revue des collections de ce lieu qui a sans doute fait l’objet, l’a dit Tribune de Lyon, du casse du siècle en termes d’argent public, s’impose donc.
C’est désormais officiel : le musée des Confluences ouvrira ses portes le 19 décembre… avec six ans de retard. Voici un aperçu de ce qui vous attend dans ce nuage de verre, à commencer par un impressionnant squelette de camarasaurus.

Bien sûr il y a, à première vue, ce bâti de verre, qui se dresse en mouvements ondulatoires à la pointe du confluent du Rhône et de la Sâone, mais aussi au cœur d’un nœud autoroutier étouffant.
Avec ce projet qui lui a été confié en 2001, l’agence autrichienne Coop Himmelb(l)au est restée fidèle jusqu’à son nom, jeu de mots élaboré à partir des termes ciel (himmel), bleu (blau) et construction (bau). Cette combinaison de trois unités architecturales, le nuage, le cristal (la grande salle d’accueil) et le socle, est leur première réalisation en France ; ils sont par ailleurs les auteurs du Akront Art Musuem dans l’Ohio ou du futur siège de la Banque Centrale Européenne à Francfort.
En attendant de pouvoir marcher sur la terrasse, bienvenue dans l’antre de cet édifice qui ne sera pas seulement un muséum d’histoire naturelle, mais aussi un carrefour des sciences humaines et des techniques, décliné dans quatre espaces pensés par trois scénographes différents : « les origines », « les espèces », « les sociétés » et « les éternités ».
Papillons, pierres spatiales, fossiles…
Derrière une approche philosophique du monde se cachent plus de deux millions d’objets, issus du fonds Guimet, de donations ou d’acquisitions. Parmi celles-ci, deux squelettes de dinosaures, complets à 80%, l’un d’un reptile, le mosasaure, l’autre d’un herbivore, le camarasaurus.
Ce dernier, découvert en 1997 dans le Wyoming, acquis dix ans plus tard par le musée des Confluences pour 1, 2 millions d’euros, nous propulse à la fin de l’ère jurassique, il y a 155 millions d’années. Mesurant 4, 50 m de haut pour 14m de long et composé de 230 pièces (dont un fémur de 180 kg !), il ne connait pas d’équivalent en Europe – le grand diplodocus du Musée national étant un moulage.
Pas encore totalement monté lorsque nous l’avons approché, il semblait pourtant déjà dominer la salle consacrée aux origines du monde, laquelle rebroussera le chemin menant de l’apparition de l’Homme aux premières formes du vivant, les bactéries. Dans les autres salles, seront observables des momies égyptiennes, péruviennes, des tombes de l’âge de fer et autres illustrations du rapport de nos sociétés à la mort.
Mais aussi une voiture Berliet, dans la partie consacrée à l’évolution des techniques, des tas de papillons, de pierres spatiales, de fossiles…
239 millions d’euros, donc
En parallèle à cette exposition permanente, deux installations temporaires ouvriront conjointement leurs portes : l’une sur les trésors d’Emile Guimet, créateur des musées éponymes de Lyon et Paris, et Dans la chambre des merveilles, cabinet de curiosités qui interroge l’acte de collectionner.
Tout sera prêt pour le 19 décembre, nous assure-t-on, soit dix jours avant que le Département du Rhône, initiateur du projet, n’en cède la direction (et les frais de fonctionnement) à la Métropole. Pas une mince affaire : rien que le coût des travaux, de 239 millions d’euros, est loin des (peu réalistes) 60 millions annoncés au début de l’aventure en 2000.
À titre de comparaison, les trois monumentaux équipement culturels livrés en France ces dernières années ont coûté approximativement 200 millions (Mucem de Marseille et le Louvre-Lens) ou 65 millions (Pompidou-Metz).
Par Nadja Pobel sur petit-bulletin.fr.

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