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Pour la culture, Christophe Boudot, candidat du FN, sait ce qui est beau ou pas
Cultures  Régionales 2015 

Pour la culture, Christophe Boudot, candidat du FN, sait ce qui est beau ou pas

actualisé le 14/12/2015 à 12h49

Il répondait par écrit à une question que lui a formulée des représentants de la Coordination nationale des enseignants d’écoles d’art (CNEEA). L’organisation lui demandait, comme elle l’a fait à tous les candidats aux élections régionales, quelle serait la politique menée par le Front national en matière d’enseignement supérieur des arts.

Christophe Boudot, en lice face à deux autres candidats pour le second tour de ces élections en Auvergne Rhône-Alpes, a répondu :

« Le Front National soutient une politique culturelle du beau, de l’agréable, de l’harmonie, de l’esthétique et de l’enracinement, respectueuse de la nature humaine et des valeurs civilisatrices ».

Bon. Mais encore ?

« Il rejette la valorisation d’une “culture“ élitaire, abstruse, laide, subversive, provocatrice, vide, cosmopolite, conformiste et politiquement correcte qui ne profite souvent à personne, sinon à quelques “artistes“ médiocres, et ceci aux frais du contribuable. »

Christophe Boudot, chef de file du FN, dimanche 6 décembre à la préfecture du Rhône. Crédit : Rue89Lyon.

Christophe Boudot, chef de file du FN, dimanche 6 décembre à la préfecture du Rhône. Crédit : Rue89Lyon.

« Canul’art » et po-sté-ri-té

Le courrier se termine avec un jeu de mots digne de Bruno Gollnisch, conseiller régional FN et figure du parti version Jean-Marie Le Pen, lui qui les affectionne tant et dont Christophe Boudot se fait le digne héritier :

« Pour parler crûment, nous voulons une culture de l’art et non une “cul-ture“ du “canul’art“».

Beaucoup de signes de ponctuation pour un seul homme. La réponse a eu de quoi inquiéter les enseignant de l’école des Beaux-Arts, qui se voient déjà recadrés par les élus FN. Le candidat a bien spécifié qu’il n’attribuerait les subventions qu’aux écoles d’art et de design qui suivraient sa façon de voir les choses.

Apprentis artistes, créateurs, artisans, tenez-vous le pour dit : il faudra caresser le goût de Christophe Boudot (qui a dirigé une école de musique pendant 10 ans et, à ce titre, aime à dire qu’il « vient de la culture ») s’il devient président de région. Ce qui a très peu de chance d’arriver, en Auvergne Rhône-Alpes.

C’est évidemment un coup de pied donné à la liberté de création et une insulte faite à la postérité qui choisit toute seule (pas tout le temps mais bien souvent) le meilleur de la création artistique.