
Dossier sans cesse repoussé depuis au moins 2010, la classe unique va enfin être mise en place en région Rhône-Alpes. Elle a été votée ce jeudi après-midi par la majorité du socialiste Jean-Jack Queyranne au conseil régional, sous forme d’un amendement plus particulièrement porté par le groupe Europe Ecologie les Verts (EELV).
Dans son plan d’action « services aux voyageurs », cette proposition avait créé de nombreux remous au sein de la majorité de gauche. Les écolos mettaient la pression pour la faire figurer à l’ordre du jour, tandis que le Front de gauche envisageait plutôt un tarif à un euro pendant les périodes creuses. Eliane Giraud, vice-présidente PS en charge des transports, craignait que les aficionados de la première classe soient déçus du service.
Corinne Bernard, élue écologiste, déclarait à Rue89Lyon à la veille du vote :
« L’idée, c’est d’enlever la première classe pour libérer de la place. Les gens, ils veulent juste des trains à l’heure et pouvoir s’asseoir ».
C’est finalement l’argument qui a été avancé dans l’amendement :
« Il est difficilement acceptable pour les usages de constater depuis le couloir ou l’espace inter-wagons qu’il reste des places assises de première classe inoccupées dans leur train bondé. »
« Le bien vivre ensemble »
Les commentaires sous notre article « Est-ce la fin de la première classe dans les TER de la région Rhône-Alpes » publié début juin ont été nombreux.
Juàn de Gordin notait :
« Je ne comprends même pas pourquoi cela fait débat : dans les TER, j’ai toujours été incapable de comprendre quelle était la différence entre la première classe et la seconde, exceptée la couleur des sièges… »
bruitdevert déclarait :
« La différence de confort entre la 1ère et la 2nde dans un TER n’est pas aussi marquée que dans un TGV. Sur des trajets courts, cet écart se justifie-t-il vraiment ? Il ne faudrait pas que le confort recherché soit une volonté cachée d’écrémage des voyageurs. Encore une fois le bien vivre ensemble est au cœur des discussions. »
Tandis que Vincent racontait un souvenir ému :
« J’ai le souvenir d’un Lyon-Bellegarde à une heure de pointe le matin avec un billet en 1ère classe. Etant entré parmi les derniers, cela ma valu 1h30 assis entre deux vélos sur un strapontin bancal, le luxe absolu. »
Six lignes conservent les deux classes
Désormais, les billets seront au même prix pour la majorité des lignes TER. Mais pas toutes, donc. Celles qui génèrent le plus de recettes à la SNCF grâce à la tarification la plus haute garderont le clivage première classe/seconde classe :
- Annecy < > Lyon
- Chambéry < > Lyon
- Genève < > Lyon
- Grenoble < > Lyon
- Valence < > Lyon
- Saint-Etienne < > Lyon (pour les trains dits « bolides », c’est à dire sans arrêt)
Dans ces trains, si les wagons sont bondés, les voyageurs détenteurs d’un billet de seconde classe pourront aller s’asseoir dans les wagons de première classe, sans supplément et même si ceux qui ont payé le prix fort se bouchent le nez.
Un coût d’environ 2 millions d’euros pour la Région
Le manque à gagner pour la SNCF avait été évalué autour des 4 millions d’euros. Avec le maintien de la double tarification sur ces six lignes, il pourrait être moindre, d’environ 2 millions d’euros. Dans tous les cas, ce manque à gagner pour la société ferroviaire devra être compensé par la Région, depuis son rôle d’autorité régulatrice.
L’investissement pour la collectivité reste conséquent. Mais l’élue écologiste Corinne Bernard nous avait suggéré une solution en sortant sa calculette verte, soit la TICPE (Taxe Intérieure de Consommation sur les Produits Energétiques) :
« Cette taxe va rapporter 66 millions d’euros par an à la Région. On a une manne financière que l’on avait pas auparavant ».
Rhône-Alpes devient donc la 11è région de France à mettre en place de la classe unique, programmée pour janvier 2015.

Vous pouvez faire vivre un autre journalisme à Lyon : aidez-nous à réunir 15 000 euros avant le 4 mars pour continuer à vous informer en 2027. Pour cela, deux choses sont possibles : l’abonnement ou le don.
À quoi servira votre soutien ?
> 15 000 euros : nous continuerons à vous informer en 2027.
> 20 000 euros : nous pérenniserons notre newsletter politique Mairie à tout prix.
>30 000 euros : nous embauchons un quatrième journaliste avec un même objectif : informer, enquêter, révéler, et défricher des terrains où les autres médias ne vont pas.
Tous les moyens sont bons ! N’hésitez pas à partager notre campagne ou à donner à Rue89Lyon.




Chargement des commentaires…