber la culotte », comme d’autres projets sur la même thématique, venait répondre à un manque criant d’information et à une ignorance manifeste des problématiques liées à la sexualité lesbienne.
« Utiliser un spéculum plus petit »
L’invisibilisation, voire la négation, de cette dernière (sur le mode «mais que peuvent bien faire deux femmes ensemble ?» ou «ce n’est pas vraiment du sexe») a eu pour conséquence d’occulter les plaisirs, mais aussi les risques potentiels, du sexe entre femmes.
C’est ainsi que de nombreuses lesbiennes sous-estiment les risques liés aux infections sexuellement transmissibles (IST) et se dispensent d’un examen gynécologique régulier.
Il faut dire qu’elles ne sont guère incitées à rendre visite à un médecin, tant il est fréquent de tomber sur des gynécologues peu au fait de leur vécu. Suite à un appel à ses lectrices, le site Yagg a ainsi publié en novembre dernier des témoignages édifiants sur les difficultés que peuvent rencontrer les lesbiennes chez leur gynécologue, entre ignorance, maladresse, incrédulité et franche hostilité.
Pour éviter que perdure une telle situation, l’association suisse les Klamydia’s vient de publier un petit mémo destiné à la fois aux gynécologues et aux FSF.
Il recommande par exemple aux gynécologues d’utiliser «un langage inclusif» («avez-vous un ou une partenaire ?»), de respecter le genre des personnes trans (femme transgenre sous hormonothérapie et/ou ayant eu une vaginoplastie ; homme transgenre ayant conservé tout ou une partie de ses organes génitaux féminins et/ou n’ayant pas eu de mastectomie, etc.) ou d’utiliser un spéculum plus petit car la pénétration n’est pas pratiquée par toutes les FSF.
Comment nettoyer son jouet sexuel
À l’intention de ces dernières, la brochure donne des conseils pour nettoyer ses jouets sexuels (pas au savon !) ou éviter les IST (grâce aux digues dentaires, difficiles à trouver en pharmacie mais qu’on peut fabriquer soi-même en découpant du film alimentaire ou un préservatif masculin ou féminin). Elle rappelle aussi que :
« Le contrôle gynécologique et des seins est préconisé pour toutes les femmes – quelle que soit leur sexualité – et qu’elles aient une sexualité ou non. »
Et que, avec ou sans pénétration, il est possible d’attraper mycoses, condylomes, chlamydia, herpès, trichomonas et autres gardnerella – sans oublier le VIH, qui peut se transmettre par le contact des muqueuses avec le sang, notamment celui des règles.
Ne reste plus qu’à espérer que ce petit vade-mecum très complet soit diffusé et encourage à la fois les FSF à prendre soin de leur santé et les gynécologues à mieux les recevoir.

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